2 000 militaires, 8 navires et 19 aéronefs : des commandos britanniques débarquent d’un sous-marin allemand pendant le plus important exercice depuis 15 ans

Des commandos surgissent d’un sous-marin allemand, escaladent des falaises et guident un tir naval réel contre des cibles désignées. Une coordination inédite depuis 30 ans, jamais vue depuis l’Afghanistan.

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2 000 militaires, 8 navires et 19 aéronefs : des commandos britanniques débarquent d'un sous-marin allemand pendant le plus important exercice depuis 15 ans
2 000 militaires, 8 navires et 19 aéronefs : des commandos britanniques débarquent d’un sous-marin allemand pendant le plus important exercice depuis 15 ans © journaldeleconomie.fr

Face à Cape Wrath, à l’extrême nord-ouest de l’Écosse, des effectifs de la 148 Commando Forward Observation Battery ont émergé aux côtés d’un sous-marin d’attaque allemand dans l’Atlantique Nord, raconte Infobae. Les commandos se sont ensuite éloignés à bord de bateaux pneumatiques pour s’approcher discrètement de la côte, établir un poste d’observation et localiser les objectifs assignés.

Depuis cette position, ils ont coordonné le tir de la frégate portugaise NRP Dom Francisco de Almeida contre les positions désignées. Un tir naval réel, et non simulé.

Le sous-marin en question, un submersible diesel-électrique allemand de type 212A, avait embarqué les commandos le 29 septembre au large de la côte nord de l’Écosse. Sa propulsion anaérobie, quasiment silencieuse, et sa taille réduite en font un outil adapté aux infiltrations clandestines en eaux peu profondes, selon la Royal Navy britannique.

Les équipes ont escaladé des falaises pour installer leur poste d’observation improvisé avant d’ordonner à la frégate portugaise de faire feu avec ses canons de 76 mm, puis de se retirer.

Cette séquence s’inscrit dans l’Exercise Strike Warrior, qui mobilise plus de 2 000 militaires de six pays (Royaume-Uni, Pays-Bas, Canada, Allemagne, Norvège, États-Unis) jusqu’au 9 octobre, avec huit navires de guerre et 19 aéronefs engagés dans une zone étendue autour du nord du Royaume-Uni.

La Royal Navy britannique la présente comme la plus grande épreuve conjointe de tous les composants de l’UK Commando Force depuis quinze ans. C’est aussi, selon elle, la première fois depuis la guerre d’Afghanistan que tous les éléments spécialisés de sa force de commandos se retrouvent réunis dans une même activité d’entraînement.

Une coordination inédite depuis près de 30 ans

Pendant l’exercice, la 148 Commando Forward Observation Battery a aussi travaillé avec des navires du Standing NATO Maritime Group One, l’un des groupes navals permanents de l’OTAN. Depuis des postes terrestres, ses effectifs avaient déjà coordonné le tir naval de la frégate néerlandaise HNLMS Van Amstel et de la frégate canadienne HMCS St. John’s.

Un officier de l’unité, cité par la marine britannique, a estimé que ce niveau de complexité et de coordination des ressources opérationnelles n’avait pas été atteint par la 148e Batterie depuis près de 30 ans. Il a ajouté vouloir démontrer aux partenaires de la Force de Commandos du Royaume-Uni et à la communauté des forces d’opérations spéciales de l’OTAN le type de missions que son unité est préparée à exécuter face aux futures menaces.

L’intégration avec un sous-marin allemand n’est pas un épisode isolé. En mars 2026, des commandos britanniques s’étaient déjà déployés depuis le sous-marin allemand U-35, à l’intérieur du cercle polaire arctique, pendant l’exercice Cold Response 26. Ils avaient alors utilisé des bateaux pneumatiques pour gagner la côte norvégienne, mener des missions de reconnaissance, puis regagner le sous-marin.

La semaine précédente, les Royal Marines avaient renoué avec les îles Féroé, où ils n’étaient pas retournés depuis la Seconde Guerre mondiale, pour des exercices d’interdiction maritime et des débarquements avec des forces danoises. Cette répétition d’opérations accompagne le renforcement, par Londres, de la préparation de ses Royal Marines sur le flanc nord européen.

La Royal Navy avait démantelé tous ses sous-marins conventionnels de classe Upholder entre 1994 et 1995. Elle s’appuie désormais sur les submersibles diesel-électriques de ses alliés de l’OTAN pour ce type de missions de combat côtier.

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