Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

Entretien avec Ignacio de la Torre : "Nous vivons le début de la fin de « l’argent bon marché » !"





Le 7 Novembre 2018, par Jean-Baptiste François

Le 13 juin dernier, Ignacio de la Torre, Directeur des masters de Finance de la prestigieuse IE Business School s’est rendu à Paris. Cette école formant l’élite européenne, a été classée par le Financial Times 3e école européenne juste derrière HEC Paris. Il y a donné une conférence sur la fin de l’argent bon marché, et une remontée probable des taux.


Ignacio de la Torre
Ignacio de la Torre
Actuellement, les taux d’intérêt sont très faibles. Vont-ils le rester ? Quel est votre point de vue à moyen terme ?
Nous vivons le début de la fin de « l’argent bon marché » ! Les banques centrales sont en train d’augmenter les taux d’intérêt à court terme, ou vont le faire l’an prochain. Les fondamentaux de la FED le montrent clairement. Si vous avez un crédit à faire, dépêchez-vous, car dans les mois qui viennent il est très probable que nous assistions à une augmentation rapide des taux d’intérêt.

Avec l’augmentation de l’activité des États-Unis, et la probable hausse des taux d’intérêt, l’inflation va-t-elle suivre le même chemin et donc augmenter ?
L’inflation aux États-Unis est environ de 2,8 %. La FED doit réagir et donc augmenter les taux d’intérêt. L’inflation devrait donc suivre une tendance à la hausse en dépassant les 2 % en Europe.

Quels sont vos conseils pour des investisseurs ? Quels secteurs semblent être les meilleures options pour investir ?
Restez prudent ! Les valorisations élevées des actifs financiers combinés aux taux d’intérêts croissants ne feront pas bon ménage. À titre personnel, je garderais mon argent en compte courant placé sur des placements à court terme et à taux variable.

Récemment classé parmi les meilleurs masters de finance au monde par le Financial Times, le Master in Finance de IE Business School se présente comme un programme d’excellence, innovant dans l’aire de son temps. En tant que directeur du Master de Finance (MIF), pourriez-vous nous présenter comment le programme est structuré ?
Notre master de finance « pré-expérience » dure 10 mois et est divisé en 3 parties. Dans un premier temps, deux périodes de 4 mois sont consacrées aux fondamentaux de la finance. Ils sont suivis, d’une période de spécialisation de 3 mois. Nos étudiants peuvent alors choisir entre trois majeures : finance d’entreprise, finance d’investissements ou encore Fintech. Cette période s’organise en cours d’électifs. Le choix est très large puisque le programme offre 60 cours optionnels permettant une très large variété de combinaisons.

Quels sont les particularités et les points forts du programme ?
Nos programmes ont un objectif professionnalisant, permettant une employabilité rapide. C’est pourquoi 90 % de nos professeurs sont aussi des acteurs de la finance. Ils ne sont pas seulement des académiques, mais ont aussi des implications réelles dans le monde de la Finance. Pour ma part, en plus de mes activités académiques je suis aussi associé chez Arcano une entreprise espagnole de conseil financier. Par ailleurs, le programme est intense. C’est pourquoi le niveau d’implication demandé à nos étudiants est exigeant. Les niveaux minimums exigés sont très élevés : seuls les meilleurs profils correspondent à nos critères (GMAT moyen 685). Nous avons conçu d’un point de vue académique un programme répondant aux besoins du marché. Ainsi nos étudiants trouvent des emplois dans les meilleures entreprises des secteurs financiers et bancaires mondiaux.

Vous venez de lancer une spécialisation en « finetech ». Pourriez-vous nous la présenter ? Quels en sont ces spécificités et ces avantages ?
Comme tout autre secteur, la finance est confrontée à l’avancée technologique : Blockchain, initial currency offerings (ICO), les algorithmes de trading,…. Ces outils font aujourd’hui partie du monde de la finance. Étudier les « Fintech » permet donc de les maîtriser ce qui est devenu aujourd’hui indispensable au quotidien. De bonnes bases en finance combinées à une spécialisation en « fintech » sont l’option gagnante pour occuper un poste de premier plan.

Quels profils recherchez-vous pour ce programme ?
Nous recherchons des personnes avec des esprits quantitatifs, c’est pourquoi, comme je le disais précédemment, un GMAT élevé est exigé. Une motivation pour la finance est évidemment indispensable. Par ailleurs, nous valorisons les candidats possédant des expériences internationales. La diversité est un véritable pilier de l’enseignement à IE, puisque 130 nationalités sont présentes sur nos campus totalisant près de 90 % d’étudiants étrangers.

Une fois diplômés, que deviennent vos anciens étudiants ? Quelles sont leurs opportunités futures ?
La majorité de nos étudiants travaillent en banques d’investissements, hedge funds et private equity. Notre corps professoral composé en partie de professionnels, nos partenariats et notre service carrière de IE University facilitent l’insertion professionnelle. Les meilleures entreprises se déplacent sur notre campus pour recruter. Certains de nos diplômés travaillent par exemple chez JP Morgan, Morgan Stanley, BCG, McKinsey, Deloitte ou encore KPMG.




1.Posté par raoul le 15/11/2018 10:14 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Intéressant

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Le JDE promeut la liberté d'expression, dans le respect des personnes et des opinions. La rédaction du JDE se réserve le droit de supprimer, sans préavis, tout commentaire à caractère insultant, diffamatoire, péremptoire, ou commercial.

France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising








Les entretiens du JDE

Les entretiens du JDE

La crise des gilets jaunes analysée par Eric Delbecque

Les gilets jaunes sont-ils populistes ? par Francois-Bernard Huyghe

Christian Aghroum : Gilets jaunes et mobilisation numérique

Philippe Schleiter: "faire réussir des choses extraordinaires par des gens ordinaires"

Gilles Imbert, groupe Interconstruction : « Les promoteurs indépendants sont obligés, plus que les autres, de tenir leurs engagements »

Loïk Le Floch-Prigent : « En finir avec le dérèglement industriel »

Florent Skrabacz, CEO de Shadline : « L’invisibilité des données est la clé de la résilience numérique »

Général Soubelet : « Traitons les vrais problèmes, ne poussons pas les Français à la révolte »









Rss
Twitter
Facebook