Suppression de deux jours fériés : pourquoi ces départements devraient garder leurs 13 jours quand le reste de la France passerait à 9 ?

La menace de suppression de deux jours fériés en Alsace et Moselle suscite une onde de choc.

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suppression des jours fériés : alsace et moselle sur le qui-vive
Suppression de deux jours fériés : pourquoi ces départements devraient garder leurs 13 jours quand le reste de la France passerait à 9 ? © journaldeleconomie.fr

Le 15 juillet, le Premier ministre François Bayrou a annoncé qu’on allait supprimer deux jours fériés pour réaliser des économies budgétaires. Cette décision a mis le feu aux poudres, surtout en Alsace et en Moselle, qui bénéficient de journées en plus grâce à leur droit local particulier, et soulève des questions sur l’impact économique. Alors que la France se prépare à quelques ajustements économiques, les retombées sur le plan historique et culturel inquiètent beaucoup les habitants.

Des jours fériés tout spéciaux en voie de disparition

En Alsace et en Moselle, on profite de deux jours fériés en plus par rapport au reste de la France, ce qui illustre bien les particularités régionales. Là-bas, on compte 13 jours fériés contre 11 pour le reste du pays. Cette spécificité vient du droit local établi par les autorités allemandes après la guerre de 1870, quand l’Alsace-Lorraine était sous administration allemande. Ces journées sont très ancrées dans la vie locale, non seulement comme une tradition culturelle, mais aussi comme un symbole fort de l’identité régionale.

La Collectivité européenne d’Alsace (CEA), composée en majorité de membres du parti Les Républicains (LR), n’est pas du tout rassurée par cette annonce. Ils parlent d’un « démantèlement progressif des jours fériés spécifiques à l’Alsace » et y voient une véritable remise en cause des fondements du droit local, qu’ils défendent ardemment en disant que « le droit local n’est pas négociable ». Pour eux, ces jours fériés ne sont ni de simples reliques folkloriques ni des erreurs à corriger, mais bien un pilier vivant de leur patrimoine juridique, historique et culturel.

Des réactions politiques et sociales qui ne laissent pas indifférents

Pour répondre aux inquiétudes d’ici, la députée du Haut-Rhin Brigitte Klinkert (Renaissance) est allée directement parler avec François Bayrou. Elle affirme avoir eu l’assurance que le gouvernement ne prévoyait pas de toucher aux jours fériés alsaciens. Selon elle, toute modification nécessiterait d’abord une loi et une révision du Code du travail : « Et que le gouvernement Bayrou trouve donc une majorité pour cela. » Néanmoins, elle reste sur ses gardes face à des propos qu’elle trouve encore trop flous.

Côté syndicats, la CGT du Bas-Rhin n’a pas pu s’empêcher de lancer avec ironie : « En cas de censure, c’est le Premier ministre qui pourrait bien avoir des jours de repos en plus. » Une remarque qui trahit bien le scepticisme ambiant vis-à-vis des intentions ministérielles.

Des traditions en jeu et des perspectives à venir

Les jours fériés en Alsace ont une longue histoire qui remonte à 1892, quand les autorités allemandes les ont institués pour certaines communes. Avec plus d’un siècle de présence, ces journées font désormais partie intégrante du quotidien alsacien. La CEA n’est pas en reste dans ses inquiétudes, évoquant aussi la possibilité de supprimer le jour férié du 8 mai, qui commémore l’armistice de 1945. Dans une région marquée par les grands conflits, cette date tient une place particulière.

Il est prévu que cette mesure génère un rendement financier estimé à 4,2 milliards d’euros. Ce chiffre, bien important, sert d’argument pour justifier ce réajustement budgétaire aux yeux du gouvernement.

Aujourd’hui, la vigilance reste de mise en Alsace et en Moselle. Les représentants locaux et les habitants surveillent de près les décisions à venir du gouvernement, et les réactions politiques sont variées.

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