Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

De nouveaux publics pour des musées « réinventés »





Le 16 Juin 2020, par Christine de Langle

«Il faut savoir se réinventer » martelait le président Macron. Mi-mars, à l’annonce du confinement général, les musées ont fermé leurs portes. Le silence s’est installé dans la Grande Galerie du Louvre, la Joconde a frisé la dépression faute de public, le parc du château de Versailles abandonné par visiteurs et promeneurs a retrouvé un calme qui ressemblait aux jours qui ont suivi le départ de la famille royale en octobre 1789, selon Alain Baraton, l’actuel jardinier en chef du château.


Wikipedia
Wikipedia
Ce temps de confinement marqué par son quotidien anxiogène révélait aussi une demande d’évasion par l’émotion, le rêve et la beauté.

Passée la stupeur de voir tous ces musées sans public, chacun a eu à cœur de se réinventer et de continuer à proposer une offre culturelle de qualité aux visiteurs devenus internautes. Chaque musée a fait preuve d’inventivité pour les faire participer : formations en ligne (MOOC de Versailles), conférences en ligne (Louvre), visites virtuelles d’expositions (Turner au musée Jacquemart André, Paris), découverte des réserves (musée des arts asiatiques Guimet) et de nombreuses animations ou jeux réservés aux enfants. La technologie Internet assurait un lien social vital.
 
Pour « se réinventer », les musées ont compris le parti qu’ils pouvaient tirer d’un public virtuel déjà présent via leurs nombreux réseaux sociaux. Grâce à ses 14 comptes (Facebook, Twitter, Instagram, Weibo, WeChat etc.) qui offre en temps normal des informations pratiques pour les visiteurs, le Louvre est suivi par 7,9 millions d'abonnés dans le monde. Pendant le confinement, le musée a vu la fréquentation de son site internet multiplier par dix. Au-delà du public habituel qui fréquente expositions et collections, voici un nouveau public qui, par son éloignement géographique ou sociologique, n’était jamais entré au Louvre. Internet devenait un outil culturel au service de tous et l’écran d’ordinateur la porte ouverte sur ce « pays des merveilles » qu’est le monde de l’art. Il suffit d’avoir la bonne clé, la curiosité d’Alice.
 
Le Louvre rouvre ses portes le 6 juillet, Jean-Luc Martinez, son Président-Directeur ne cache pas les difficultés du post-Covid et prévoit une fréquentation de 30% de visiteurs dans un musée qui compte normalement 75% de visiteurs étrangers. Mais toutes les initiatives mises en place pendant le confinement permettront de proposer, à côté du musée traditionnel, un nouveau modèle de musée connecté source d’apprentissage, de créativité et de divertissement. Chacun y trouvera son compte.

Aller au musée n’est plus une obligation culturelle, Sachons profiter des multiples possibilités qu’offre Internet. Aller au musée reste une expérience unique par sa confrontation avec la réalité d’une œuvre d’art. Cette confrontation au réel est toujours un défi car elle met en route nos capacités sensorielles.  
 
Pendant le confinement, l’art était un refuge, une nécessité, les musées ont montré leur capacité à s’adapter et à se diversifier. Tous ces visiteurs virtuels ont mis en lumière la devise de l’ICOM (le Conseil International des Musées), « Les musées n’ont pas de frontière, ils ont des réseaux ».
Le défi aujourd’hui est d’oser retourner au musée !
 
Christine de Langle, fondatrice d’Art Majeur
www.art-majeur.eu
 
 


France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising | Juris | Art & Marché | Prospective | Industrie immobilière | Intelligence et sécurité économique - "Les carnets de Vauban"














Rss
Twitter
Facebook