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Des compagnies aériennes font voler des avions sans passagers





Le 9 Mars 2020, par François Lapierre

Deux organisations professionnelles du transport aérien demandent un assouplissement des règles d'attribution des créneaux horaires dans les aéroports. Et pour cause : certaines compagnies font voler leurs avions quasiment à vide.


Le risque de perdre des droits de créneaux

Un non sens économique et environnemental : c'est ainsi que l'EUACA décrit la situation qui fait que certaines compagnies aériennes font voler des avions « dont le coefficient de remplissage est extrêmement faible ». Ces transporteurs n'ont pourtant pas le choix : ils ne sont en effet pas certains de ne pas perdre leurs « droits historiques pour la prochaine saison équivalente », précise l'association européenne qui regroupe les gestionnaires de créneaux de 230 aéroports européens. La règle est que les compagnies doivent utiliser 80% des créneaux horaires qui leur sont attribués. En dessous de ce pourcentage, les créneaux pourraient être redistribués à d'autres transporteurs.

Les créneaux étant précieux, les compagnies aériennes ne veulent pas tenter le diable, même si les taux d'occupation des sièges sont très bas en raison de l'épidémie de COVID-19. Le coronavirus a fortement réduit l'activité dans le transport aérien. L'EUACA demande un moratoire sur les créneaux auprès de l'Union européenne « jusqu'à la fin juin 2020 », d'après un courrier dévoilé par La Tribune. La période pourrait même s'étendre si l'épidémie se poursuit au-delà.

Assouplissement des règles

Cette demande rejoint celle de l'Association internationale du transport aérien (Iata), qui compte dans ses rangs 290 compagnies aériennes. La semaine dernière, cette organisation souhaitait que les règles d'utilisation des créneaux soient « suspendues pour toute la saison 2020 ». Là aussi, la raison avancée est le coronavirus. Il s'agit d'éviter de faire voler des avions à vide pour garder les créneaux.

L'Union européenne pourrait accéder à ces demandes des professionnels du secteur aérien. Des dérogations avaient ainsi été décidées après les attentats du 11 septembre 2001, et pendant l'épidémie de SRAS, en 2003. En plus de l'aspect économique, le côté environnemental s'est invité dans le débat. Il n'y aurait aucun sens de continuer à faire voler des avions sans passagers.




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