Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

L'animateur Arthur réclame près de 300 millions d'euros à Nespresso





Le 18 Janvier 2024, par Aurélien Delacroix

L'animateur Arthur et d'autres investisseurs demandent une compensation financière de près de 300 millions à Nespresso pour des pertes subies en raison d'une bataille juridique sur les dosettes de café.


Une bataille juridique de longue haleine

En 2009-2010, le célèbre animateur télévisé Jacques Essebag, plus connu sous le nom d'Arthur, investit 8 millions d'euros dans Ethical Coffee Company (ECC), une entreprise qui commercialise des capsules biodégradables pour les machines Nespresso. Ce montant représente 5% des parts de l'entreprise. Cependant, cette initiative se heurte rapidement à l'opposition de Nespresso, filiale de Nestlé, qui domine alors le marché avec ses capsules exclusivement compatibles avec ses propres machines.

ECC, fondée par un ancien cadre de Nespresso, se lance dans une lutte pour introduire ses capsules sur le marché, déclenchant ce que la presse nomme la « guerre des dosettes ». Nespresso réagit rapidement en attaquant ECC en justice, arguant que la forme de ses capsules est une marque déposée et protégée. Par la suite, ECC se voit interdire la vente de ses dosettes en Suisse de 2011 à 2014, un coup dur pour la jeune entreprise qui voit ses concurrents prendre sa place sur le marché.

Nespresso de nouveau dans la tourmente

Malgré la levée de l'interdiction en 2014, ECC n'a jamais réussi à rattraper son retard sur le marché, conduisant à sa faillite en 2018. Un revirement survient en 2021 lorsque le Tribunal fédéral suisse juge l'interdiction imposée à ECC non fondée, la forme de la capsule ne pouvant être considérée comme propriété intellectuelle. Sur cette base, Arthur et les autres créanciers d'ECC réclament aujourd'hui 278 millions de francs suisses (environ 297 millions d’euros) à Nespresso pour le préjudice subi.

Une audience de conciliation est prévue le 20 février. Si aucun accord n'est trouvé, un long processus judiciaire de deux à trois ans pourrait s'ensuivre. Nespresso, de son côté, a pris acte de la situation sans commenter davantage les procédures en cours. Cette affaire remet sur le devant de la scène la protection de la propriété intellectuelle et l'impact des litiges sur l'innovation et la concurrence dans le secteur. 



Tags : Nespresso

Nouveau commentaire :
Twitter

Le JDE promeut la liberté d'expression, dans le respect des personnes et des opinions. La rédaction du JDE se réserve le droit de supprimer, sans préavis, tout commentaire à caractère insultant, diffamatoire, péremptoire, ou commercial.

France | Mémoire des familles, généalogie, héraldique | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising | Juris | Art & Culture | Prospective | Immobilier, Achats et Ethique des affaires | Intelligence et sécurité économique - "Les carnets de Vauban"



Les entretiens du JDE

Les Arpents du Soleil: un vignoble normand dans la cour des grands

Tarek El Kahodi, président de l'ONG LIFE : "Il faut savoir prendre de la hauteur pour être réellement efficace dans des situations d’urgence"

Jean-Marie Baron : "Le fils du Gouverneur"

Les irrégularisables

Les régularisables

Aude de Kerros : "L'Art caché enfin dévoilé"

Robert Salmon : « Voyages insolites en contrées spirituelles »

Antoine Arjakovsky : "Pour sortir de la guerre"











Rss
Twitter
Facebook