Journal de l'économie

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Ambiance morose dans le vignoble français en dépit d’une vendange pleine et de qualité





Le 9 Septembre 2020, par Sébastien Burel

Selon les estimations établies au 1er septembre 2020, la production viticole s’établirait, en 2020, à 45 millions d'hectolitres, soit un niveau supérieur de 6 % à celui de 2019 et de 1 % à celui de la moyenne des récoltes des cinq dernières années. Les vendanges ont démarré avec une avance importante, établissant pour certains vignobles des records de précocité.


De mémoire de vigneron, jamais on n’avait vendangé aussi tôt. Au Château de Béru, un des domaines les plus en vue de Chablis, on est déjà en plein nettoyage des pressoirs. Alors qu’en 2019 les vendanges avaient débuté le 12 septembre et s’étaient achevée le 1er octobre, les premiers raisins du domaine ont été coupés le 17 août. Et les dernières grappes ont été pressées le 4 septembre.

La qualité de la récolte est prometteuse mais comme dans toute la Bourgogne, les volumes en jus, impactés par la sécheresse des derniers mois, sont un peu décevant. Toutefois, à l’échelle du pays, les prévisions présentées par le Service de la Statistique et de la Prospective du ministère de l’Agriculture sont plus encourageantes, prévoyant un retour de la production à son étiage moyen des 5 dernières années. Ces nouvelles devraient apporter un peu de baume au cœur à un secteur vinicole très durement touché par la crise sanitaire mondiale.

Alors que les vendanges battaient leur plein, Franck Riester, le nouveau ministre du Commerce extérieur a reçu César Giron, le président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS) qui lui a fait part des enjeux de taille auxquels sont confrontés les exportateurs de vin.

Sur le premier semestre 2020, les exportations mondiales de vins et spiritueux ont reculé de près de 25%. Avec une perte de 1,6 milliard d’euros, le chiffre d’affaires du secteur sur les six premiers mois 2020 est revenu au niveau qui était le sien à la fin juin 2012, soit 5 milliards d’euros. La quasi‐totalité des régions et des catégories de produits subissent cette brusque diminution, qui touche également les volumes expédiés (‐13%). Les Etats‐Unis représentent à eux seuls près d’un tiers de cette baisse : l’impact majeur des taxes appliquées aux vins français depuis le mois d’octobre 2019 se trouve amplifié depuis quelques mois par les effets de la pandémie de Covid‐19. César Giron a rappelé au Ministre que, depuis bientôt un an, les exportateurs français de vin attendent toujours des mesures concrètes de la part de leur Gouvernement face aux sanctions américaines. 

Les chiffres-clés du 1er semestre 2020

Source : FEVS
Source : FEVS
Les inquiétudes des viticulteurs portent également sur la situation au Royaume-Uni, engagé dans un bras de fer avec l’Union Européenne pour négocier les termes du Brexit. L’éventualité d’un « no-deal » pèse un peu plus chaque jour sur le moral des producteurs, qui redoutent qu’une absence d’accord aient des conséquences brutales sur leurs ventes sur leur deuxième plus gros marché export.

Au Château de Béru, alors que le feu des vendanges s’est éteint, on étiquette en urgence des bouteilles pour le marché français de la restauration et des cavistes qui connait une embellie inattendue depuis la rentrée. Cela permettra de faire de la place dans les chais pour loger le millésime 2020, en attendant une reprise générale des exportations.

 

Sébastien BUREL
Fondateur de FERMYNT


Vitis



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