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30 euros la consultation chez le généraliste en fin d'année





Le 20 Mai 2024, par La rédaction

Après plusieurs mois de discussions, un compromis semble se dessiner entre les médecins libéraux et l'Assurance Maladie concernant l'évolution de leurs revenus. La consultation de base chez les généralistes pourrait passer à 30 euros d'ici la fin de l'année, bien que les syndicats demandent du temps pour évaluer les propositions avant de se prononcer définitivement.


Hausse des tarifs en vue chez les généralistes

Les négociations entre les médecins libéraux et l'Assurance Maladie se sont intensifiées ces derniers mois, aboutissant à un compromis important vendredi dernier. Si l'accord est validé, le tarif de la consultation de base chez les généralistes passera de 26,50 à 30 euros dès décembre. Cette augmentation, considérée comme une étape cruciale par les généralistes, vise à reconnaître leur rôle central dans le suivi de la santé des Français. Selon Agnès Giannotti, présidente du syndicat MG France citée par Les Echos, « il y a des avancées, mais il y a des reculades », reflétant une prudence persistante parmi les syndicats avant de se prononcer définitivement.

La Sécurité sociale, représentée par Thomas Fatôme, a qualifié cet accord de « soutien fort à la profession médicale », avec un investissement de 1,6 milliard d'euros sur cinq ans. Ce financement vient s'ajouter aux 20 milliards d'euros annuels alloués en honoraires. Pour Franck Devulder du syndicat CSMF, l'accord apporte effectivement des bénéfices, malgré des réserves de la part d'autres syndicats qui demandent plus de temps pour consulter leurs adhérents.

Outre l'augmentation du tarif de base, les généralistes pourraient bénéficier d'une rémunération de 60 euros pour les consultations longues destinées aux patients très âgés, une mesure jugée positive par MG France bien que l'entrée en vigueur soit jugée tardive et les conditions restrictives. De plus, à partir de 2026, une révision de la rémunération forfaitaire est prévue, visant à mieux récompenser la prise en charge globale des patients, particulièrement les plus fragiles, plutôt que d'encourager l'enchaînement des consultations.

Les spécialistes, après des tensions et un retrait temporaire des négociations, ont également obtenu des concessions. La Sécurité sociale a accepté de revoir la grille de rémunération des actes techniques, inchangée depuis les années 1990, et de faciliter la facturation des dépassements d'honoraires. À partir de décembre, les avis médicaux rendus par des spécialistes à la demande d'un confrère seront mieux rémunérés, passant de 56,50 à 60 euros. Cependant, ce point a provoqué des frictions, les généralistes craignant d'être contournés par les spécialistes qui souhaitent référer directement des patients à leurs confrères.

Un accord attendu de longue date

Cet accord potentiel, longuement attendu, pourrait apaiser les relations tendues entre les médecins et le gouvernement. Les syndicats ont multiplié les grèves et les manifestations ces derniers mois pour dénoncer leurs conditions de travail. Le gouvernement, de son côté, voit dans cet accord une réponse aux préoccupations concernant les déserts médicaux et un moyen de maîtriser les dépenses de santé qui ne cessent d'augmenter.

La précédente convention entre la Sécurité sociale et les médecins libéraux, en vigueur depuis 2016, devait s'appliquer jusqu'en 2021. Les tentatives de renégociation en 2022 avaient échoué face au refus des médecins de s'engager dans une logique de « donnant-donnant » imposée par le gouvernement. Les discussions ont repris en novembre dernier, dans un climat plus apaisé, aboutissant à ce compromis qui exige un engagement collectif des médecins pour améliorer la pertinence des prescriptions, notamment pour limiter l'usage des antibiotiques.

Toutefois, des incertitudes demeurent quant à l'impact de cet accord sur la relation entre l'exécutif et les médecins, déjà éprouvée par la valse des ministres de la Santé. Les spécialistes, solidaires des cliniques privées qui ont annoncé une grève totale le 3 juin, restent vigilants face à la répartition des moyens entre le secteur public et privé. Le gouvernement devra encore convaincre pour éviter une crise dans les hôpitaux à la veille des élections européennes.




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