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Le coaching multiculturel existe-t-il ?





Le 4 Novembre 2019, par Michel Giffard et Céline Géara Thomas

Chaque coach et chaque coaché – individu, équipe et organisation – est unique. Nous sommes 7 milliards d’individus sur Terre, et nous vivons dans 7 milliards de mondes différents. Bien que partageant une même planète, coach et coaché vivent dans des ensembles d’émotions, de pensées, de sensations et de croyances distincts les uns des autres. Qu’il s’agisse de son voisin ou d’une personne à l’autre bout du monde.


Il est difficile d’avoir accès au monde de l’autre. Nos croyances sont des convictions pour nous mais des hypothèses pour les autres. Le coaching consiste à accompagner le coaché pour lui faciliter l’accès à son propre monde : sa vision, ses questions, ses désirs, ses besoins, ses manques, ses angles morts, son ombre et ses réponses. Le coach est un compagnon pour le coaché, au sens étymologique de partager le pain, lui offrant un espace de rencontre avec lui-même, sécurisé et bienveillant.
 
Le coaching se passe au moment présent, entre deux êtres vivants qui construisent leur relation, pas à pas. Le passé et le futur sont des constructions mentales. Il n’est donc pas nécessaire de bâtir d’autres catégories mentales pour décrire la réalité d’une personne, comme le préconisent les 10 principes pour apprendre à coacher un homme, une femme, un transgenre, un japonais, un anglais. Dénommer l’autre, c’est l’incarcérer de mots. Le coach évite ainsi de créer des sous-ensembles réducteurs par pays ou par genre, qui retardent la relation vraie, profonde, sincère et utile entre deux êtres.
 
En conséquence, le coaching multiculturel n’existe pas, car chaque culture trouve en elle-même ses propres ressources spécifiques. L’action du coach consiste à entrer en relation avec un être humain unique, quels que soient son pays, sa culture, sa langue ou sa religion. Les cartes multiculturelles – utilisées par les consultants, les managers ou les touristes dans un souci positif de simplifier l’accès à une autre culture – ne sont donc pas pertinentes pour le coach, puisque chacun a sa propre identité, à un moment de sa vie.
 
Dans les faits, il n’est pas si différent de coacher dans sa propre culture ou de coacher dans une autre partie du monde. Dans les deux cas, il s’agit d’accompagner une personne à explorer son monde intérieur, avec empathie, ou au minimum avec le moins possible d’idées préconçues. Pour coacher, il est bien préférable de partir de ce qui rassemble coach et coaché – leur humanité s’exprimant sur une seule et même Terre – plutôt que de ce qui les éloigne – leurs différences culturelles.
 
Le coaching global pour l’Etre entier que nous proposons dans notre livre, illustre bien l’importance de choisir les histoires que nous nous racontons. Soit elles développent l’amour et ce qui rapproche les personnes. Soit elles renforcent les peurs et ce qui les sépare.
 




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