Elon Musk, le PDG visionnaire de Tesla et SpaceX, a récemment livré une prédiction osée : l’intelligence artificielle (IA) et la robotique pourraient nous conduire vers un « monde d’abondance ». Selon lui, dans les deux prochaines décennies, l’argent perdra de sa pertinence et l’avenir du travail deviendra une option plutôt qu’une nécessité. Il a exposé cette idée lors du U.S.-Saudi Investment Forum à Washington, D.C., une perspective qui remettrait profondément en question notre rapport au travail et à l’économie, et qui suscite curiosité et débats à travers le monde.
La révolution technologique qui arrive
Au cœur de sa prédiction : l’intelligence artificielle et la robotique. Selon le site Fortune, ces technologies, qualifiées par le National Bureau of Economic Research (NBER) de Transformative AI (TAI), devraient augmenter la croissance économique globale des facteurs d’au moins 3 à 5 fois les moyennes historiques. Musk imagine un futur où l’argent ne serait plus le principal moteur de l’affectation du travail. Pour illustrer son propos, il utilise une image parlante : « Si vous êtes échoué sur une île déserte avec un trillion dollars, cela sera inutile parce qu’il n’y a pas de travail à allouer. »
Avec l’essor de machines comme les robots humanoïdes Optimus de Tesla et des usages de l’IA dans de nombreux secteurs, Musk prédit un « monde d’abondance » où « si vous pouvez l’imaginer, vous pouvez l’avoir ». L’idée est que la valeur économique du travail pourrait décliner, laissant place à une organisation sociale radicalement différente. Ce scénario évoque un découplage du système monétaire où l’énergie devient la véritable norme de valeur.
Ce que ça changerait pour l’économie et la société
Cette vision optimiste n’est pas partagée par tous. Des figures comme Sam Altman, PDG d’OpenAI, et Loana Marinescu de l’Université de Pennsylvanie appellent à la prudence, en soulignant des tensions entre Musk et Altman. Un avertissement du Fonds monétaire international (FMI) attire l’attention sur la possibilité d’une montée des inégalités entre pays développés et économies émergentes. Si la technologie se diffuse de façon inégale, seuls les détenteurs de capital pourraient en profiter, tandis que la grande majorité des travailleurs resterait à l’écart.
Samuel Solomon, professeur assistant à Temple University, et Torsten Slok, économiste chez Apollo Global Management, craignent que l’IA n’alimente une bulle économique, creusant encore les écarts entre classes sociales et renforçant les disparités existantes. On s’inquiète aussi d’une perte de sens pour l’humain dans un monde où « l’IA peut faire les choses mieux que vous », ce qui oblige à réfléchir sérieusement à la place que l’on veut laisser à l’humain face à ces progrès technologiques.


