Journal de l'économie

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Couvre-feu : « leur » monde à l’envers





Le 28 Octobre 2020, par Jérôme GABRIEL

Un « j’accuse » des stratèges face aux mesures de couvre-feu et de reconfinement.
Depuis le mois de mars 2020, l’Humanité a pris son temps pour observer un adversaire inconnu jusqu’alors et en découvrir le modus operandi. Comme pour toute stratégie de défense face à une attaque imprévue et violente – une menace soudaine et inattendue en matière de gestion des risques – la seule stratégie a été celle de la préservation par le repli défensif.


Un repli stratégique défensif permet avant tout de se protéger pour gagner du temps afin de mieux jauger un adversaire tout en maintenant une capacité de résilience suffisante pour éviter une surexposition coûteuse en homme et en moyens. Ainsi en début d’année, selon ce principe de préservation et de survie de l’espèce, de drastiques mesures de confinement ont embastillé des Nations entières en vue de les préserver d’une attaque massive d’une épidémie devenue par sa viralité une pandémie mondiale. Alors nous nous sommes réfugiés dans nos cavernes, nos vigies ont observé l’adversaire pour en comprendre les stratégies, nous avons étudié ses ressorts et ses cibles privilégiées, jauger nos failles et ses forces, repris nos esprits que nos pensions éclairés, et puis… rien.

Alors que nous avons cru ce chapitre clos, que nous pensions le cauchemar évanoui, nous découvrons que nous avons appris, mais que nous n’avons toujours rien compris…
 
6 mois plus tard quelles sont les leçons de nos observations ?
Alors que les débats d’experts continuent à faire rage entre spécialités et que les meilleurs d’entre nous se drapent dans une imposture télévisuelle quotidienne ; que nos Politiques sombrent dans un déni de réalité inénarrable, nous avons décidé d’amplifier la menace perçue en lui donnant une nouvelle fois le pouvoir de détruire encore plus nos fragiles économies : un constat d’échec sans appel qui touche 100 % de nos populations alors que seule une fraction fragile et identifiée en est la cible…
 
Un impensable déni d’analyse statistique
Le 15 octobre dernier, Santé Publique France publiait son dernier bulletin de santé dont les éléments statistiques confirment les observations enregistrées par les établissements de santé publics et privés depuis mars dernier. Seul un facteur d’analyse est nouveau dans l’actuel flot continu d’information : le nombre de cas infectés. En effet, depuis plusieurs mois nous possédons des « tests » qui nous permettent de calculer plus précisément la propagation, la localisation, le nombre et les profils des personnes infectées (genre et âge). Cette géolocalisation ponctuelle est, avant toute chose, censée prévenir nos établissements de santé afin d’éviter une incontrôlable ruée aux urgences… Si la statistique de ce facteur précis reste un paramètre important dans la géolocalisation de foyers contagieux et la vitesse de propagation du virus : isolé, il ne sert à rien ; non par son inutilité, mais parce qu’il n’est pas corrélé aux populations les plus fragiles.
 
La règle de toute résilience efficace : identifier la stratégie de l’adversaire
Il s’agit précisément dans ce cas de figure d’identifier les fragilités principales auxquelles s’attaque ce virus — la force des uns n’étant que la faiblesse des autres, notre succès est sous nos yeux et nous refusons de l’accepter, car, notre seule question à ce stade devrait-être : Quels sont les profils cibles dont les systèmes immunitaires sont les plus fragiles aux attaques ?
Réponse : ni le taux géolocalisé d’infections, ni le sexe, ni la génétique, mais les générations par classe d’âge et risques de comorbidité.
Selon les dernières statistiques de Santé Publique France du 15 octobre  :
  • 92 % des cas létaux étaient âgés de 65 ans ou plus.
  • L’âge médian des décès est de 84 ans (dont 55 % Hommes — 45 % Femmes)
  • 66 % des décès sont associés à une comorbidité (principalement hypertension et pathologie cardiaque)
  • La répartition précise des personnes décédées en fonction de l’âge du 1er mars au 12 octobre (avec ou sans comorbidité) : 0-14 an : 0 % ; 14-44 ans : 1 % ; 45-64 ans : 9 % ; 65-74 ans : 15 % ; et 75 % pour les 75 ans et plus…
Il en résulte la synthèse préventive suivante : la combinaison d’une stratégie verticale d’isolement – non de manière horizontale par région ou lieux d’échanges publics ou privés – mais par les tranches d’âge les plus exposées par leur fragilité et par leurs profils économiques !
En conclusion de ce dernier rapport*, il en ressort la solution suivante :
Priorité N° 1 - Tests prioritaires - 45-64 ans (actifs économiques) : Une politique de dépistage prioritaire de la tranche médiane des 45-64 ansdite des « actifs économiques » – par test sérologique (sanguin) afin d’identifier et de les informer de leur état immunitaire : pour eux-mêmes et leurs familles.
Cette tranche d’âge est touchée par la létalité dans 9 % des patients hospitalisés. En réglant la priorité de dépistage sur cette génération d’âge (généralement cadres, dirigeants) on évite la dispersion budgétaire et on rétablit rapidement l’ordre et la confiance dans les entreprises. Mathématiquement, en priorisant cette tranche d’âge, on réactive de manière efficace 100 % de l’activité économique pour plus de 90 % de la population.

Priorité N° 2 — Confinement partiel et évitements intergénérationnels : 65 ans à 75 et plus
 Un isolement prioritaire circonscrit aux plus âgés – 65 à 75 ans – souvent retraités dits « non actifs ».
  Aujourd’hui mieux informés, l’identification des personnes les plus fragiles au virus est clairement établie. Avec 90 % de létalité constatée au plan mondial touchant ces catégories, une deuxième phase de dépistage pourrait être envisagée en parallèle des 45-64 ans. L’évitement intergénérationnel dans les activités quotidiennes serait alors le plus approprié…

Priorité N° 3 – Le contre-feu prophylactique – 0 à 45 ans – à défaut de risques de comorbidité, une seule obligation de dépistage pour les moins de 45 ans : uniquement dans le cadre de risques de santé ou de visites ou réunions familiales auprès des plus âgés (+ de 65 ans). Aucune restriction économique ni activité sociale intragénérationnelle ne doivent leur être interdites. Cette génération doit apprendre à vivre avec ce virus, car il ne disparaîtra pas. L’immunité collective de cette classe d’âge doit être atteinte au plus vite.
 
Si la prévention n’empêche pas le danger, rien n’est plus incohérent que d’imposer à une majorité active des mesures globales dont les premiers bénéficiaires en urgence seraient écartés : nos plus de 65 ans. La stratégie de confinement et de couvre-feu adaptée a eu une efficacité démontrée dans le passé sur la base de notre ignorance d’un adversaire inconnu. Cela n’est plus le cas aujourd’hui, mais visiblement certains de nos Politiques semblent ne pas avoir les mêmes éléments d’analyse — par déni, incapacité ou par crainte électorale…
La question prégnante à laquelle il faudra s’atteler très rapidement – mais peut être est-il déjà trop tard – est celle de la troisième vague : un tsunami économique bien plus dangereux généré non par ce virus, mais par l’absence totale d’anticipation doublée d’une incapacité criante d’analyse stratégique chirurgicale… Comme le disait notre meilleur « bouffon » : « C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ! » (Michel Colucci, Pensée et anecdote, éditions Le Cherche Midi, Paris, 1995).
 
Pour aller plus loin et comprendre : Lien : Le document de Santé Publique France avec l'ensemble des statistiques au 15 octobre 2020



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