Journal de l'économie

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Avec le coronavirus, une fenêtre unique pour la voiture autonome !





Le 24 Mars 2020, par Philippe Cahen

La crise du coronavirus - covid-19 - aboutit à confiner à ce jour (23 mars 2020) deux milliards de Terriens. Ce qui signifie que pour près d'un Terrien sur trois, il n’y a quasi plus de véhicules sur les routes et les rues. Et quasi plus de piétons ! Autant dire que le moment est unique de lancer des véhicules autonomes !!! Un signal faible très fort !


Photo Pixabay
Photo Pixabay
Le moment est vraiment unique ! Le coronavirus oblige au confinement et la Chine à Wuhan a démontré – sous les réserves habituelles de tout ce qui est communiqué par la Chine – que le confinement total est la solution extrême afin d’empêcher la propagation du virus. Ce temps particulier présente le double avantage du test technologique et de répondre à l’attente sociale. Il faut foncer !!!

Des véhicules autonomes pour répondre à quoi ?

Les services rendus par les véhicules autonomes sont principalement de deux natures.
 
1. Livrer aux confinés les produits alimentaires
 
Pour répondre à des délais de livraison actuels de 6/8 jours, les véhicules autonomes sont parfaits pour livrer en priorité l’alimentation en porte à porte d’immeubles que ce soit urbain, péri-urbain, voire rural. Le véhicule alerte le destinataire … nécessairement chez lui. C’est un système parfaitement aseptisable de l’entrepôt aux bas d’immeubles. De nombreux véhicules sont prêts. Plus largement, ces véhicules autonomes répondent à la livraison de tout matériel nécessaire à la vie de la cité aussi bien du matériel de santé, de sécurité, d’entretien. C’est une réponse à la plupart des questions de logistique notamment les restrictions de livraison de produits que les distributeurs annoncent. De plus la livraison se fait avec un horaire large.

2. Transport de personnes

Aujourd’hui, dans une ville comme Paris et sa périphérie, les métros et bus circulent quasi à vide pour transporter des personnes indispensables au bon fonctionnement de la ville : soignants, personnel de sécurité, certaines personnes d’entreprises indispensables à un fonctionnement minimum. Le plus souvent, un trajet a au moins une rupture de charge - plus souvent deux - pour un transport largement débrayé donc moins dense et donc bien plus long. Le moment est unique vous faire rouler des voitures autonomes qui cherchent et déposent ces personnes à raison d’une personne par véhicule. Le déplacement s’effectue en sécurité sanitaire (intégrer un jet de désinfectant dans l’habitacle) et humaine.

Les véhicules sont-ils prêts ?

Globalement, les véhicules autonomes sont étudiés par des dizaines, voire des centaines d’entreprises. Sont-ils prêts pour autant à prendre la route ?
Il y a un an, les voitures sans chauffeur de Waymo, filiale d’Alphabet / Google, avaient parcouru pour 2018 en un an deux millions de kilomètres en Californie avec une intervention humaine chaque 18.000 km contre 9.000 km en 2017. Ce qui représente une amélioration certaine même si le taux d’accident observé pour l’Homme est tous les 800.000 km. En août 2019, afin d’accélérer son référencement (une démarche type Android ?), Waymo a ouvert une partie de ses données (Waymo Open Dataset). En Californie, plus de 50 entreprises travaillent sur la voiture autonome.

En France, des véhicules sont déjà opérationnels comme la navette autonome MIA près de Lyon, ou à l’étude comme la RATP avec Vedecom. PSA s’est arrêté au niveau 3 (le niveau 5 est celui de l’autonomie du véhicule).

En Allemagne, BMW et Daimler ont signé en février 2019 un partenariat très productif. Quant à Volkswagen, un test de bus et Combi autonomes est programmé au Qatar d’ici fin 2022.

Au Japon, Softbank et Toyota sont depuis l’été 2019 au cœur des services de mobilité autour du véhicule autonome, Monet Technologies.

Les critiques actuelles sont-elles rédhibitoires ?

Les principales critiques portent sur la responsabilité lors d’un accident. La 5G et donc bien plus de puces présentes atténueront fortement cette critique. Dans l’immédiat, la très faible circulation devrait largement amoindrir cette question. Concernant les véhicules, les critiques sur les véhicules Waymo portent sur 30% des avis (juillet 2019) et concernent la conduite non fluide et le trajet parfois curieux. 10.500 voyages ont reçu l’appréciation maximale de 5 étoiles. La prise en main humaine a été de 2,5% à 6,5% des trajets ce qui est finalement positif. Nous sommes donc sur une voie d’accélération de la mise en service des véhicules autonomes.

Un test grandeur nature

En résumé, les véhicules autonomes sont prêts (petits transporteurs de marchandises, tracteurs agricoles, ferry-boat, tracteur à bagage, robot de dépose de produits, etc.). Concernant la voiture, cela arrive un peu tôt pour une phase industrielle. Mais c’est réaliste pour une phase de test à échelle 1. Le temps est absolument unique pour que les Etats et notamment la France autorisent des test dans la période actuelle. Cela rassurera le public utilisateur. Cela accélèrera la mise en œuvre des véhicules autonomes qui sont une réponse au trop plein de voitures et aux gaz à effet de serre. Allons-y !

Je repars en plongée …
 
Philippe Cahen
Conférencier prospectiviste
Dernier livre : « Méthode & Pratiques de la prospective par les signaux faibles  », éd. Kawa
 


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