Journal de l'économie

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L’acidulé





Le 1 Décembre 2023, par Carole Gaillard & Nicolas Lerègle

L’acidulé est un goût étonnant. Il replonge dans une enfance où on recevait des bonbons éponymes translucides que l’on suçotait pendant de longues minutes avant de pouvoir les croquer.


Image PxHere
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 On était dans un sucré particulier. Un sucré qui ne disait pas son nom, immédiatement reconnaissable sans pour autant être aisément définissable. De cette époque, je me rappelle aussi de boissons, comme l’une au goût « pomme-cassis » que reconnaitront certains qui oscillait au plus près de cette saveur si particulière.

L’acidulé peut être aussi un trait de caractère qui pique et de remarques qui pincent mélangeant comme dans un cocktail une pointe de causticité, une lampée d’humour, un zest de cynisme avec cet air de rien qui fait que la dégustation d’un « long island ice tea » peut sembler anodine, mais saura se rappeler à votre bon souvenir dans les heures qui suivront. L’acidulé cela pourrait être le titre du dernier disque d’Erik Truffaz.

Il s’intitule « Claps ! » reprenant plusieurs standards de musiques de films pour se les réapproprier en y ajoutant sa touche personnelle de trompette. Là où « Lune Rouge » affichait de l’exigence musicale dans la composition avec ce si superbe « she’s the moon », Clap ! prend le parti de la réappropriation d’airs, qui à force d’avoir été joués et entendus se sont confits dans nos souvenirs au point parfois d’en devenir indigeste, un peu comme – pauvre Vivaldi qui mérite mieux – ces Quatre Saisons qui égaillent tant d’attente téléphonique.

Le pari, risqué, d’Erik Truffaz a été de redonner à ces morceaux une seconde jeunesse ; le pari est réussi. Sa façon de revisiter le thème de Camille n’inspire aucun mépris comme celle de proposer du thème de Gerbier une mise en lumière qui tranche avec l’armée des ombres qui l’accompagnait jusqu’alors.

Le disque a donc cette saveur acidulée évoquée en préambule, une approche sucrée et rassurante de sonorités connues et puis au fil de l’écoute une légère acidité qui vient rappeler que nous ne sommes pas dans le terrain connu, mais dans un autre univers celui d’un jazzman qui met du cuivre et du souffle dans son œuvre.

Si je voulais être acidulé, je proposerais de savourer ce disque avec du vin de glace ou du cidre de feu, mais je vais surtout laisser Carole prendre la plume pour proposer, certainement sur ce thème de l’acidité maitrisée, une alliance certainement meilleure. Je suis d’accord, nous pourrions choisir un vin de glace, mais je vous propose plutôt un Quart de Chaume Grand Cru Château de Suronde issu du délicat cépage chenin, cépage Roi de la vallée de la Loire. Les notes acidulées qui se cachent derrière cette robe jaune or aux larmes sensuelles seront amplement présentes grâce à ce nez généreux et à cette bouche opulente sur des notes de fruits exotiques, de poires et surtout emplie d’une grande fraicheur ce qui apaise avec brio le sucre de ce vin .

Sucrosité et acidité n’est-ce pas finalement la définition de ce goût acidulé dont nous parlons et sur ce doux breuvage je vous suggère un Flor de Selva Coleccion Aniversario N° 20

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