Journal de l'économie

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La mélodie de Melody





Le 18 Novembre 2022, par Nicolas Lerègle

Le jazz est une musique qui s’accorde parfaitement au cigare et au breuvage pouvant accompagner celui-ci. Mais attention pas n’importe comment. De même que le musicien va peaufiner ses instruments et répéter sa partition, de même l’auditeur doit se mettre dans les meilleures dispositions de corps et d’esprit pour savourer ce moment. Au fond on ne va pas savourer la même alliance cigare/boisson pour écouter Miles, Stan, Charlie, Dexter et autres. Cela va être notre propos prétexte durant quelques chroniques.


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Sa voix est juste rauque, en accord avec une gestuelle minimaliste imposée par les séquelles d’un accident de la circulation, elle n’en est pas moins belle et quand elle chante, le monde qui nous entoure devient, lui aussi, beau.

Elle a cette capacité de certaines jazzwomen, comme Ella Fitzgerald, Diana Krall, Nina Simone ou Shirley Horn de vous prendre par la main et à vous emmener dans leur monde qui, assurément, n’est pas le vôtre. Melody puisque tel est son premier prénom le second étant Joy (joie) pouvait difficilement être mieux baptisée et guidée vers la scène musicale.
Son style est celui du piano-bar tel que l’on se le représente dans les films des années 30 à 50.

On l’imagine vêtue de noir, debout, accoudée à un piano qui va soutenir sa voix sans prendre le dessus sur elle. Elle chante pour ceux qui sont devant elle et qu’elle devine. Nous sommes happés, mais tenus à distance.

On imagine une époque où la fumée des cigarettes et cigares (et non des vapoteuses) viendrait créer un écran tremblant séparant l’artiste de la salle. Nimbée de bleu gris flottant elle n’en est que plus mystérieuse et sa voir n’en devient que plus captivante.

On a pas de peine à imaginer un convive transi, buvant et fumant pour mieux se saouler de chansons langoureuses qui évoqueront la folie, le cœur noir comme la nuit, l’amour découvert ou les recoins profonds de l’esprit. 

On aimerait être là pour savourer un jazz mélodieux et cuivré qui sait donner du temps au temps qui passe. Les notes s’étirent et suivent une voix qui les prolonge pour parfois se passer d’elles.

Que de « on » pour ressentir cette artiste dont la douceur et la suavité peinent à masquer une volonté de fer pour surmonter les aléas de la vie et donner à ceux qui l’écoute calme et réflexion, en un mot du courage.

Comme Mélody Gardot ne cache pas son affection pour la France – un duo avec Eddy Mitchell ou sa chanson Les Étoiles en témoignent – se plonger dans cette ambiance de club où tables rondes et convives en robe longue et smoking ne dépareilleraient pas, il convient dès lors de s’adapter.

Quoi de mieux qu’un whisky, mais pas n’importe lequel, le Guillon élevé en fûts de Sauternes constitue un partenaire des plus agréable. La France n’a pas à rougir de ses whiskys, surtout celui-ci qui apporte puissance et douceur et qui, troublé d’une larme d’eau ou d’un glaçon, procure un plaisir certain.

En l’associant à un Flor de Cano Elegidos on atteint un moment de plénitude et de désinhibition qui permettrait, au moment où Melody entamerait son « who will comfort me ? » de se lever et de se proposer.
 
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
 


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