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Coronavirus : Comment les salariés du e-commerce et de la logistique font tourner l’économie française pendant le confinement





Le 30 Mars 2020, par La Rédaction

Parce qu’il permet aux Français de continuer à s’approvisionner en biens de toute sorte et aux enseignes de maintenir leur activité malgré la fermeture des magasins non-alimentaires, le e-commerce est devenu un maillon essentiel de la vie économique du pays depuis le début du confinement. Sa bonne marche est rendue possible grâce à l’implication sans faille de dizaines de milliers de salariés de la vente en ligne et de la logistique malgré le contexte sanitaire


Image Pixavay
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Depuis le 15 mars, les commerces « non-indispensables » ont dû baisser leurs rideaux en raison des mesures gouvernementales pour lutter contre la propagation du virus Covid-19. Si les magasins alimentaires sont toujours ouverts, au titre de l’approvisionnement en biens « de première nécessité », les magasins de bureautique, les librairies ou encore les magasins de bricolage ont dû quant à eux fermer leurs portes.

Si les produits que ces enseignes proposent semblent en effet échapper aux impératifs élémentaires de la survie, ceux-ci peuvent pourtant faire cruellement défaut quand il s’agit d’imprimer une attestation de sortie, de changer une ampoule ou tout simplement de passer le temps en se divertissant durant le confinement.

Autant de besoins que seuls les sites de e-commerce permettent désormais de remplir. Et ce, grâce au travail de dizaines de milliers de livreurs et de magasiniers partout en France, qui assurent aux Français de pouvoir continuer à s’approvisionner en biens de toute sorte. Car au-delà du surcroît d’activité, ce qui se joue depuis le début du confinement est aussi et surtout une histoire d’hommes et de femmes, sans qui la vie quotidienne ne serait pas la même pour des millions de Français.

La demande se reporte sur le e-commerce

Les magasins baissent le rideau et les Français se tournent vers de nouveaux modes de consommation. Selon l’institut Nielsen, le drive (+29%) et la livraison à domicile (+72%) sont privilégiés dans un contexte d’inquiétude croissante à l’égard de l’épidémie de Covid-19.

Cette tendance s’est amplifiée avec l’entrée en vigueur des mesures de maintien de la population à domicile : sur la seule journée du mardi 17 mars, le site Internet de Fnac Darty a ainsi enregistré un pic de 65 000 achats en ligne. Imprimantes, congélateurs, consoles et jeux de société : autant de biens « non essentiels » devenus pourtant indispensables pour beaucoup de Français dans un contexte de confinement généralisé.

La facilité avec laquelle les Français se sont reportés vers les achats en ligne manifeste l’intégration de plus en plus forte du e-commerce dans leurs habitudes d’achat. Au premier trimestre 2019, ceux-ci étaient 38,8 millions à consommer en ligne, soit 87,5% des internautes d’après une étude Médiamétrie.

Pour beaucoup d’enseignes, le e-commerce est devenu le seul moyen de maintenir leur activité en cette période de confinement. Dans le classement des 100 premières enseignes en France, 69 d’entre elles continuent de vendre leurs produits grâce au commerce en ligne, a relevé la société d’études de marché Madame Benchmark. Un palliatif bienvenu dans une période de grande incertitude économique, durant laquelle la mise à l’arrêt total représenterait pour beaucoup d’entre elles un risque certain pour leur pérennité.

Les entrepôts, rouage essentiel de l’économie française

Pour absorber cette demande inédite, les grands sites de e-commerce se sont organisés pour faire tourner leurs entrepôts et leurs supply chain tout en instaurant des règles strictes pour préserver la santé de leurs salariés. Et ce, tout d’abord, en renforçant leurs équipes. Un comble pour le secteur du e-commerce, qui compte déjà 180 000 emplois directs, et qui était déjà avant la crise l’un des plus créateurs d’emplois dans l’Hexagone.

En 2016, 2017 et 2018, entre 16 et 18% des e-commerçants français (TPE/PME comprises) ont ainsi recruté au moins un salarié selon la FEVAD. Sur la seule année 2018, le secteur a comptabilisé plus de 9 600 créations de poste, et espérait quelques 13 500 créations d’emplois en 2019.

Aux États-Unis, Amazon a ainsi recruté plus de 100 000 intérimaires pour faire face à l’explosion de la demande durant l’épidémie. Quant à Cdiscount, le numéro 2 français, s’il a renforcé ses équipes pour permettre notamment aux collaborateurs qui en auraient besoin de rester chez eux, l’accent est tout particulièrement mis sur le respect des gestes barrières, de la distanciation sociale et d’une densité limitée dans les entrepôts afin de réduire au maximum les risques.

De la même manière, les logisticiens ont également mis en place des consignes pour préserver la santé des livreurs, en développant par exemple la livraison « sans contact » avec le client. Alors que près de 45% des Français déclarent ne plus travailler du tout en raison du confinement et que 25% ont recours au télétravail d’après un sondage Odoxa, magasiniers et livreurs font partie des salariés les plus exposés aux risques et de ceux qui maintiennent en activité l’économie française.

Le report des Français vers les sites marchands apparait ainsi à la fois comme l’aboutissement d’un long processus d’intégration du e-commerce dans leurs habitudes d’achat, mais également comme un révélateur du rôle essentiel que jouent les femmes et les hommes de ce secteur dans l’économie française. Une prise de conscience appelée à durer au-delà des limites du confinement, en particulier dans un contexte de sortie de crise économique et de relance de la consommation post-pandémie.
 



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