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L'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu en redressement judiciaire





Le 26 Mai 2020, par François Lapierre

Camaïeu est la dernière enseigne à annoncer son placement en redressement judiciaire, en espérant pouvoir rebondir avec l'aide d'un repreneur. L'optimisme est cependant mesuré en raison de la situation dans le secteur de l'habillement.


Période d'observation de six mois

Le groupe Camaïeu rencontrait déjà d'importantes difficultés avant la crise sanitaire du coronavirus. Mais le confinement de deux mois et les mesures de restriction des déplacements ont eu raison des capacités de l'enseigne à poursuivre son activité. C'est la raison pour laquelle la société a été placée en redressement judiciaire mardi 26 mai auprès du tribunal de commerce de Lille. Le processus a été confirmé à l'AFP par Thierry Siwik, délégué syndical CGT, qui a ajouté que Camaïeu avait obtenu une période d'observation de six mois. Le temps de voir venir, et espérer une reprise par un repreneur.

L'enseigne de prêt-à-porter a été créée en 1984, elle compte 634 magasins en France et plus de 800 dans le monde. L'entreprise emploie 3.900 salariés rien qu'en France, dont 450 à son siège de Roubaix. D'après une source proche de la direction, le groupe n'a pas pu sécuriser de prêt garanti par l'État, ce qui aurait pu lui permettre de traverser au mieux la pandémie de coronavirus. Camaïeu a particulièrement souffert des deux mois de confinement, qui interviennent après plusieurs crises difficiles à surmonter, donc les « gilets jaunes » et la grève contre la réforme des retraites. Des mouvements sociaux qui ont eu un impact fort sur l'activité des commerces de centre ville et dans les centres commerciaux en périphérie.

Crainte pour l'emploi

Début mars, Camaïeu avait commencé la mise en œuvre d'un plan de transformation, avec l'aide d'un accord de financement qui était « sur le point d'être conclu avec les actionnaires et les banques », explique cette source. L'épidémie et les mesures nécessaires pour l'endiguer ont obligé à la fermeture des 800 magasins du groupe, avec un chiffre d'affaires en chute libre de 95% (ce qui représente un manque à gagner de 162 millions d'euros).

Le placement en redressement judiciaire va permettre à l'enseigne d'explorer toutes les pistes de son redressement. Thierry Siwik craint de son côté un « plan social déguisé » rampant depuis plusieurs années. Il relève que depuis ces trois dernières années, chaque mois, Camaïeu ferme entre quatre et cinq points de vente. Il s'agirait d'une « stratégie de la direction », dénonce-t-il, pour placer l'entreprise en redressement judiciaire.




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