Selon un rapport de la Banque de France paru en juillet 2025, l’encours moyen d’un compte courant en France atteint 7 701 euros. Un chiffre qui masque toutefois de fortes disparités : la moitié des Français dispose de moins de 1 000 euros sur ce même compte, l’autre moitié de plus. Moyenne et médiane racontent donc des réalités très différentes du rapport des Français à l’argent qu’ils gardent disponible.
Cet écart s’explique par une minorité de comptes très garnis, qui tire la moyenne vers le haut. Toujours selon cette étude, 29 % des Français ont moins de 150 euros sur leur compte courant. Ces chiffres, rapportés et commentés par le média RMC Conso, relancent une question simple : quelle somme laisser raisonnablement sur ce compte non rémunéré, celui qui sert au quotidien à payer factures et courses ?
Un repère autour de 1 000 euros
RMC Conso conseille de conserver sur son compte courant une épargne de disponibilité, une somme facilement accessible pour couvrir les dépenses du quotidien, loyer, factures, courses, mais aussi les sorties, les loisirs ou les cadeaux. Son montant idéal dépend du pouvoir d’achat de chacun, mais le média avance un repère : environ 1 000 euros, un niveau qui permet de gérer ses dépenses sans risquer le découvert ni de payer des agios.
Laisser trop peu expose justement à ce risque dès qu’une dépense imprévue survient. À l’inverse, accumuler une grosse somme sur ce compte n’a guère d’intérêt puisqu’il n’est pas rémunéré, contrairement à un livret d’épargne. À compter du 20 novembre 2026, de nouvelles règles plus protectrices pour les consommateurs encadreront par ailleurs les autorisations de découvert.
Le plafond de 100 000 euros à ne pas dépasser
Techniquement, un compte courant n’est pas plafonné, contrairement au Livret A ou au LDDS. Rien n’empêche donc d’y laisser une somme importante. Il est toutefois déconseillé de dépasser 100 000 euros : au-delà, les dépôts ne sont plus couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution. En cas de faillite de la banque, l’excédent ne serait pas remboursé au titulaire du compte.
Cette limite ne concerne, selon RMC Conso, qu’une petite partie de la population. Pour un client détenant des comptes dans plusieurs banques, la garantie s’applique à hauteur de 100 000 euros par établissement. Un compte joint bénéficie, lui, d’une protection de 100 000 euros pour chacun des titulaires. Un simulateur permet de vérifier le niveau de protection offert par sa propre banque.
La question se pose autrement quand une somme importante arrive d’un coup, qu’il s’agisse d’un héritage, de la vente d’un bien immobilier ou d’une prime de départ. Rien n’empêche légalement de la laisser sur un compte courant, quelle qu’en soit l’origine.
Pour trancher, la méthode du reste à vivre consiste à soustraire les charges fixes (loyer, énergie, assurances, remboursements de crédit) des ressources mensuelles : ce qui reste sert à l’alimentation, aux loisirs et aux imprévus. La recommandation générale est de garder l’équivalent d’un mois de dépenses courantes sur le compte, un montant à ajuster à la hausse pour les revenus irréguliers ou les budgets fortement fluctuants.
Au-delà de ce socle, une épargne de précaution distincte, équivalente à trois à six mois de salaires, doit permettre de faire face aux imprévus plus lourds : frais de santé, panne de voiture, chaudière à remplacer. Rien n’oblige à la conserver sur le compte courant lui-même.
Une fois cette épargne de précaution isolée, les sommes restantes peuvent être placées sur des supports sécurisés et disponibles : Livret A et LDDS, rémunérés à 1,7 % depuis le 1er août 2026, ou fonds en euros d’une assurance vie. Le Livret d’épargne populaire, réservé sous conditions de revenus, offre un taux de 2,5 %.
Le surplus peut ensuite être investi pour le faire fructifier : assurance vie en unités de compte, plan d’épargne retraite, plan d’épargne en actions, investissement immobilier direct ou via des parts de SCPI. La diversification, par classes d’actifs, secteurs ou zones géographiques, limite le risque de perte face aux évolutions du marché.
Sur le plan fiscal, le capital déposé sur un compte courant n’est pas imposable en lui-même : c’est l’origine des sommes, un salaire par exemple, qui suit les règles habituelles de l’impôt sur le revenu. Si le compte est rémunéré, les intérêts versés relèvent des revenus de capitaux mobiliers et sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, sauf option pour le barème progressif.
Laisser dormir une grosse somme sur un compte non rémunéré présente un dernier inconvénient, plus silencieux : l’inflation continue de grignoter le pouvoir d’achat de cet argent, quel que soit le motif pour lequel il a été mis de côté.






