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Marine Le Pen recalée par toutes les banques veut changer la loi pour emprunter aux Français : « je n’ai plus le choix »

Aucune banque française n’accepte de prêter 10,7 millions d’euros à Marine Le Pen pour 2027. Sa solution surprenante pour contourner le blocage pourrait changer les règles du jeu électoral.

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Marine Le Pen recalée par toutes les banques veut changer la loi pour emprunter aux Français : « je n'ai plus le choix »
Marine Le Pen recalée par toutes les banques veut changer la loi pour emprunter aux Français : « je n’ai plus le choix » © journaldeleconomie.fr

Marine Le Pen confirme qu’aucune banque française n’a accepté de lui prêter environ 10,7 millions d’euros pour financer sa campagne présidentielle de 2027. La candidate du Rassemblement national l’a reconnu mardi 6 octobre 2026 : toutes les grandes enseignes bancaires contactées ont refusé de la suivre.

« Nous (les) avons toutes contactées. Elles ont toutes refusé », a-t-elle résumé, précisant avoir fait part de ces difficultés au gouvernement.

Le lendemain, mercredi 7 octobre, en marge d’un déplacement au Sommet de l’élevage, près de Clermont-Ferrand, elle a avancé sa parade : autoriser les prêts de particuliers pour l’élection présidentielle, comme c’est déjà le cas pour tous les autres scrutins français.

Elle a plaidé que cela lui paraissait être la mesure la plus rapide qui puisse être mise en œuvre et la plus simple, tout en reconnaissant qu’il faudrait pour cela changer la loi. Actuellement, un particulier ne peut pas prêter directement à un candidat à la présidentielle, seulement à son parti, rapporte BFMTV. Les dons, eux, restent possibles mais plafonnés à 4 600 euros par personne.

Pourquoi les banques se montrent frileuses

Le montant réclamé, 10,7 millions d’euros, correspond au plafond remboursable par l’État pour un candidat qui franchit les 5 % des suffrages au premier tour et atteint le second, selon LCP. Ce seuil de 5 % ouvre droit au remboursement de 47,5 % des frais de campagne, mais encore faut-il que les comptes soient validés par la Commission nationale des comptes de campagne, qui vérifie le respect du plafond de dépenses fixé à 16,8 millions d’euros pour le premier tour. Les affaires Nicolas Sarkozy en 2012 et Valérie Pécresse en 2022 rappellent que ce remboursement n’a rien d’automatique.

En 2017 déjà, Emmanuel Macron avait dû souscrire une assurance pour convaincre le Crédit Mutuel de lui prêter de l’argent. La réticence des établissements ne vise donc pas que le RN.

Un parti déjà lourdement endetté

Pour le Rassemblement national, la situation est aggravée par son propre passif. Le parti doit rembourser des dettes accumulées, ce qui le prive de ressources propres à l’approche de l’élection. En mars 2026, la somme à rembourser atteignait 8,5 millions d’euros, en partie liée à la condamnation du parti et de ses cadres dans l’affaire des assistants parlementaires européens, confirmée en appel en juillet 2026.

Le RN a par le passé emprunté auprès de banques étrangères, russe en 2014, hongroise en 2022. Depuis une loi de 2017, les prêts provenant d’établissements situés hors de l’Espace économique européen sont interdits. Des juges d’instruction enquêtent par ailleurs sur environ 2,3 millions d’euros de prêts consentis par 23 particuliers au parti entre 2020 et 2023, pour vérifier l’absence de dons déguisés.

Le gouvernement planche de son côté sur une autre piste : la création d’un pool de banques prêtant collectivement aux candidats, assorti d’une garantie de l’État sur une partie du risque. Avant l’été, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait souhaité que « tous les candidats, quel que soit leur bord politique » puissent accéder à des financements français.

L’exécutif y voit aussi un moyen de limiter les risques d’ingérences étrangères dans le financement des campagnes, et réfléchit encore à une éventuelle banque de la démocratie.

Certains cadres du RN décrivent déjà ce pool bancaire garanti par l’État comme une aide publique déguisée. Le parti reste pour l’instant très endetté auprès de ses propres soutiens, après plusieurs emprunts dits patriotiques contractés lors des campagnes précédentes.

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