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Avec le coronavirus, sommes-nous en prospective ou en science-fiction





Le 14 Mars 2020, par Philippe Cahen

La prospective à froid est un exercice délicat car l’entreprise préfère la tendance à la rupture. C’est Sony qui aurait dû créer le smartphone avec ses compétences en téléphonie, musique et cinéma. Steve Jobs en a rêvé, il l’a fait. Il a fait ce qui était de la science-fiction pour Sony. La crise du Covid19 – coronavirus – nous fait vivre de la science-fiction … qui dépasse la réalité : « direct live ».


Image - Health.mil
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La prospective par les scénarios dynamiques

En général, le travail de prospective en entreprise se termine par un choix de scénarios de consensus « un peu plus » et de consensus « un peu moins », bref, de la tendance.

Pour ma part j’impose un travail sur les scénarios inverses à commencer par les inverses des convictions que peuvent avoir une entreprise : au tout contrôlé s’oppose le tout libre, au tout technologique s’oppose le tout environnemental, au tout industriel s’oppose le tout psychologique, au tout mondial s’oppose le tout local, etc. Et … curieusement … les participants du groupe de travail de prospective trouvent matière à réflexion positive face à ces scénarios parfois impensables voire haïssables.

En effet, l’un ou l’autre participant trouve un fait qui justifie le scénario. Ainsi la ville souterraine, un scénario plus que noir … existe à Montréal, Moscou ou Helsinki. Ces scénarios extrêmes, des scénarios dynamiques, sont des exercices de prospective. Le futur est entre ces extrêmes, mais le consensus est mauvais conseiller : les extrêmes peuvent l’emporter.

Prospective et science-fiction

Parfois, le scénario est qualifié de pure science-fiction. La mégapole sous protection climatique, comme sous une bulle de verre ou de gaz, est du registre cinématographique (The Truman Show, 1998 avec Jim Carrey). Pourtant, Pékin et Londres ont fait pleuvoir lorsqu’ils en éprouvaient le besoin, en 2008 et 2012 entre autres années. Imaginer un monde tout technologique est aujourd’hui non conforme aux idées ambiantes pourtant il est en marche.

Le monde tout environnemental s’approcherait plus du consensus majoritaire souhaité. L’un ou l’autre sont des futurs envisageables.

Ce sont souvent les militaires – et les scénaristes dits de « Hollywood » - qui vont à des scénarios que hormis eux considèrent de science-fiction. La bombe sale, la bombe chimique voire atomique, utilisée par des groupes qualifiés ou pas de terroristes est imaginée. Les civils considèrent que ces groupes ne sauront pas les utiliser. Pas les militaires, pas les scénaristes. Pour les civils, James Bond est là …  Dans la vraie vie, Oussama Ben Laden a survécu près de 10 ans à la destruction du World Trade Center.

Certainement qu’un militaire ou un scénariste a imaginé qu’un virus allait en moins d’un trimestre rendre malade des milliers ou millions de personnes, en tuer des milliers et finalement bloquer le monde. Bloquer les échanges et déplacements du monde alors que tout est flux, les personnes et les marchandises, par air, par bateaux, par la route. Tout est flux ne serait-ce que les près de deux milliards de touristes. Tout est bloqué. C’est donc possible, réalisé sous nos yeux à notre grande surprise.

Nous sommes en pleine science-fiction. Et pourtant tout est vrai. Et dans ce temps de blocage, il y a donc l’opportunité de retrouver le livre, le film, qui se rapproche le plus de cette SF. Et le propre de la SF est de dépasser notre imagination. Jusqu’où le Covid-19 ira-t-il ?

Scénarios haïssables, impensables.

Cela n’aura qu’un temps. Trois mois ? Six mois ? Mais quelles conséquences ? Et surtout comment s’en prévenir car le principal risque pour une entreprise est de se faire surprendre.

A ce titre, l’occasion est unique de réfléchir à tous ces scénarios que l’on refuse de voir … et dont la crise du Covid19 nous font penser que la science-fiction n’est peut-être pas totalement fictive. Des signaux faibles – voire forts - existent : panne d’électricité prolongée, rupture d’Internet (destruction massive de satellites), cyber attaque, forte hausse du pétrole, forte hausse de la température, pollution massive et prolongée, etc.

Chacun complètera cette liste de science-fiction qui n’est finalement que de la prospective haïssable mais potentielle.
 
Je repars en plongée …
 
Philippe Cahen
Conférencier prospectiviste
Dernier livre : « Méthode & Pratiques de la prospective par les signaux faibles  », éd. Kawa
 
 
 
 


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