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Karine Schrenzel, PDG des 3 Suisses : « L’envie d’entreprendre est un sentiment que j’ai toujours porté en moi »





Le 28 Mars 2019, par La rédaction

Karine Schrenzel, cofondatrice de Shopinvest parle au JDE de son parcours et de la volonté farouche qui l’a conduite, avec son mari, à reprendre les 3 Suisses, marque emblématique malgré une situation financière délicate.


Karine Schrenzel, vous avez créé votre entreprise en 2007 après un brillant parcours universitaire et 3 ans dans le monde de la finance, quelles ont été vos motivations pour entreprendre ?
 
L’envie d’entreprendre est un sentiment que j’ai toujours porté en moi. Je suis issue d’une famille qui m’a transmis cette fibre entrepreneuriale.
Il était cependant indispensable pour moi de réaliser quelques années d’apprentissage au sein d’une structure avant de me lancer véritablement dans l’entrepreneuriat. En ce sens, les trois années passées dans le domaine de la finance et du conseil ont été très formatrices. C’est une grande école de la rigueur qui m’a permis d’être au contact d’entrepreneurs talentueux qui m’ont profondément inspirée lorsque je me suis à mon tour lancée dans cette grande aventure.
 
Vous avez d’abord investi un secteur de marché particulier, celui des cosmétiques pour homme. Quel a été votre raisonnement derrière ce choix ?
 
Lorsque j’ai lancé le site Mencorner en 2007, l’offre des cosmétiques pour homme en ligne n’était alors qu’à ses prémices en France. La cible masculine était mal identifiée en tant que telle, et il n’existait pas de spécialiste de l’offre cosmétique pour homme en ligne. Contrairement à la cible féminine qui a une certaine appétence pour l’achat en magasins quand il s’agit de cosmétiques, j’ai observé qu’une grande proportion d’hommes achetait en ligne, et recherchait avant tout de l’accessibilité et de l’efficacité sur ce type de produits. Cela laissait entrevoir une belle opportunité de développement pour le e-commerce.
 
Aujourd’hui, les 10 entreprises de ShopInvest sont des pureplayer digitaux, pourquoi avoir repris les 3 Suisses qui rencontre de sérieuses difficultés financières et semble s’écarter de votre modèle économique ?
 
Depuis toujours, nous rêvions de reprendre une belle marque patrimoniale comme les 3 Suisses. Nous avions essayé de la racheter une première fois en 2016 et nous n’avons pas abandonné !
La marque 3 Suisses a des atouts exceptionnels, elle bénéficie d’une image de marque patrimoniale chère au cœur des Françaises, d’une confiance des consommatrices, mais aussi des fournisseurs qui croient au projet et sont prêts à nous accompagner avec conviction. Notre base de données compte 8 millions de clientes, dont 2 millions interagissent régulièrement avec la marque.
Notre ambition en reprenant les 3 Suisses est de transformer cette marque patrimoniale en une enseigne en phase avec son époque, à la fois digitale, moderne et humaine.
L’aventure Shopinvest nous a permis d’acquérir une grande expérience du développement des marques digitales. C’est un atout que nous saurons placer au service de la relance de la marque 3 Suisses.
 
 
Vous avez déjà annoncé le maintien du catalogue, un objet qui résonne toujours dans l’imaginaire des Français. Est-ce pour vous un outil important dans votre stratégie marketing et comment comptez-vous vous différencier des autres acteurs du marché ?
 
Le catalogue est un objet emblématique des 3 Suisses, mais surtout un vecteur d’émotions et un important canal de communication avec nos clientes. Nous faisons le pari de conserver le catalogue, mais sous un format plus agile, plus dynamique, avec des cycles de vie plus courts adaptés à notre nouvelle manière de consommer. C’est un outil important qu’il faudra apprendre à allier avec notre connaissance de la data afin de déterminer les préférences de chacun pour un support papier ou plutôt digital.
Il faut par ailleurs se défaire de la vision classique d’un digital désincarné. Nous sommes convaincus qu’il peut exister une alternative, à la fois française et émotionnelle, à l’achat en ligne efficace, mais froid, et à l’automatisation à outrance. Avec 3 Suisses, nous voulons démontrer que digital et humain peuvent parfaitement s’allier, dans le sens où le premier permet de connaître au mieux les attentes des consommatrices, de savoir ce qui leur plaît et ainsi de pouvoir leur proposer les meilleurs services. À nous de leur proposer un supplément d’âme, d’attention, de gentillesse, qui manque parfois cruellement au web.         
Nous sommes actuellement en train de travailler en ce sens, en collaboration avec les clientes 3 Suisses et les consommatrices françaises afin de leur proposer une offre au plus près de leurs attentes. Il est encore trop tôt pour dévoiler la teneur de ces innovations, mais le grand public sera très prochainement mis au courant…
 
Vous décrivez votre entreprise comme « méritocratique », mais vous êtes aussi sensible à une « gestion saine du travail », comment voyez-vous le rôle social de l’entreprise et quel style managérial appliquez-vous à vos collaborateurs ?
 
Lorsque nous avons entrepris de relancer les 3 Suisses, nous avons réuni nos collaborateurs afin que ceux-ci puissent réfléchir aux valeurs qui selon eux structurent l’entreprise, dans un projet de collaboration.
La solidarité entre les membres de l’équipe et la notion d’entraide ont été les premières valeurs citées et j’en suis très fière.
ShopInvest est une véritable aventure entrepreneuriale, dans laquelle nous nous sommes lancés avec mon mari Olivier, mais aussi la cinquantaine de collaborateurs qui travaillent avec nous. Chacun participe, s’entraide, et nous essayons d’encourager un véritable esprit d’équipe… D’autant plus important que le e-commerce nécessite une grande exigence dans les détails, ce qui implique un travail et un investissement de chaque instant pour nos collaborateurs.
 Le sens de la transmission vis-à-vis des collaborateurs est également une valeur cardinale de l’aventure 3 Suisses. Notre équipe est très jeune, nous fonctionnons en mode startup dans le sens où chacun se sent impliqué et met la main à la patte. Ce sont autant d’occasions de transmettre, d’apprendre, mais surtout de grandir ensemble.  
 
 
Auriez-vous un conseil à prodiguer à un futur entrepreneur qui hésiterait à se lancer ?
 
Si j’avais un seul conseil à prodiguer à un futur entrepreneur, ce serait la persévérance. La persévérance est la clé dans ces métiers où l’on se lance parfois dans l’inconnu et où les échecs sont souvent nombreux avant la réussite.
La reprise des 3 Suisses n’aurait d’ailleurs pas été possible sans persévérance. Depuis 2016, nous avions gardé cet objectif en tête et trois ans plus tard, l’aventure commençait ! 



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