Mauvaise nouvelle pour ceux qui vont chez le kiné : l’Assurance maladie envisage de revoir les remboursements à la baisse

5,3 milliards d’euros de remboursements, des écarts territoriaux criants entre Seine-Saint-Denis et Hautes-Alpes : la kiné pourrait bientôt changer de visage. Quelles pistes l’Assurance maladie prépare-t-elle vraiment pour 2027 ?

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Mauvaise nouvelle pour ceux qui vont chez le kiné : l'Assurance maladie envisage de revoir les remboursements à la baisse
Mauvaise nouvelle pour ceux qui vont chez le kiné : l’Assurance maladie envisage de revoir les remboursements à la baisse © journaldeleconomie.fr

L’Assurance maladie propose de faire évoluer le mode de remboursement des séances de kinésithérapie, avec une entrée en vigueur envisagée dès 2027. Ce projet figure dans le rapport annuel que l’organisme consacre à ses propositions pour l’année à venir, le rapport « charges et produits ». Le texte précise toutefois que rien n’a pour l’instant été acté : il s’agit pour l’heure de pistes de « évolutions des modalités de financement ».

L’enjeu financier est de taille. Les remboursements liés aux soins de kinésithérapie ont atteint 5,3 milliards d’euros en 2025, une somme qui progresse de 4 % par an depuis dix ans, quand les autres soins de ville n’augmentaient que de 3,2 % sur la même période.

Vieillissement de la population, maladies chroniques en hausse : experts de la branche maladie et organisations professionnelles s’accordent sur ces explications. Mais l’Assurance maladie va plus loin dans son rapport, estimant que « plus de la moitié de la croissance est liée à des évolutions de pratique : hausse du recours et intensification de la prise en charge ».

Une accusation de pousser à la consommation que les professionnels réfutent fermement, alors que leurs revenus n’auraient eux progressé que de 0,6 % sur la même période.

Au delà des coûts, c’est aussi la répartition des kinésithérapeutes sur le territoire que l’Assurance maladie veut corriger. La profession comptait 84 500 praticiens en 2025, soit une hausse de 37 % en une décennie. Mais cette croissance masque de fortes disparités : 30 % de la population française vit dans une zone sous-dotée.

La Seine-Saint-Denis ne compte que 47 kinésithérapeutes pour 100 000 habitants, contre 269 dans les Hautes-Alpes. Pour corriger ces écarts, l’Assurance maladie envisage d’obliger, dès 2027, les nouveaux diplômés à s’installer dans les déserts médicaux, à l’hôpital ou en Ehpad.

Sur le remboursement lui-même, plusieurs pistes sont à l’étude. Le modèle actuel, « une séance effectuée, une séance remboursée », pourrait être abandonné au profit d’un système limitant le nombre de séances prises en charge pour certaines pathologies, avec des tarifs évoluant au fil du traitement et un paiement au forfait pour certains soins.

Les professionnels dénoncent une régulation « punitive »

Vincent Daël, délégué général de la Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs, critique en particulier le plafonnement du nombre de séances sous forme de forfait global par pathologie. Dans un entretien accordé à L’Humanité, il évoque une « régulation arbitraire qui serait vécue comme punitive ». Selon lui, sur le terrain, les professionnels adaptent les soins au plus près de la réalité de chaque patient.

Arnaud Barbier, vice-président de la Fédération des syndicats de kinésithérapeutes, déclare : « C’est aussi à nous de répondre aux populations en termes de pathologies. Notamment les nouvelles pathologies lourdes qui apparaissent. »

Pour la Sécurité sociale, le système actuel est triplement perdant : pour elle-même, avec une facture qui ne cesse de monter, pour les patients, confrontés à un accès inégal aux kinésithérapeutes, et pour les professionnels, dont les revenus stagnent. Le texte précise que rien n’a pour l’instant été acté.

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