Journal de l'économie

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L'économie française va stagner en 2024





Le 8 Février 2024, par François Lapierre

L'économie française, marquée par une période de stagnation au cours des derniers mois de 2023, semble peiner à amorcer une reprise significative. L'Insee anticipe une légère accélération de la croissance du PIB à 0,2% pour les deux premiers trimestres de 2024, après une année marquée par une activité économique particulièrement atone.


Une croissance au ralenti malgré les espoirs de reprise

La projection de l'Insee, inchangée par rapport aux estimations de décembre, témoigne d'une reprise économique que Dorian Roucher, le nouveau chef du département de la conjoncture à l'Insee, qualifie de « très modérée ». Dans ce contexte, le gouvernement maintient son objectif de croissance à 1,4% pour l'année 2024, bien que cette prévision paraisse de plus en plus optimiste aux yeux des économistes. 

À l'échelle de la zone euro, la situation n'est guère plus réjouissante, avec des moteurs d'activité qui semblent au point mort, exacerbés par un choc inflationniste et un resserrement monétaire qui pèsent lourdement sur les perspectives économiques.

Le secteur des investissements ne présente pas non plus de signes d'embellie, avec une activité des entreprises à l'arrêt, impactée par la politique monétaire et un attentisme marqué des dirigeants. Cette atonie des investissements, observable depuis le début de l'année 2023, ne semble pas prête de s'inverser dans les mois à venir, malgré la résistance observée jusqu'alors.

Du côté de la consommation des ménages, un repli a été noté à la fin de l'année 2023, et cette tendance devrait se poursuivre au moins jusqu'au premier semestre de 2024. Cette situation affecte particulièrement les secteurs de la construction et de l'immobilier, déjà fragilisés par un environnement économique défavorable.

Investissements et consommation : entre prudence et repli

Sur le front des prix, une légère désescalade de l'inflation est attendue, avec une projection à 2,5% d'ici juin 2024. Ce reflux, porté notamment par une baisse de l'inflation des produits alimentaires et manufacturés, pourrait se rapprocher de l'objectif de 2% fixé par la Banque Centrale Européenne (BCE). Parallèlement, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a laissé entendre que la prochaine évolution des taux d'intérêt dans la zone euro serait orientée à la baisse, ce qui pourrait contribuer à alléger les pressions sur l'économie.

Malgré ces défis, l'Insee entrevoit une lueur d'espoir avec une consommation qui pourrait devenir le premier moteur de l'activité économique pour le premier semestre de 2024. Cette reprise potentielle de la consommation est soutenue par une amélioration de la confiance des ménages en fin d'année 2023, bien que leur niveau reste inférieur à la moyenne de long terme. Le taux d'épargne élevé, caractéristique des ménages les plus aisés, reste toutefois un frein à une relance significative de la consommation.

Même si l'économie française montre des signes de reprise timide, les incertitudes demeurent quant à la capacité du pays à surmonter les multiples défis qui se dressent sur son chemin. Entre prudence des investisseurs, consommation en berne et perspectives d'inflation modérées, la France se trouve à un point de bascule, entre espoirs de redressement et réalités économiques complexes.




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