Journal de l'économie

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L’industrie accélère sa transformation vers l’avion de demain





Le 25 Mars 2022, par Olivier Sancerre

Alors que la critique envers l’impact du secteur du transport aérien sur l’environnement se radicale davantage, ce dernier ne représente que 2 à % des émissions globales des activités humaines. Il est en outre en pleine transition énergétique grâce à des solutions technologiques nouvelles.


Le transport aérien figure parmi les principales cibles des détracteurs environnementalistes qui y désapprouvent son influence sur le réchauffement climatique. Un mouvement anti-avions, baptisé « flygskam », a même vu le jour il y a quelques années, dans la foulée des grèves étudiantes pour le climat lancées par Greta Thunberg. Depuis quelques mois, le débat a convergé dans la sphère politique avec un certain écho. Ces attaques toujours plus radicales contre le secteur aérien ne doivent pourtant pas occulter les efforts des industriels de la filière en faveur de la transition énergétique.
 
Un impact environnemental moindre par rapport aux autres modes de transport
 
A l’instar de nombreux secteurs d’activités, le transport aérien doit répondre aux enjeux énergétiques et environnementaux de demain. Aujourd’hui et alors qu’elle est au centre de polémiques croissantes, la filière aéronautique contribue à hauteur de 2 et 3% des émissions de CO2 émises par l’activité humaine à l’échelle globale*. Ces pourcentages sont bien moins importants que son corolaire routier, responsable de 17% des émissions mondiales, et peu ou proue similaire à celui du secteur maritime (3%). Qui plus est, ces chiffres doivent être relativisés dans la mesure où 80% des émissions du transport aérien proviennent des vols de plus de 1500 km pour lesquels il n’existe pas d’alternative.
 
Par ailleurs, les industriels du secteur se sont saisis des problématiques environnementales pour les intégrer à leurs travaux de recherche. Leurs efforts portent déjà leurs fruits : les émissions de CO2 par passager ont, par exemple, baissé de 50% au cours des 30 dernières années. En outre, chaque nouvelle génération d’avion émet 15 à 20% de CO2 en moins que la précédente. Une tendance qui pousse les acteurs de la filière aéronautique a renforcé leurs investissements pour construire une mobilité aérienne plus verte.
 
Des innovations aériennes au regard de la transition énergétique
 
Les innovations pour améliorer la performance environnementale de l’avion, sur l’ensemble de son cycle de vie – conception, fabrication, réparation, maintenance – se sont intensifiées ces dernières années. Les industriels ont augmenté leurs investissements dans la recherche et l’innovation afin de mettre au point l’avion de demain d’ici à 2035. Capitalisant sur les nouvelles technologies, ils œuvrent pour optimiser la gestion du trafic aérien qui permettrait de réduire de l’ordre de 10% la consommation de carburant. C’est l’objectif du Data Science Lab de Dassault Aviation ou du logiciel « PureFlyt » développé par Thales.
 
L’électromobilité, qui touche également la filière aéronautique, est également une belle option pour répondre aux enjeux environnementaux. Pour préparer les bases d’un avion zéro-émission, le démonstrateur EcoPulse, conçu par Airbus, Daher et Safran, teste la propulsion distribuée. Le premier vol est prévu à l’été 2022. Dans cette transition énergétique et industrielle, l'hydrogène serait le prochain jalon de l'électromobilité : c’est le seul carburant n’entraînant pas d’émissions de CO2 à l’usage et qui peut présenter un bilan environnemental intéressant sur l’ensemble du cycle de vie. Selon une étude européenne, il permettrait de réduire de 50 à 70% l’impact du transport aérien sur le climat. Les industriels français se sont déjà saisis de cette opportunité. Sous l’impulsion de la DGAC et du CORAC, Airbus prévoit de lancer un premier avion « neutre en carbone » dès 2035, en remplaçant le kérosène par l’hydrogène.
 
Les enjeux de la décarbonation du transport aérien sont pris à bras le corps par les industriels du secteur qui se saisissent de l’opportunité offerte par la transition énergétique pour amplifier les innovations.  
 
(*) Atmospheric Environment 2020, ref : AEA117834



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