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La situation se tend inexorablement dans les hôpitaux psychiatriques de notre pays





Le 27 Janvier 2020, par Didier Meillerand

Didier Meillerand est le fondateur du Psychodon. Il est également journaliste et producteur d’émissions de radio et de télévision. Il est l’auteur du livre témoignage « La Poire en bois, grandir avec un frère schizophrène », publié aux éditions « Le Texte Vivant », qui a pour objectif de contribuer à lutter contre les tabous qui pèsent sur les maladies psychiques au cœur des fratries.


La situation se tend inexorablement dans les hôpitaux psychiatriques de notre pays
Vous êtes à l'initiative de la sensibilisation pour la prise en compte des maladies psychiques dans l'entreprise. Vous êtes également le fondateur du Psychodon. Pouvez-vous nous faire le point de l'enjeu de santé publique que cela représente ?

L’association PSYCHODON a une mission clairement définie : Accompagner, soutenir, sensibiliser sur les maladies psychiques, pour faire bouger les lignes, sortir des tabous et des non-dits. Selon l’OMS, les troubles de la santé mentale (dépression, bipolarité, anxiété, addictions, schizophrénie, anorexie mentale...) touchent une personne sur cinq dans le monde, et la dépression sera la deuxième cause de maladie et d’arrêts de travail en 2020. Dans l’Hexagone, 12 millions de Français sont aujourd’hui touchés par un trouble psychique.
On estime également que 1 personne sur 5 sera atteinte, un jour dans sa vie, d’une maladie psychique en France. Le « traitement » de la maladie mentale pèse par ailleurs très lourd, 109 milliards d’euros par an. Il s’agit du premier poste pour la Sécurité sociale. Cette réalité impose une véritable prise de conscience collective, tant de la part des pouvoirs publics que de la société française dans son ensemble.

Le Psychodon a pris son envol en 2018 et cherche à appuyer le financement de la recherche. Pouvez-vous nous parler de ce qui est fait dans ce domaine ?
 
Le Psychodon a été créé pour tous nous mobiliser sur ces questions : cesser de stigmatiser les personnes qui souffrent de maladies psychiques, mieux informer sur ces maladies qui nous concernent tous et que pourtant nous connaissons si mal, soutenir ceux qui soignent et recherchent des remèdes, de nouvelles thérapies. Et surtout, collecter des dons pour agir.
La situation se tend inexorablement dans les hôpitaux psychiatriques de notre pays, alors que la demande de soins psychiatriques est exponentielle. Il faut aider les soignants à mieux accompagner les personnes qui souffrent d’une maladie psychique.
Soigner ces malades demande du temps, de l’accompagnement. Et pourtant, dans ce secteur, on manque de médecins, des centres et hôpitaux ferment. À ce tableau dramatique s’ajoute le manque criant de moyens alloués à la recherche sur ces pathologies psychiques : seulement 3 % du budget national de la recherche leur est dédié. Avec les enjeux que l’on connait désormais, c’est à peine croyable. Certains de nos voisins européens, comme la Finlande et plus loin le Québec, nous donnent une leçon de réalisme, en y consacrant 10 % de leur budget.

Il faut soutenir la recherche et trouver de nouveaux médicaments et des tests de diagnostic précoce pour certaines maladies psychiques. Il faut accompagner les personnes malades et leurs familles avec des logements spécifiques et des aides à la vie sociale. Il faut sensibiliser à la maladie psychique avec des actions de prévention sur les territoires, en particulier auprès des 12 / 25 ans, ils sont les plus exposés. Le Psychodon et ses membres fondateurs comme la Fondation de France ont choisi d’allouer les dons à la recherche, ainsi qu’aux deux autres piliers que sont l’accompagnement des malades et des aidants familiaux, des soignants, et la prévention.
Collecter des dons pour les reverser à ces trois piliers, c’est tout l’enjeu du Psychodon.

Quel sera le périmètre du Psychodon 2020 ?
 
En 2020, comme en 2019, le Président de la République place de nouveau le Psychodon sous son haut patronage. Nous sommes soutenus par des membres fondateurs engagés : la Fondation de France, la Fondation Sisley-d’Ornano, le groupe Vivendi ; et par des partenaires solides : le Groupe Publicis, Google, le groupe Canal+, les indés Radios…

Avec eux à nos côtés, nous avons une opportunité unique de faire bouger les lignes, pour que la maladie psychique devienne une cause visible et légitime. Le Psychodon organise chaque 12 juin une grande soirée de sensibilisation à l’Olympia. C’est l’occasion de briser les tabous qui pèsent sur les maladies psychiques. Elle permet également de mobiliser la générosité des entreprises et du public. La soirée est rythmée par des performances artistiques, des temps pédagogiques d’échange, sans pathos et dans un état d’esprit festif : le 12 juin, c’est d’abord la grande fête de la maladie psychique. Cette année, la soirée à l’Olympia sera retransmise en direct sur C8.

La soirée à l’Olympia est le point d’orgue des actions du Psychodon, pour autant avant ce grand rendez-vous, nous avons la chance d’être rejoints par des événements partenaires, qui vont rythmer l’année. Par exemple, les salons Solutions RH, qui mettent en avant l’importance de l’épanouissement au travail des personnes atteintes de maladies mentales, qui rencontrent plus d’obstacles dans leur vie professionnelle ; les salons d’art contemporain Art Shopping également. Nous accompagnons aussi la sortie d’un film, une pièce de théatre (les Fans de radis) et un concert de musique classique sont en préparation. Le Psychodon enfin organise chaque année des Editos sur divers thématiques autour des maladies psychiques. Ces rencontres de sensibilisation à la santé mentale sont proposées aux entreprises. Elles ont pour objectif, grâce au témoignage d'experts, de lever les tabous sur la maladie psychique et créer des contenus d'information pour sortir du déni.

Nous espérons surtout vous voir au rendez-vous à l’Olympia le 12 juin !

Comment envisagez-vous l'avenir de cette organisation ?

Nous devons suivre la voie montrée par le Téléthon ou le Sidaction, deux initiatives formidables qui chaque année redonnent de l’espoir et de la dignité à des millions de personnes et leur famille. Avec pour seul mot d’ordre désormais : STOP au tabou sur la maladie psychique et place à la mobilisation citoyenne pour vivre AVEC la maladie psychique de nos proches !

Nous espérons arriver à sensibiliser et fédérer autour de nos missions un maximum d’associations et organisations pour travailler ensemble sur des projets innovants et des initiatives locales.

Avez-vous le sentiment d'avoir atteint vos objectifs ou le chemin est-il encore long à vos yeux ?
 
Je suis fier de voir que le Psychodon a trouvé déjà autant de personnalités pour le soutenir. Pourtant le chemin est encore long pour faire tomber les tabous et ne plus entendre que la personne touchée par une maladie psychique est mauvaise par nature ou que la dépression est simplement une faiblesse. Qui ne connaît pas aujourd’hui quelqu’un ayant souffert d’un burn-out, vivant une dépression, étant touché par des troubles bipolaires ou troubles schizophréniques ? Aujourd’hui, de près ou de loin, tout le monde est concerné ! Il faut donc cesser d’avoir peur, dépasser les idées reçues et les stéréotypes pour enfin changer le regard sur la santé psychique.

Les troubles psychiques ne sont pas une fatalité ! Il s’agit de maladies que l’on peut prévenir, soigner et accompagner pour permettre à ceux qui sont touchés de mieux vivre et de réussir une intégration sociale et professionnelle. Ce ne sera qu’ensemble qu’on pourra y arriver.

Le PSYCHODON
 




1.Posté par PERRODON Marie therese le 10/05/2020 22:33 | Alerter
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Bravo pour votre engagement
En espérant que vous serez lu et entendue par beaucoup de personnes

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