Voyages : les Français se détournent des États-Unis

Le tourisme mondial a retrouvé en 2025 un niveau record, porté par une forte demande de voyages à l’international. Pourtant, certaines destinations historiques enregistrent un recul marqué sur des marchés clés. C’est notamment le cas des États-Unis, qui attirent moins les voyageurs français, malgré la dynamique mondiale.

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Réserver au bon moment peut faire baisser significativement le prix d’un billet d’avion. | journaldeleconomie.fr

Alors que les voyages internationaux ont progressé de 4% en 2025, selon les chiffres de ONU Tourisme, les États-Unis connaissent un net recul des départs depuis la France, en particulier sur le segment des voyages organisés. Un contraste révélateur des nouvelles priorités des voyageurs français.

Voyages : une reprise mondiale contrastée

La reprise du tourisme mondial est désormais bien installée. Après plusieurs années de perturbations liées à la pandémie, l’année 2025 marque un retour durable de la mobilité internationale. Selon l’ONU Tourisme1,52 milliard de touristes ont voyagé à l’étranger, dépassant les niveaux d’avant-crise. L’Europe, l’Afrique et l’Asie-Pacifique figurent parmi les régions les plus dynamiques.

Mais cette tendance globale ne profite pas à toutes les destinations de la même manière. Les États-Unis font figure d’exception, du moins du point de vue du marché français. Les professionnels du secteur observent une baisse significative des ventes de séjours outre-Atlantique, dans un contexte pourtant favorable au voyage.

Une baisse marquée des voyages organisés vers les États-Unis

Selon les données relayées par Le Figaro, les ventes de voyages organisés vers les États-Unis ont reculé d’environ 15% en un an depuis la France. Plus préoccupant encore pour les professionnels, les réservations pour l’été 2026 affichent un recul proche de 30%, signe que la tendance pourrait s’inscrire dans la durée.

Ces chiffres concernent un segment bien précis : celui des  voyages packagés, commercialisés par les tour-opérateurs. Ils ne traduisent pas un effondrement global du tourisme américain, mais ils constituent un baromètre avancé de l’intention de voyage des ménages français, souvent plus sensibles au contexte économique, aux prix et à l’image de la destination.

« Il y a clairement un effet Trump, on ne peut pas le nier », explique Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), cité par Le Figaro.

Coût du voyage et image de la destination

Pour les voyageurs français, le prix est devenu un critère central dans le choix des vacances. Or, les États-Unis figurent aujourd’hui parmi les destinations les plus coûteuses. Inflation sur l’hôtellerie, hausse des prix de la restauration, coûts élevés du transport intérieur : le budget global d’un séjour américain a fortement augmenté ces dernières années.

À cela s’ajoutent des formalités d’entrée perçues comme plus contraignantes, même pour les voyageurs bénéficiant du programme d’exemption de visa (ESTA). Sans constituer un obstacle administratif majeur, ces éléments contribuent à dégrader l’expérience perçue, notamment face à des destinations concurrentes jugées plus simples et plus accessibles.

L’image politique du pays joue également un rôle. Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis est cité par plusieurs professionnels comme un facteur de réticence psychologique, notamment chez les voyageurs européens sensibles aux questions d’accueil et de climat politique.

Un contraste avec la dynamique mondiale des voyages

Ce recul observé depuis la France ne remet pas en cause la bonne santé du tourisme mondial. L’ONU Tourisme souligne d’ailleurs que la croissance des arrivées internationales a été particulièrement soutenue en Europe, avec près de 793 millions de touristes, ainsi qu’en Afrique et en Asie-Pacifique.

En revanche, les Amériques affichent une progression limitée à environ 1%, selon l’agence onusienne, avec de fortes disparités entre les pays. Les États-Unis figurent parmi les marchés les moins dynamiques en fin d’année 2025, ce qui explique que certaines clientèles, comme les Français, arbitrent en faveur d’autres destinations.

« La demande de voyages reste élevée, mais elle se redéploie vers des destinations perçues comme plus accessibles ou offrant un meilleur rapport qualité-prix », souligne l’ONU Tourisme dans son analyse.

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