« On nous a dit de tout évacuer immédiatement » : des bombardiers américains quittent une base britannique après une alerte terroriste

10 bombardiers B-1 évacués en urgence, un lien évoqué avec Téhéran, Londres muet… Que savent vraiment les Américains pour avoir précipité ce retrait en pleine nuit ?

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« On nous a dit de tout évacuer immédiatement » : des bombardiers américains quittent une base britannique après une alerte terroriste
« On nous a dit de tout évacuer immédiatement » : des bombardiers américains quittent une base britannique après une alerte terroriste © journaldeleconomie.fr

L’US Air Force a retiré ses bombardiers de la base aérienne de RAF Fairford, dans le Gloucestershire, après une enquête sur un projet d’attaque terroriste visant l’installation. Les appareils ont regagné leurs bases d’attache aux États-Unis dimanche 4 octobre 2026.

Au moins 10 bombardiers B-1 sur les 12 présents sur place ont quitté Fairford ce jour-là. Certains n’étaient arrivés que quelques jours plus tôt, dans le cadre d’une rotation normale des forces. La rapidité de ce repli donne la mesure de la menace prise au sérieux par Washington.

Le Pentagone confirme, Londres se tait

Un responsable du Pentagone, qui n’était pas autorisé à s’exprimer sur des mouvements militaires sensibles, a confirmé l’information sous couvert d’anonymat le jour même. Un porte-parole du Pentagone a ensuite reconnu publiquement le retrait complet des appareils, indiquant que bien que la sécurité opérationnelle ait empêché de confirmer en temps réel le mouvement des moyens et des forces, il pouvait désormais être reconnu que tous les bombardiers américains déployés à RAF Fairford avaient été redéployés vers leurs bases d’attache aux États-Unis.

Le ministère britannique de la Défense n’a fait aucun commentaire immédiat. Un tel silence, conjugué à la vitesse du retrait, est de nature à nourrir l’inquiétude dans la zone entourant la base du Gloucestershire.

Selon le New York Times, des responsables américains ont refusé de préciser, dimanche 4 octobre, la nature exacte des informations ayant motivé ce départ précipité. L’un d’eux a indiqué au quotidien que ces éléments s’inscrivaient dans la continuité des alertes de menace apparues trois semaines plus tôt, mais que des précisions et un sentiment d’urgence se sont intensifiés dans les 24 heures précédentes, au point d’alarmer les commandants militaires.

Un incident de sécurité est survenu à RAF Fairford fin septembre 2026. Un ressortissant double national britannique et iranien a été arrêté dans le centre de Londres la semaine précédente, à la suite de cet incident, soupçonné de projeter une attaque terroriste.

Six personnes au total ont été placées en garde à vue puis libérées sous caution dans le cadre de cette enquête. Les autorités britanniques ont établi un lien entre cet incident et Téhéran, ce que l’Iran a démenti.

RAF Fairford, située à 160 kilomètres à l’ouest de Londres, a servi pendant des décennies de point d’appui aux bombardiers américains lors des conflits au Moyen-Orient. Son usage récent faisait suite à l’autorisation accordée par l’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer, permettant à Washington d’utiliser des bases du Royaume-Uni pour des frappes qualifiées de défensives contre Téhéran.

Ce retrait intervient alors que les États-Unis renforcent par ailleurs leur dispositif militaire au Moyen-Orient. Jeudi 1er octobre, un responsable américain a indiqué que le porte-avions USS Theodore Roosevelt, récemment déployé, ainsi que le groupe amphibie USS Makin Island, faisaient route vers la région. Ce mouvement pourrait porter à trois le nombre de porte-avions américains présents dans la zone dès la fin du mois d’octobre 2026, selon ce même responsable.

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