L’intelligence artificielle continue de bouleverser notre manière de voir le travail. Selon Vinod Khosla, un investisseur bien connu impliqué dans OpenAI, les enfants de moins de cinq ans en 2026 pourraient ne jamais avoir à travailler, rapporte le média Jeux Video. Il a exposé cette idée lors d’une interview pour le podcast « Titans and Disruptors of Industry« . Il y décrit un avenir où l’IA pourrait occuper jusqu’à 80 % des emplois d’ici 2040 ou 2045. Si cette vision séduit certains, elle suscite aussi beaucoup de questions et de doutes.
Et si l’obligation de travailler disparaissait ?
Par l’intermédiaire de Khosla Ventures, Vinod Khosla a été un des premiers à investir dans OpenAI depuis 2019. Il imagine un monde d’abondance profondément transformé par l’IA, où le travail comme on le connaît pourrait tout simplement disparaître. « Le besoin de travailler disparaîtra », dit-il, en expliquant que l’automatisation fera fortement baisser les coûts de la main-d’œuvre et créera un monde d’abondance. Il voit un futur où « les gens vont toujours travailler, mais sur les choses sur lesquelles ils veulent travailler, pas parce qu’ils auront besoin de travailler ».
Mais cette vision soulève des interrogations pratiques. Comment les économies et les sociétés vont-elles s’organiser si la majorité des emplois est automatisée ? Les professions menacées par cette révolution numérique incluent les vendeurs, médecins, comptables et rédacteurs. Et surtout : si personne n’a besoin de travailler, d’où viendra l’argent pour vivre ?
Des avis partagés et pas mal de scepticisme
Si des figures comme Elon Musk partagent cet optimisme axé sur la tech, des milliers de dirigeants et de cadres interrogés dans une étude récente nuancent beaucoup ces prévisions sur le travail optionnel. Environ 90 % d’entre eux estiment que l’IA n’a eu aucun effet significatif sur l’emploi ou la productivité au cours des trois dernières années. Ils tablent sur une augmentation de la productivité de 1,4 % et d’une hausse de la production de 0,8 % d’ici 2029, des chiffres qui sont loin du scénario d’abondance radicale.
Les économistes et les dirigeants d’entreprises plus traditionnelles se montrent aussi prudents. Ils doutent de la faisabilité d’un changement aussi rapide et s’interrogent sur les choix des entreprises : avec des coûts réduits, certaines pourraient préférer conserver les gains pour augmenter leurs marges plutôt que de baisser les prix.
Les défis à relever et des pistes pour y faire face
L’idée d’un revenu universel financé par les géants de la tech revient souvent comme solution. En pratique, sa mise en place est complexe. Les expérimentations menées dans plusieurs pays montrent que financer durablement un revenu universel reste un casse-tête pour les États. Vinod Khosla et d’autres magnats de la tech proposent d’explorer cette piste pour aider les populations dans un monde où le travail serait largement mené par des machines.




