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Déconfinement, c’est le tour des « grands musées » : le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie.





Le 26 Juin 2020, par Christine de Langle

Le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie ont inauguré, les 22 et 23 juin, la sortie de confinement des grands musées. Etat des lieux avec Laurence des Cars, présidente des deux établissements culturels.


James Tissot, Portrait du marquis et de la marquise Miramon et de leur enfants
James Tissot, Portrait du marquis et de la marquise Miramon et de leur enfants
Une exposition qui ferme avant d’ouvrir au public

Le 17 mars, à la suite du confinement général décidé par le Président de la République, tous les musées ferment, une catastrophe pour l’exposition James Tissot qui doit ouvrir le 22 mars au musée d’Orsay. A la stupeur succède la dynamique de l’urgence. Il s’agit de convaincre les 41 prêteurs internationaux de prolonger la durée de leur prêt. Toujours un moment de stress pour les musées car c’est souvent l’occasion de tractations plus ou moins tendues mais cette fois c’est une immense solidarité  internationale qui s’exprime comme pour conjurer le sort devant les incertitudes dues à la pandémie. Pas un refus de prêt. L’exposition, organisée en partenariat avec le Fine Arts Museum de San Francisco où elle fut présentée en début d’année, vient donc d’ouvrir telle qu’elle était prévue et sera visible jusqu’au 13 septembre.
 
« James Tissot, l’ambigu moderne, 1836-1902 »

James Tissot, comme ses contemporains, Manet, Whistler ou Degas, est ce « peintre de la vie moderne » que Baudelaire appelait de ses vœux. Formé à la rigueur du dessin par Flandrin, disciple d’Ingres, il est un fin observateur de cette société parisienne du Second Empire qui vit avec enthousiasme les effets combinés de la révolution industrielle et de la haute finance. Mais ses contemporains relèvent l’ambiguïté de ses œuvres qui allie une extrême attention aux détails des toilettes, des objets précieux, de la nature qui se déploie comme une tapisserie, et d’une histoire laissée au jugement du spectateur. Que font ses femmes alanguies et séduisantes ? Quels sentiments cachent-elles ? A Londres, la morale victorienne lui reproche de ne pas choisir.

Laurence des Cars, attentive à garder une programmation ambitieuse, ne veut pas céder à la facilité des grandes expositions où le seul nom d’impressionnisme fait courir les foules. « Une exposition doit être en lien avec les collections du musée, précise-t-elle, et contribuer à faire avancer la recherche ». James Tissot répond à ses deux critères. Présent dans les collections du musée d’Orsay avec le Portrait du marquis et de la marquis de Miramon et de leurs enfants, et Le Cercle de la rue Royale acquis par le musée auprès de la famille d’un des modèles, classé trésor national, il méritait une exposition monographique qui permet de mieux connaître ce peintre dandy qui finit par une œuvre monumentale, l’illustration de la Bible.

Tissot_La galerie du HMS à Calcutta
Tissot_La galerie du HMS à Calcutta
 Déconfinement, état des lieux et projets

Pendant le confinement, les deux musées ont vécu avec un personnel réduit au strict minimum lié à la sécurité, une dizaine de personnes au lieu des 700 en temps normal.

Aujourd’hui, le musée d’Orsay ouvre les salles du rez-de-chaussée et le 5e étage (peinture impressionniste et postimpressionniste). Réservation et masque  sont obligatoires, mais à la différence de Versailles et du Louvre, la circulation est libre. L’absence des visiteurs étrangers (60%, principalement américains) raviront les visiteurs français et européens qui profiteront de conditions de visite exceptionnelles mais le musée prévoit une grave crise budgétaire, 70% de l’autofinancement du musée se faisant par la billetterie (dont 16% pour les achat d’œuvres). Les négociations sont en cours avec l’Etat pour passer le cap crucial de l’année 2020-2021.

Les mécènes, restés fidèles, sont impliqués dans un projet structurel ambitieux baptisé « Orsay grand ouvert ». Un don récent de 20 millions d’euros vient d’y être attribué. Déployé jusqu’en 2024, ce projet entend donner tout l’espace architectural aux collections. Tous les bureaux seront externalisés à proximité du musée. L’espace ainsi dégagé permettra d’ouvrir de nouvelles salles impressionnistes en 2025-2026. Un centre éducatif destiné aux jeunes et aux enseignants remplacera l’actuel atelier pour enfants. Un nouveau centre de recherche remplacera les salles de la documentation et se situera dans les anciens locaux de la Documentation française, quai d’Orsay.

Pendant ce temps, le musée de l’Orangerie prépare un nouvel accrochage visible en septembre.
 
« La culture nous a aidés à tenir pendant le confinement, résume Laurence des Cars, elle nous a donné des repères personnels et collectifs. Elle est de plus en plus nécessaire dans un monde fracturé. Le musée doit se tourner vers tous les publics, car le musée est une école du regard ».
 
Christine de Langle, fondatrice d’Art Majeur
www.art-majeur.eu

Tissot_Cercle de la Rue Royale
Tissot_Cercle de la Rue Royale


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