Journal de l'économie

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J’ai deux amours…





Le 11 Octobre 2020, par Nicolas Lerègle

En élisant des maires écologistes revendiqués ou sympathisants (Paris, Lyon, Bordeaux…) on peut se demander si les électeurs s’attendaient à entrer dans une démarche masochiste conséquence du sadisme de leurs élus.


J’ai deux amours…
Tout à coup, l’écologie, que beaucoup voyait comme une approche douce de la société permettant de redonner à celle-ci une couleur naturelle, s’est revêtue, pour les habitants de ces villes des oripeaux d’une secte dogmatique. En bannissant les sapins de Noël pour éviter les arbres morts le maire de Bordeaux va-t-il aussi remplacer les meubles XVIIIe de la mairie par du Formica ? En excluant les voitures et en rêvant de villes-musées peuplées de marcheurs forcés Hidalgo veut-elle faire de Paris un Pyongyang-sur-Seine. Toutes ces politiques sont portées par des excités et excitées ayant remisé au fond de leur tiroir le « traité sur la tolérance » de Voltaire.

Quelle désillusion, aux Parisiens qui se sont abstenus à 65 % lors des dernières municipales a répondu la folie d’une équipe municipale qui, « forte » de son mandat, obtenu avec 15 % des voix des habitants, fait comme si de rien n’était et qu’elle avait carte blanche pour transformer Paris. Les autres villes, et leurs habitants, savent ce qui les attend, une ville verte tendra à devenir une ville morte. Dire que certains pensaient que l’écologie pouvait être apolitique et juste un état d’esprit et de comportements raisonnés là aussi c’est une désillusion. L’écologie pratiquée est punitive, incohérente et mise au service d’ambitions qui font peut, celle des maires de Paris, Bordeaux, Lyon ou Grenoble de se voir à l’Élysée !

Mais à cette écologie de combat voici que, depuis quelque temps, s’est greffée, comme allié politique, une approche sociétale des plus surprenante celle de l’intolérance portée comme une preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit. Les féministes et autres thuriféraires LGBTQ s’érigent maintenant en donneurs et donneuses de leçons (je suis contre l’écriture inclusive !) dénonçant tout à coup un adjoint au maire qui aurait déjeuné avec un écrivain has been avec des pancartes « pedoland » semblant découvrir ce qu’est Paris depuis Delanoë.

La récente sortie de l’autrice du « génie lesbien » Alice Coffin ne peut que laisser pantois. Un tel déluge d’inepties et de certitudes intolérantes visant la moitié du genre humain rappelle les propos d’Audiard sur « ces cons qui osent tout »… pas de souci pour y reconnaitre Alice Coffin. Confinons Coffin car pour son génie on repassera. Maintenant Alice Coffin est aussi élue locale – écologiste – parisienne ce qui démontre, encore une fois, une grande clairvoyance de la part d’Anne Hidalgo et donne à son entourage une couleur autant Gribouille qu’arc-en-ciel.

Paris est devenue en l’espace de quelques mandatures une ville qui part en vrille et dont les habitants se perdent entre les rues qui ferment, les axes de circulation déroutants, les pistes cyclables devenues dangereuses et les circulations dites douces qui se révèlent porteuses d’une forte agressivité partagée entre piétons et usagers.

Prenez le métro, qui ne s’est pas encore adapté à la disparition programmée des voitures et, regardez les panneaux publicitaires. Il y a quelques mois encore l’Oise, l’Yonne, les Cévennes, la Seine-et-Marne… Chantilly, Reims, Alès et autres vous incitaient à venir les découvrir le temps d’un week-end. Aujourd’hui, les mêmes vous invitent à vous y installer, même Alès c’est peu dire, arguant d’un cadre de vie agréable, de communications aisées, d’un coût de la vie économique, d’une proximité de Paris via le TGV qui n’est plus obstacle.

Cela est très révélateur non seulement de la vision qu’ont les Territoires mentionnés de la vie à Paris, mais aussi d’une réalité qu’il serait dangereux de nier. Les agences immobilières de l’Oise, Seine-et-Marne et autres départements de la seconde couronne croulent sous les demandes de Parisiens souhaitant « autre chose ».

Paris-Bordeaux à 16 € en train ne peut pas rebuter le télétravailleur parisien à qui son entreprise demande de rester chez lui entre un à trois jours par semaine. De même qu’un Paris-Reims en 45 min, et les candidates sont nombreuses, Chartres, Rouen, Rambouillet, Fontainebleau, Tours… pour jouer sur la corde du beurre, un cadre de vie plus plaisant, l’argent du beurre, tout (sauf parfois les impôts locaux) est plus proche et moins cher, et le baiser de la crémière - on peut continuer à travailler sur Paris avec la rémunération en rapport -. Le calcul est vite fait la semaine travaillée nécessite plus une résidence secondaire à quelques kilomètres qu’une résidence principale urbaine onéreuse à proximité immédiate.
Ce raisonnement les entreprises le font aussi, même si cela n’est pas encore très visible si on excepte bien entendu dans nos rues les hôtels fermés, les restaurants à vendre, les fonds de commerce à céder, les salles de sport closes, les cinémas et théâtres peu fréquentés, les premières données annonçant une baisse des prix…

Les bureaux se vident et avec eux leur environnement économique immédiat. Pour une entreprise le dilemme est simple soit multiplier par trois sa superficie de locaux, soit la diviser par deux et généraliser le télétravail. On laisse deviner le choix, certainement durable, qui est fait.
Résumons-nous une capitale gérée par une équipe dogmatique composée de socialistes honteux, d’écologistes acharnés, de lesbiennes déjantées, d’homosexuels discrets et, récemment la presse s’en est fait l’écho, d’obsédés sexuels agressifs… l’ensemble constituant une armée mexicaine d’adjoints aux intitulés de titres tous plus exotiques les uns que les autres. Une capitale qui fait de la voiture et des motos les ennemies à combattre au prix de fermetures aux véhicules de rues, de réorganisation brouillonne des voies de circulation, de voies sur berges piétonnes et de quais qui le seront bientôt et d’un périphérique prochainement mué en vélodrome. Ajoutons que vouloir faire de Paris une ville musée au moment où il n’y a presque plus de touristes relève d’une pratique assidue de la méthode Coué et d’une négation complète des réalités économiques d’une ville-Capitale.

Cyniquement si je suis parisien habitant dans le Marais et travaillant sur site je ne pourrai qu’être ravi, « ma » ville ne sera plus envahie par ces maudits banlieusards ou familles parisiennes utilisant leurs véhicules pour circuler.

Maintenant si je ne suis pas dans cette « niche » je ne peux que constater les dégâts et, la mort dans l’âme, me demander si moi aussi je ne dois pas aller voir ailleurs si je pourrais y être.
« J’ai deux amours, mon pays et Paris » chantait Joséphine Baker… aujourd’hui pour le parisien dépité cela serait plutôt « j’ai trois amours, mon pays, Paris et là où j’habite ! ».
 



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