Pourquoi certains Français détiennent deux Livrets A en toute légalité : les banquiers eux-mêmes l’ignorent souvent

Saviez-vous que certains épargnants peuvent détenir à la fois un Livret A et un Livret Bleu ?

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Pourquoi certains Français détiennent deux Livrets A en toute légalité : les banquiers eux-mêmes l'ignorent souvent
Pourquoi certains Français détiennent deux Livrets A en toute légalité : les banquiers eux-mêmes l’ignorent souvent © journaldeleconomie.fr

En France, le Livret A est un produit d’épargne réglementée, mais son taux de rémunération a récemment baissé. Chaque épargnant ne peut détenir qu’un seul Livret A, pour éviter les doublons : les banques doivent vérifier, avant d’ouvrir ce compte à intérêt réglementé, que le client n’en possède pas déjà un. Cette règle protège l’avantage fiscal du produit, pensé comme une épargne de précaution. Une exception historique vient pourtant nuancer cette règle stricte.

Une exception historique : le Livret Bleu

L’histoire des livrets en France comporte une exception rare : certains clients du Crédit Mutuel peuvent posséder à la fois un Livret A et un Livret Bleu. D’après Capital, ce droit est réservé aux épargnants qui avaient ouvert les deux comptes avant le 1er septembre 1979, et il reste très encadré. Le Livret Bleu, distribué exclusivement par le Crédit Mutuel avant cette date, était sur le fond semblable au Livret A. Cette double détention est un vestige d’une époque révolue, peu connue du grand public et limitée aux détenteurs originaux. Selon le Ministère de l’Économie, tout transfert de ces livrets est considéré comme une nouvelle ouverture et entraîne la perte de ce cumul : pour le conserver, il ne faut pas les avoir modifiés depuis le 1er janvier 2009.

Plafond et disponibilité du Livret A

Le Livret A est soumis à un plafond réglementaire de 22 950 €, et l’épargne continue de croître au-delà de ce seuil grâce aux intérêts. Les rares titulaires du cumul Livret A / Livret Bleu peuvent dépasser ce plafond en raison de l’ancienneté de leur situation. Ce produit reste apprécié pour la sécurité et la disponibilité immédiate des fonds, même s’il n’est pas conçu pour générer de la performance. Un conseiller en gestion de patrimoine souligne : « Le Livret A reste avant tout une épargne de précaution. Il sert davantage à conserver des liquidités immédiatement disponibles qu’à rechercher de la performance ».

Contrôles renforcés à venir

À partir du 1er juillet 2027, les règles de vérification destinées à prévenir les doublons s’étendront à d’autres produits d’épargne réglementée, comme le LDDS et le LEP, conformément à l’interdiction de la multi-détention. Les banques devront vérifier systématiquement qu’un client ne possède pas déjà un produit similaire avant d’en ouvrir un nouveau. L’objectif du Ministère de l’Économie est d’empêcher les doublons et de préserver les avantages fiscaux attachés à ces produits.

Alternatives aux livrets réglementés

Quand le plafond du Livret A est atteint, d’autres alternatives d’épargne peuvent être envisagées : livrets bancaires fiscalisés ou comptes à terme, par exemple. Ces solutions offrent une rémunération variable ou des rendements fixés à l’avance, en échange d’un blocage temporaire des fonds. Elles ne bénéficient toutefois pas de l’exonération fiscale du Livret A : leurs intérêts sont soumis à l’impôt et aux prélèvements sociaux, ce qui modifie la rentabilité nette.

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