Assemblée nationale : Ils voulaient la justice sociale, ils auront la fuite des cerveaux

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Attirer, retenir et fidéliser les talents : 3 clés pour relever le défi
Assemblée nationale : Ils voulaient la justice sociale, ils auront la fuite des cerveaux © journaldeleconomie.fr

Il aura suffi d’une semaine de débats budgétaires pour comprendre : à l’Assemblée nationale, la réussite est devenue suspecte, et le talent, un délit d’opinion. Sous couvert de “justice sociale”, on a voté la peur, la jalousie et la punition. Le message est clair : en France, mieux vaut ne pas trop bien faire. Et ce n’est pas sans conséquence car le message est bien reçu par la génération suivante qui a envie de réussir. Comment nos hommes et femmes politiques condamne notre pays…

Le Parlement contre la réussite

Le spectacle de la semaine dernière avait quelque chose d’édifiant. Pendant que les députés s’écharpaient sur des virgules fiscales, un consensus s’est dégagé sans même qu’on le remarque : la réussite, c’est louche. À gauche, on parle d’“égalité réelle” avec des trémolos moraux ; à l’extrême droite, on dénonce les “profiteurs du système” ; au centre, on s’applaudit d’avoir trouvé un compromis qui décourage tout le monde. Résultat : un budget taillé sur mesure pour punir ceux qui bougent encore. Le talent n’est plus un moteur économique, c’est une anomalie sociale. Et la “taxe Zucman”, présentée comme un progrès, n’est rien d’autre qu’une expropriation administrative. Deux pour cent par an sur le capital, payables en actions c’est la version XXIᵉ siècle du “tout appartient à l’État”. L’Assemblée se félicite d’avoir “corrigé les inégalités”. En réalité, elle a gravé dans le marbre un principe simple : personne ne doit dépasser.

Pour la jeunesse : message reçu la France n’aime pas ceux qui réussissent

Les jeunes l’ont parfaitement compris. Ce pays n’aime plus l’ambition, il la soupçonne. Paul, étudiant à Polytechnique, le dit avec calme : « En France, la prise de risque n’est pas valorisée. Ici, si tu réussis, on te prend pour un profiteur, un privilégié sans regarder l’investissement personnel pour y arriver, les nuits blanches, les horaires dingues, les périodes de découragement. » Inès, à Télécom Paris, lance une application de cybersécurité : « On m’a conseillé de créer ma société en Estonie. Là-bas, l’administration te simplifie la vie. Ici, les règles changent sans arrêt. » Thomas, à l’ESCP, résume avec une lucidité désabusée : « Je veux entreprendre, mais je n’ai pas envie qu’une fois que j’aurais vendu ma boite que l’on m’insulte et qu’on me prenne tout sous prétexte de justice fiscale. Je pense partir en Californie. » Et Nadia, à Skema, qui veut se lancer en finance : « oui je veux gagner de l’argent. Oui je veux travailler beaucoup pour réussir. Je viens d’un milieu modeste et j’ai confiance en moi pour progresser. Pendant que d’autres ont des aides et travaillent 35h, moi je vais bosser 70h par semaine. Si je reste en France on aura qu’une idée c’est me taxer en me traitant de privilégiée. Non merci, ce sera sans moi. » Ces jeunes n’ont rien d’extrémistes. Ce sont des gens brillants, travailleurs, inventifs, qui devraient être célébrés. L’Assemblée, elle, leur a envoyé un signal limpide : partez.

La République du ressentiment

Le pire, c’est que tout cela se fait au nom du bien. On appelle cela “justice sociale”. En réalité, c’est de la vengeance sociale. L’Assemblée nationale, cette semaine, n’a pas seulement voté un budget : elle a construit un message moral. Une morale triste, faite de jalousie et de soupçon. Une morale où celui qui réussit est coupable par avance. Et quand le pays se videra de ses talents, on trouvera bien un bouc émissaire, l’Europe, la mondialisation, les riches très très méchants qui ne veulent pas participer à la justice fiscale, que sais-je. En attendant, on se congratule, on parle “d’effort collectif” et on s’offre une petite autosatisfaction. Pendant ce temps, les avions se remplissent de jeunes qui ont décidé de vivre ailleurs. L’Assemblée croit qu’elle gouverne la France. En réalité, elle l’affaiblit. Et à force de vouloir corriger les inégalités, elle est en train d’effacer les forces vives. C’est très grave. Je ne sais pas s’ils en ont conscience les Zucman (qui a vécu aux États Unis entre 2015 et 2023 et probablement payé ses impôts sur place) et consort mais ils sont en train de tuer l’avenir de notre pays. Le talent, désormais, est un suspect. Et dans ce pays, c’est toujours le suspect qu’on condamne en premier.

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