Lors de son passage dans l’émission « Face à BFM » le lundi 1er septembre, Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national (RN), a fait sensation en proposant de modifier la règle des arrêts maladie dans la fonction publique. Il suggère de porter à trois jours la période de carence, un changement qui pourrait bien impacter les fonctionnaires et le budget pour 2026. Cette idée arrive à un moment où les décisions sur le budget sont largement surveillées.
Pourquoi cette proposition et ce qu’elle sous-entend
Jean-Philippe Tanguy veut revoir la façon dont fonctionnent les arrêts maladie dans la fonction publique. Actuellement, les fonctionnaires ont un jour de carence, tandis que dans le secteur privé, ils ne sont pas indemnisés pendant les trois premiers jours d’arrêt. Ce déséquilibre soulève régulièrement des questions sur l’égalité entre les deux secteurs, comme le rapporte Capital.
L’idée d’allonger le délai de carence à trois jours chercherait à aligner les règles entre public et privé, similaire à la réforme des congés payés. Néanmoins, cette proposition risque de se heurter à une forte opposition au sein du gouvernement et auprès des syndicats. En janvier dernier, l’ancien Premier ministre François Bayrou avait lui aussi envisagé une harmonisation similaire, mais il avait finalement abandonné son projet face à la pression des socialistes.
Comment ça marche actuellement pour l’indemnisation
Aujourd’hui, les fonctionnaires ne sont pas payés pendant leur jour de carence, ensuite leur indemnisation des arrêts maladie se fait de manière dégressive : pendant les trois premiers mois d’arrêt, ils touchent 90 % de leur traitement indiciaire, puis cette indemnisation chute à 50 % durant les neuf mois suivants. Du côté du privé, même si les salariés ne sont pas indemnisés durant les trois jours de carence, ils bénéficient ensuite d’une indemnisation équivalente à 50 % de leur salaire journalier de base, dans la limite de 41,47 € par jour pour 2025.
Ce décalage entre le public et le privé alimente régulièrement les discussions sur l’équité, surtout avec la réduction du plafond des indemnités. Les accords de branche et les assurances prévoyance complémentaire permettent parfois aux salariés privés d’obtenir une indemnisation partielle dès le début, même si la Sécurité sociale ne couvre pas cette période.



