Journal de l'économie

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Du danger d’importer un conflit (et ses travers et solutions)… en France





Le 16 Mai 2021, par Nicolas Lerègle

Assez régulièrement le conflit israélo-palestinien vient se rappeler à notre bon souvenir.


Image :iRreMMO.org
Image :iRreMMO.org
Le confinement, et cette année si particulière que fut 2020, nous l’a un peu fait oublier, mais il est de retour en ces premiers jours de mai 2021. Et, comme en 2014, ce conflit vient s’insérer dans l’actualité politique franco-française. Avec d’un côté une gauche altermondialiste avec les droits de l’homme en bandoulière qui s’insurge contre tous actes de défense israéliens alors même qu’ils émanent de décisions prises par un gouvernement démocratiquement élu. Et, d’un autre bord, des partis de droite, voire plus, qui sont partagés entre le soutien à un pouvoir fort qui les fait rêver et un vieux fond d’arabo-tropisme, qui les fait balancer de l’un à l’autre dans leurs soutiens ou oppositions. Heureusement, presque, que Trump est passé par là, car, avec son action, des pays arabes ayant noué de vraies relations diplomatiques avec Israël ceci atténue leur choix de sophiste.

On peut souhaiter que les Palestiniens aient un état ou une vie paisible, cela serait naturel, mais on ne peut pas ignorer que le Hamas qui contrôle Gaza, dont l’allié est le Hezbollah libanais, est avant tout une organisation radicale et terroriste. Ce n’est pas un mouvement de résistance à une occupation dans la mesure où il contrôle politiquement, économiquement et religieusement un territoire aux frontières définies, qu’il dispose de ses propres administrations et infrastructures. S’il a su se revêtir des apparences de la légitimité, et mieux se maintenir que l’État islamique en Irak il partage en grande partie les vues de ce dernier et use assurément des mêmes moyens pour exister.

Mais cela de nombreux partis politiques et « intellectuels » français refusent de le voir et pratiquent un amalgame entre Palestiniens en tant que peuple et les membres palestiniens du Hamas.

C’est de bonne guerre, si on ose dire, pour créer un débat, mais c’est surtout particulièrement dangereux. Car il n’y a pas de meilleure façon d’importer en France un conflit étranger et d’amener des communautés à se dresser les unes contre les autres. Le souvenir des manifestations de 2014 de soutien au Hamas à Paris ne doit pas nous faire oublier que les cris de haine à l’égard des israéliens et des juifs étaient accompagnés de drapeaux français brûlés et autres manifestations anti-françaises intolérables au nom de notre société et tolérées au nom de nos libertés publiques.

Il est donc normal que, cette année, le ministère de l’Intérieur ait demandé, à Paris, l’interdiction d’une manifestation en elle-même porteuse des germes de troubles à l’ordre public. Il est anormal que des partis situés à la gauche de l’échiquier politique s’embrasent en criant au viol des libertés publiques semblant être frappés de cécité ou de complaisance quant au sous-jacent islamo-gauchiste de ces manifestations. Rappelons qu’elles ont souvent débouché sur des débordements visant la communauté juive tant à Paris qu’en périphérie ou un antisionisme affiché masque un antisémitisme avéré.

L’édition 2021 n’a pas fait exception à la règle avec débordements et heurts entre manifestants interdits de manifester et forces de l’ordre.

Une autre raison devrait nous amener à observer ce qui se passe actuellement entre Israël et sa périphérie gazaoui comme une possible préfiguration de ce qui pourrait arriver en France si nous n’y prenons pas garde.

On ne peut pas constater sans réagir la création, non pas de zone de non-droit, mais plus simplement de territoires dans lesquels notre droit commun n’a pas cours, soit parce qu’il est remplacé par une loi de la jungle de nature criminelle, soit, car il s’est vu substituer une charia qui ne dit pas son nom. Ces enclaves incontrôlées en profondeur constituent de véritables bases arrière pour des terroristes et autres agitateurs. Il est de bon ton d’en nier l’existence, mais y compris dans Paris des zones sont aujourd’hui hors de tout contrôle.
Que l’État ait une part de responsabilité dans ces situations locales est indéniable. Des carences dans les infrastructures, des défaillances de services publics, le clientélisme politique local, de droite comme de gauche, les phénomènes de solidarité communautaire quand ce n’est pas tout simplement la peur de représailles sont autant de raisons qui ont pu perdurer et ancrer de telles évolutions dans le temps. Les assassinats d’un professeur, d’une fonctionnaire de police ne sont pas que des actes isolés. Ils sont des marqueurs d’une radicalisation d’un individu portée par une communauté allant de sa famille proche à un entourage plus éloigné et aux multiples facettes, religieuse, économique, amicale, nationale…

Que l’État ne fasse rien serait incompréhensible même si c’est une éventualité à ne pas déconsidérer.

Les politiques publiques dans ces territoires essayent de traiter des symptômes sociaux et non leurs causes où, de plus en plus, le fait religieux prédomine. Il y a du saupoudrage de subsides comme un Diafoirus prescrirait des potions sans effet. Or, une politique efficace n’est pas nécessairement une politique forte établissant un rapport de forces. Ces derniers ne sont de toute façon que rarement au bénéfice d’une démocratie qui offre tant de libertés et de contre-pouvoirs bien intentionnés qui aboutissent parfois à privilégier la sauvegarde des droits des criminels potentiels à la protection de la victime présumée. Une politique efficace est celle qui extirpe le problème et lui fait perdre toute capacité d’influence et de séduction. Une politique efficace et celle, surtout, qui accepte de prendre des mesures, au nom de l’intérêt général, en rapport avec la menace.
  • On pourrait imposer des couvre-feux durables dans certains territoires le temps pour les services de police de faire leurs enquêtes et de proposer des mesures pour éloigner durablement les personnes suspectes – sans pour autant les priver de leurs droits à être défendues. Comme le rappelait le président Mao, il faut parfois assécher le marais pour capturer le poisson.
  • On pourrait imposer le port permanent de bracelets électroniques aux mêmes individus « fichés » qui seraient ainsi traçables en permanence, et bien moins en position de passer à l’acte…on fait bien des bracelets d’alerte géolocalisés pour prévenir les violences conjugales alors pour prévenir le terrorisme,
  • On pourrait généraliser un passeport intérieur biométrique permettant de suivre des déplacements et éventuellement de procéder à des recoupements de rencontres et de contacts, les « gens du voyage » savent ce qu’il en a été de 1912 à 2015.
  • On pourrait interdire l’accès au territoire métropolitain de personnes radicalisées qui se verraient physiquement éloignées de leurs terrains de prédilection pour être isolées et éloignées de la métropole dans des centres de détention en Terre Adélie ou à Clipperton si l’ile du Diable n’est plus aménageable…ou ailleurs.
  • On pourrait interdire tous les rassemblements communautaires ou religieux à visées politiques susceptibles de remettre en cause l’ordre social,
  • On pourrait interdire toutes les écoles coraniques et autres centres de formation, « hors contrat » qui n’en ont que le nom, qui participent au vu et au su de tous à des pratiques d’endoctrinement hors de tout contrôle,
  • On pourrait en somme rendre invivable la France pour ceux qui, de toute façon, souhaitent nous la rendre invivable.
 
On peut être certain que le gouvernement qui aurait le courage de les prendre, en acceptant la part d’erreur et d’incertitude liée à la mise en œuvre de telles dispositions, serait sous le feu nourri d’une opposition d’autant plus remontée qu’elle en redouterait le succès.

Tout cela bien évidemment peut sembler des mesures un peu radicales, excessives, voire réactionnaires.

Maintenant cela fait plus d’un an que les citoyens « normaux » ont vécu et vivent avec un couvre-feu, des magasins fermés, des masques, des attestations dérogatoires, des interdictions de déplacement, du télétravail obligé, des passeports sanitaires, des gares surveillées, des aéroports peu utilisés, des écoles fermées, des lieux de culte d’accès restreint, des cinémas, théâtres, musées, salles de spectacles fermés…

Clairement, ce qui a été accepté, par le plus grand nombre, pour des raisons de « guerre » sanitaire, sans que les citoyens y voient une atteinte insupportable à leurs libertés démocratiques et que soient suspendus les mécanismes assurant la préservation de nos droits pourrait très bien devenir la norme contraignante imposer à tous ceux qui voudraient propager le virus du terrorisme, du communautarisme, du séparatisme.

On peut se battre pour que puisse s’exprimer celui qui ne partage pas vos opinions, mais on ne va pas se battre pour celui qui rêve de vous interdire d’exprimer vos opinions, celui-ci il faut le sortir du jeu.

Si on ne le fait pas, rien ne dit qu’un jour, l’armée, effectivement, soit sollicitée, à la demande d’un politique désorienté, pour rétablir l’État de droit. Il serait bon qu’on n’arrive pas à cette extrémité, car là pour le coup on aurait vraiment réussi à importer un ersatz du conflit israélo-palestinien en France et donc adopter, pour le traiter, des moyens identiques à ceux utilisés dans un là-bas qui serait devenu si proche.



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