Journal de l'économie

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En France l'origine sociale crée des inégalités





Le 6 Juillet 2018, par Marie-Eve JAMIN

Selon une étude de France Stratégie, les « inégalités de chances » sont « importantes » dans l'Hexagone. En effet, il est très difficile pour les enfants d'ouvriers d'obtenir un diplôme et donc des rémunérations élevées par la suite.


Pas d'égalité des chances entre les individus d’origine sociale différente

Plus son origine sociale est modeste, moins l’individu a de chances d’avoir un niveau de vie élevé, selon une étude de France Stratégie, publiée ce jeudi 5 juillet 2018. Principal enseignement, la France peine à garantir l’égalité des chances entre les individus d’origine sociale différente. Pour parvenir à ce résultat, l’organisme a tout de même étudié le niveau de vie de 80.000 personnes âgées de 27 à 44 ans (qui sont donc nés durant la période 1970-1984), en fonction de la profession de leur père.

Le fils d'un ouvrier a-t-il autant de chances de devenir un dirigeant qu'un fils de PDG ? En théorie, oui, mais en pratique, cette étude tend à prouver l'exact contraire. Ainsi, « parmi les 10 % les plus modestes, plus de la moitié (60 %) sont des enfants d’ouvriers », explique le rapport. Et ils ne représentent que 18 % des plus aisés. A l’inverse, les enfants de cadres supérieurs sont largement surreprésentés dans les tranches les plus élevées du niveau de vie.

Les enfants d'ouvriers sont 21% parmi les 10% des Français les plus riches

L'ascenseur social français semble ainsi en panne. « L’origine sociale a un effet très discriminant sur l’accès à un niveau de vie élevé, mais aussi sur le risque de faire partie d’un ménage pauvre », estime France Stratégie. En outre, l'effet de l’origine sociale sur le niveau de vie est fortement lié à l’influence du diplôme. En résumé, plus on vient d’un milieu modeste, moins on a de chances de faire de longues études et par conséquent d’avoir accès, à l'avenir, à des rémunérations élevées. 

Il ne faut pas perdre espoir pour autant. Mais même s'il est évidemment possible pour des enfants d’ouvriers de devenir patron, ces derniers restent tout de même sous-représentés pour cette génération précise. Ainsi selon ce rapport, leur part dans l’ensemble de la population est de 43%, elle est d’à peine 21% parmi les 10% des Français les plus riches et de 60% chez les 10% des Français les plus pauvres. 
 

Un niveau de vie moyen de 1 000 euros par mois inférieur pour un enfant d'ouvrier non qualifié

Dans le détail, l'origine sociale s'avère le facteur le plus déterminant. À sexe, âge et origine migratoire égales, l’écart moyen de niveau de vie entre un enfant de cadre et un enfant d’ouvrier non qualifié s’élève à 1 000 euros par mois. En outre, il existe un phénomène que l'on appelle l'« homogamie sociale » : les individus d’origine peu favorisée sont plus souvent en couple avec des personnes d’origine peu favorisée, et donc peu diplômées.

Fabrice Lenglart, commissaire général adjoint de France Stratégie, apporte son regard de professionnel et distille ses conseils ainsi : « Il faut assurer l’égalité des chances éducatives donc l’accès à tous les enfants aux études supérieuresAujourd’hui, ne pas obtenir de diplôme en France devient extrêmement pénalisant. » Et de préciser que l’accès à l’université ne « suffit pas » : « Il faut aussi investir dans la petite enfance. »




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