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Développement humain : le Maroc veut appuyer sur l’accélérateur social





Le 4 Octobre 2019, par Aboubacar Yacouba Barma - Journaliste

Après quinze années de mise en œuvre, l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), stratégie marocaine dédiée aux politiques sociales, se fixe de nouvelles priorités. A l’initiative du roi Mohammed VI, elle visera désormais la petite enfance, le capital humain et l’intégration économique des jeunes. Une évolution qui intervient à l’heure où le pays souhaite articuler un nouveau modèle de développement afin de corriger les distorsions économiques et les inégalités.


A nouveau contexte, nouvelles priorités. Après presque quinze années de mise en œuvre en matière de correction des distorsions économiques, l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), change de cap.

Lancée en 2005 par le roi Mohammed VI, cette vaste stratégie pilotée par le ministère de l’intérieur marocain a enregistré plusieurs réalisations substantielles notamment en matière de renforcement des capacités, d’amélioration de l’accès des populations aux infrastructures de base ainsi qu’aux équipements culturels et sportifs, en particulier dans le monde rural. Or, après deux phases de cinq ans et une évaluation de son impact sur le terrain, il est apparu nécessaire d’en modifier les principales actions, afin de les inscrire dans un nouveau modèle de développement qui se veut plus inclusif. Ce « rééquilibrage social » intervient après une séquence de mise sous pression sociale du Maroc dans certaines provinces rurales qui ont moins bien progressé que les grandes villes que sont Casablanca, Marrakech, Tanger, ou encore la capitale chérifienne, Rabat.

En effet, si le Maroc a connu au cours des vingt dernières années une croissance forte – de 4,5% en moyenne- tirée majoritairement par l’investissement public dans les infrastructures et un développement rapide des services et de certaines industries à l’instar de l’automobile ; le pays a également creusé les inégalités.

Également, bien que passé sous la barre des 10%, le chômage touche les jeunes urbains de manière importante, et le pouvoir d’achat des ménages de la classe moyenne a été réduit de manière importante du fait du tassement de la progression des rémunérations. Autant d’éléments, mis bout à bout, qui aboutissent à un paradoxe : d’un côté, le Maroc affiche des indicateurs économiques au vert. De l’autre, les voyants sociaux sont passés à l’orange.
 
 C’est pourquoi le Royaume Chérifien souhaite désormais mettre en place un « nouveau modèle de développement » qui mettrait particulièrement l’accent sur le social, dans un contexte où les grands travaux d’infrastructures ne permettent plus d’accroitre l’employabilité des jeunes. A cet égard, le roi du Maroc devrait constituer auprès de lui lors des prochaines semaines une commission spéciale constituée de personnalités, chargée de conceptualiser et d’élaborer un « nouveau modèle de développement ». Cette commission royale serait un peu à l’image de celle qui fut pilotée par Jacques Attali en France en 2008, qui avait alors pour rapporteur un jeune inspecteur des finances de tout juste trente ans : Emmanuel Macron.

Au Maroc également, un vent de rajeunissement devrait frapper l’exécutif ainsi que la haute administration dans les mois à venir, le chef de l’Etat ayant demandé qu’un vaste mouvement soit opéré à la tête des principales institutions du Royaume afin d’accompagner la réorientation des politiques sociales du pays.

En ce sens, l’INDH s’attache à placer le citoyen marocain au cœur du processus de développement, en faisant de lui la finalité essentielle des politiques publiques. « L’Initiative nationale pour le Développement humain, constitue un modèle à suivre, par ses interventions transversales et son rôle de levier majeur du développement social », a ainsi indiqué le souverain marocain, dans un message adressé aux participants aux premières Assises nationales du développement humain, qui se sont tenus les 19 et 20 septembre dernier à Skhirat, dans la banlieue de la capitale Rabat.

Lors de ces assises nationales sur le développement humain, ont été examinées les questions de gouvernance, de financement, de formation pour que, in fine, soit améliorée la qualité des prestations sociales, que soient encouragées la libre entreprise et la créativité, que soit suscitée une prise de conscience accrue chez les catégories ciblées.

La petite enfance au cœur des nouvelles priorités

Dans ce contexte, c’est la petite enfance qui sera au cœur de la nouvelle stratégie de mise en œuvre de l’INDH ; qui s’étalera de 2019 à 2023. Si le Maroc a certes consenti des efforts considérables pour la prise en charge de la petite enfance - en réduisant notamment le taux de mortalité infantile, en résorbant le retard de croissance, en améliorant l’alimentation et l’accès à l’enseignement préscolaire et aux soins de santé- tout ceci reste encore insuffisant. La plupart des experts estiment que la faible convergence des politiques publiques en ce domaine, ainsi que l’éparpillement des initiatives n’a pas encore permis d’atteindre les résultats escomptés.

 Un état de fait qui est par ailleurs accentué par les disparités spatiales et socio-économiques ; et c’est précisément pour remédier à cette situation critique que la réforme de l’INDH a été décidée par Rabat.  
A l’issue des travaux, les Assises nationales du développement humain ont permis d’annoncer de nouveaux objectifs qui visent à améliorer les conditions de la petite enfance. Ainsi, pour les cinq prochaines années,  la nouvelle phase de la stratégie marocaine de développement humain va cibler la petite enfance avec comme objectifs la création de 10.000 unités de préscolaire et la réhabilitation de 5 000 autres unités,  pour une capacité d’accueil de 300.000 enfants âgés de 3 à 5 ans. Pour ce faire, une enveloppe de 230 millions d’euros a été mobilisée, et un dispositif de veille a été mis en place par le ministère de l’intérieur ; en charge de piloter la mise en œuvre du programme ; en raison notamment d’un plus important maillage du ministère, en particulier dans les zones rurales ou reculées.

Depuis son lancement en 2005 ; l’INDH a bénéficié à plus de dix millions de bénéficiaires à travers différents projets et programmes, qui ont mobilisé une enveloppe de plus de 100 milliards DH (plus de 10 milliards d’euros). Avec le nouveau coup d’accélérateur donné par le Roi à l’INDH, le Maroc veut ainsi réussir son virage social tout en préservant sa stabilité macro-économique.




1.Posté par Abdallah CHAHIR le 06/10/2019 18:51 | Alerter
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Pour être plus plus result obtaining ,L'INDH au Maroc devra être gérée dans une perspective de Project Management , telle qu'appariait dans mon livre "Managelmet de Projets : Techniques et Outils d'Analyse "
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