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L'avenir incertain de la prime à l'embauche des apprentis





Le 21 Mai 2024, par François Lapierre

Emmanuel Macron a promis de maintenir la prime de 6.000 euros pour les entreprises recrutant des apprentis jusqu'en 2027. Toutefois, face à la situation critique des finances publiques, des ajustements pour cette prime à l'embauche sont envisagés dès 2025.


Une modulation des primes à l'embauche selon le diplôme

Pour le budget 2025, plusieurs options sont à l'étude pour ajuster la prime à l'embauche des apprentis, rapporte La Tribune. La première piste consisterait à moduler le montant de la prime en fonction du niveau de diplôme des jeunes. Cette mesure vise à encourager l'embauche des moins qualifiés. 

Ainsi, une prime de 6.000 euros serait réservée aux alternants de niveau CAP, de 5.000 euros pour un bac pro et de 4.000 euros pour un bac+2. Le député Renaissance Marc Ferracci soutient cette approche : « Aujourd'hui, il y a des effets d'aubaine évidents à soutenir l'apprentissage des plus diplômés, qui n'ont pas de difficultés particulières à s'insérer sur le marché du travail. En pleine guerre des talents, même sans coup de pouce, les entreprises les embaucheront… »

Cette proposition suscite des inquiétudes chez les représentants du patronat, qui craignent une diminution de l'attrait pour les formations en alternance. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) souligne l'importance de ces formations pour les jeunes et les entreprises. La croissance du nombre de contrats d'apprentissage depuis l'introduction de l'aide en 2019 en est une preuve concrète. « S'en prendre à l'apprentissage n'est pas une bonne idée tant les formations en alternance sont plébiscitées par les jeunes comme par les entreprises », déclare la CPME.

Une autre option étudiée serait de différencier les montants de la prime en fonction de la taille des entreprises. L'objectif serait de réserver cette aide aux petites et moyennes entreprises, probablement jusqu'à 250 salariés. Les grands groupes tels que Total, Stellantis ou Airbus, qui affichent de bons résultats financiers, n'auraient plus besoin de ce soutien étatique pour recruter des apprentis. Cette proposition vise à optimiser l'utilisation des fonds publics tout en maintenant un soutien essentiel aux entreprises les plus vulnérables.

Un enjeu budgétaire crucial

Cependant, cette piste est loin de faire l'unanimité. Les petites et moyennes entreprises redoutent que la suppression ou la réduction de la prime nuise à leur capacité de recrutement. La CPME reconnaît « la nécessité de réduire les dépenses publiques », mais appelle le gouvernement à cibler les dépenses dont l'utilité n'est pas prouvée. L'inquiétude est renforcée par la récente suppression de la prime pour les contrats de professionnalisation, mise en place de manière exceptionnelle pendant la pandémie de Covid-19.

L'enveloppe totale des aides à l'embauche via l'apprentissage s'élève actuellement à 4 milliards d'euros. Le député Marc Ferracci estime qu'il est possible de réduire cette somme sans nuire à l'objectif d'avoir un million d'apprentis par an d'ici 2027. « Il y a moyen de baisser intelligemment la facture », assure-t-il. Le gouvernement vise à réaliser au moins 500 millions d'euros d'économies sur ce poste dans la loi de finances 2025.

Le patronat reste toutefois sceptique face à cette approche. Selon un ministre influent, les entreprises n'ont pas été suffisamment réactives sur des sujets importants tels que la réforme de l'assurance chômage, la loi immigration ou la réforme des retraites, malgré le soutien massif dont elles ont bénéficié pendant les crises du Covid et de l'énergie. Cette perception pourrait influencer les décisions à venir concernant les aides à l'apprentissage.




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