La Russie a lancé un vaste programme pour remplacer sa flotte de sous-marins d’attaque nucléaires, rapporte Ouest France. Sur les dix prochaines années, tous les sous-marins de troisième génération doivent être remplacés par des unités plus modernes : les Projet 885 Yasen et Projet 885M Yasen-M. Cette transformation s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer l’efficacité militaire du pays tout en réduisant le nombre total d’unités.
Le plan de modernisation, point par point
Aleksandr Moiseyev, le Commandant en chef de la Marine russe, a confirmé ce plan le 19 mars 2026. La Russie prévoit un remplacement complet de ses anciennes classes de sous-marins, pour finalement former une flotte finale de 10 à 12 sous-marins Yasen. L’objectif est de remplacer les anciennes classes Projet 971 Akula, Projet 945/945A Sierra-class et 949A Oscar-II, tout en réduisant les effectifs mais en augmentant nettement la capacité par navire.
Sur le plan technique, ces sous-marins présentent des caractéristiques notables. Le Projet 885 Yasen a un déplacement immergé de 13 800 tonnes et mesure 139 mètres de long, tandis que le Yasen-M est un peu plus compact, autour de 130 mètres. Ils sont équipés d’un réacteur dont la puissance thermique est estimée à 200 MW, avec une endurance de réacteur d’environ 25 à 30 ans sans rechargement. En mode silencieux, la vitesse de croisière peut atteindre 28 nœuds, avec un régime supérieur à plein régime, offrant une endurance pratiquement illimitée sauf pour la nourriture et la maintenance.
L’armement et ce qu’ils peuvent faire
Les sous-marins de classe Yasen et Yasen-M disposent d’un armement conséquent. Ils embarquent un système de lancement vertical à huit modules, capable de tirer des missiles de croisière. Parmi les missiles intégrables figurent le Kalibr, avec une portée terrestre de plus de 1 500 km, l’Oniks pour les cibles anti-navires, et les missiles hypersoniques Zircon, dont l’intégration progressive a commencé en 2024-2025. L’armement comprend aussi une dizaine de tubes lance-torpilles de 533 mm, pouvant emporter jusqu’à 30 torpilles, mines et missiles anti-sous-marins.
Côté détection et discrétion, les capacités sonar sont importantes : un grand réseau sphérique dans la proue, des réseaux latéraux le long de la coque et un sonar remorqué. Les mesures de furtivité incluent une coque en acier à faible magnétisme, des revêtements anéchoïques et un système de refroidissement du réacteur qui utilise la circulation naturelle pour limiter le bruit.
Production et freins industriels
La production est concentrée principalement au chantier Sevmash à Severodvinsk. En 2026, un sous-marin Yasen et cinq unités Yasen-M étaient déjà en service, avec les modèles Perm et Ulyanovsk en construction. La chaîne de production rencontre néanmoins des difficultés : des délais de construction estimés entre 8 et 15 ans, et un coût unitaire situé entre 644 millions d’euros et 1,38 milliard d’euros. Des retards dans la livraison d’équipements critiques et des limitations de main-d’œuvre figurent parmi les obstacles.




