En réponse aux nouvelles taxes américaines décidées par l’administration Trump, la Chine a annoncé l’instauration d’un droit de douane additionnel de 34 % sur l’ensemble des produits originaires des États-Unis. Cette hausse des tarifs douaniers entrera en vigueur dès le 10 avril 2025.
Nouvelle riposte de la Chine
Le 4 avril 2025, le ministère chinois des Finances a annoncé qu’à partir du 10 avril 2025, toutes les marchandises importées depuis les États-Unis seront soumises à une surtaxe de 34 %, s’ajoutant aux taux existants. Les autorités ont précisé que seules les marchandises expédiées avant cette date et arrivant en Chine avant le 13 mai seront exemptées de cette taxation.
Cette décision fait suite à l’annonce par Donald Trump, deux jours plus tôt, d’une surtaxe du même niveau sur l’ensemble des produits en provenance de Chine. Elle vient porter la pression tarifaire cumulée à 54 % sur les flux concernés. En 2024, la Chine a importé pour 143,4 milliards de dollars de biens américains, soit environ 132,6 milliards d’euros, en recul de 2,9 % par rapport à 2023.
Parallèlement à ces mesures tarifaires, Pékin a élargi sa stratégie de restriction en matière de technologies sensibles. Le ministère du Commerce a ajouté 11 entités américaines à sa liste des organisations jugées peu fiables et interdit à 16 entreprises l’accès à son marché intérieur. Des contrôles à l’exportation ont été instaurés sur sept terres rares, dont le gadolinium (imagerie médicale) et l’yttrium (industrie électronique).
Panique sur les marchés financiers
L’effet immédiat sur les marchés n’a pas tardé. Le 4 avril, les bourses européennes ont enregistré de fortes baisses : -5,08 % à Francfort, -4,26 % à Paris, -3,90 % à Londres et -7,57 % à Milan. À Madrid, l’indice IBEX reculait de plus de 6 %. Sur les marchés américains, les contrats à terme annonçaient une ouverture en baisse de plus de 2,5 %. À la clôture, le Nasdaq perdait 5,97 %, le S&P 500 4,84 %, et certaines valeurs, comme Gap (-20,38 %) ou Apple (-9,25 %), figuraient parmi les plus touchées.
Selon plusieurs estimations, la capitalisation boursière mondiale a perdu environ 2.400 milliards de dollars (près de 2.220 milliards d’euros) en deux séances. Même tendance négative pour le prix du baril de Brent qui a chuté de près de 6 % dans la journée du 4 avril, illustrant la nervosité des investisseurs face au risque de contagion macroéconomique.
Sur le plan juridique, la Chine a saisi l’Organisation mondiale du commerce, en activant le mécanisme de règlement des différends. Le ministère chinois du Commerce a justifié cette réponse comme étant conforme à ses intérêts souverains et à ses engagements internationaux, notamment en matière de non-prolifération.


