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Jean-Marc Avezou, président de DITRIMAG : « Pour les grands acteurs de l’injection des flux de courrier, nous sommes le chaînon final… ou le chaînon manquant »





Le 29 Juin 2018, par La rédaction

Tandis que le volume de courrier des particuliers ne cesse de diminuer, le courrier industriel (imprimés publicitaires, factures ou relevés bancaires, etc.) demeure un marché florissant où règnent quelques grands acteurs, comme ADREXO ou MEDIAPOST qui se partagent l’essentiel de la distribution des courriers non adressés, ou comme DITRIMAG, qui est le leader sur le secteur de la massification des plis adressés pour le compte des routeurs et qui détient une position clé dans ce secteur en voie d’hyperconcentration. Rencontre avec Jean-Marc Avezou, président de DITRIMAG.


Jean-Marc Avezou, vous êtes président de DITRIMAG, société que vous avez reprise il y a plus d’un an. Comment s’est opéré votre passage de grands groupes industriels comme ITW à une PME?
J’ai en effet repris DITRIMAG en juin 2017 après un parcours dans l’industrie chimique et dans la construction. Notamment comme président de ITW Chemicals Europe puis président de ITW SPIT en 2012, société française qui fabrique pour le secteur du bâtiment des produits de clouage, de fixation et de scellement, ainsi que de l’outillage électroportatif. Au sein de ce groupe multinational, j’ai eu la chance de pouvoir exprimer mes qualités de manager dans des unités d’une taille comparable à une PME comme DITRIMAG. Voilà le vrai lien avec mes activités précédentes. La reprise de DITRIMAG a été pour moi une opportunité entrepreneuriale, mais aussi, et surtout, un défi managérial.
Comment se porte aujourd’hui DITRIMAG?
Ayant connu quatre patrons depuis sa création en 1975, dont trois dans les dix années précédant mon arrivée, l’entreprise avait besoin d’un manager apte à remobiliser ses équipes et à pérenniser l’activité. C’est chose faite. Après avoir connu un léger repli dans les mois précédant mon rachat, DITRIMAG a regagné depuis des parts de marché et reste une entreprise profitable.
En quoi consiste concrètement votre activité et qui sont vos clients?
Notre activité consiste principalement à regrouper, ou massifier, de gros volumes de plis afin de faire baisser le coût unitaire d’affranchissement postal de chaque envoi. Nous apportons en outre des services de simplification, de traçage et de qualification des plis qui justifient une rémunération de la part des opérateurs postaux. Nos clients sont les routeurs-conditionneurs, avec qui nous occupons les chaînons les plus en aval de la filière postale — c’est-à-dire juste avant La Poste, pour laquelle nous sommes le chaînon final avant l’injection dans leur réseau.
Quelle est la place de DITRIMAG dans la chaîne de valeur de la filière postale?
DITRIMAG tient une position clé dans la chaîne de valeur de la filière postale. Avec une soixantaine de collaborateurs (sans compter une trentaine d’intérimaires pour les pics d’activité) qui, pour la plupart, sont présents dans l’entreprise depuis longtemps, et grâce à un savoir-faire unique qui associe le tri manuel aux applications les plus récentes en matière de lecture optique, DITRIMAG est capable de traiter annuellement près de 200 millions de plis. Et nous sommes ainsi le leader de la massification du courrier adressé publicitaire. Nous massifions en effet près de 70 % des plis marketing adressés en France. DITRIMAG est un maillon incontournable sur ce segment étroit, mais très utile et rémunérateur, du regroupage.
Quels sont les autres acteurs de la massification en France?
Pour la massification du courrier adressé, les acteurs sont de moins en moins nombreux, pas plus de quatre significatifs aujourd’hui, parmi lesquels DITRIMAG qui est en position de leader. La concentration est encore plus forte pour le courrier non adressé — le marché des imprimés sans adresse (ISA) — c’est-à-dire de la publicité mise directement dans les boîtes aux lettres, avec deux grands acteurs : MEDIAPOST, filiale de La Poste, et ADREXO, le distributeur racheté fin 2016 par les dirigeants de Colis privé, Fréderic Pons et Eric Paumier.
Sur ce marché de plus en plus concentré, quel avenir pour DITRIMAG?
La massification du courrier adressé est menacée par la baisse unilatérale de la rémunération consentie par La Poste pour les opérations de tri. En tant que leader, DITRIMAG conserve néanmoins des atouts solides et durables dans le domaine du service aux routeurs : notre expérience incomparable dans la massification du courrier adressé, notre personnel aguerri, nos machines de tri et nos espaces de stockage bien situés en périphérie de Paris…
La distribution du courrier non adressé, elle, a le vent en poupe, car l’imprimé publicitaire demeure le premier média de France. Un distributeur comme ADREXO dispose de ressources très importantes en livreurs, véhicules, infrastructures et technologies digitales qui l’incitent à les utiliser aussi dans le courrier adressé, pensant qu’une place existe en parallèle de La Poste. DITRIMAG pourrait y représenter le chaînon manquant.
Compte tenu de votre position clé sur le marché du courrier adressé massifié, avez-vous été approché pour un rachat éventuel?
Oui, nous avons été approchés par des protagonistes de l’impression et du routage voulant réaliser une intégration verticale, notamment un gros routeur de la région Île-de-France. Mais nous nous refusons à entrer en concurrence avec nos clients. Nous souhaitons uniquement étudier un rapprochement avec un acteur qui pourrait développer notre marché, ou un marché connexe, et assurer ainsi un avenir à notre entreprise et à ses collaborateurs, si jamais la rémunération postale venait à s’amoindrir significativement. Nous n’en sommes heureusement pas là aujourd’hui, le courrier papier connaissant un net regain de forme par rapport aux emails, pour le plus grand bonheur des employés de DITRIMAG.




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