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Le pouvoir d'achat des salariés pourrait stagner en 2024





Le 6 Février 2024, par François Lapierre

Deux études montrent que les augmentations de salaire prévues pour 2024 ne parviendront pas complètement à éponger le niveau de l'inflation attendue.


Des augmentations prudentes pour les salariés

2024 s'annonce comme une année de modération dans les politiques salariales des entreprises françaises. Selon une analyse du Groupe Alpha spécialiste des ressources humaines, qui a examiné plus de 600 accords d'entreprises, les budgets d'augmentation ne devraient pas excéder 3,6 % pour les non-cadres et 3,4 % pour les cadres, selon les chiffres repris par La Tribune.

Ces chiffres, issus principalement de grandes entreprises ayant conclu leurs négociations annuelles obligatoires (NAO), signalent un ralentissement notable par rapport aux années précédentes. LHH, un autre cabinet renommé dans le domaine, confirme cette tendance avec des prévisions similaires, attribuant ce phénomène à une diminution progressive de l'inflation.

L'approche des entreprises en matière d'augmentation salariale varie significativement selon les secteurs et les catégories professionnelles. Dans l'industrie, où les difficultés de recrutement se font particulièrement sentir, les directions semblent disposées à être plus généreuses pour attirer et retenir les talents. 

Vers un risque accru de tensions sociales ?

La distinction entre les différents profils de salariés est également mise en avant, avec une tendance à privilégier les augmentations individuelles, surtout pour les cadres, dans le but de marquer les différences de performance entre les employés. Environ 90 % des entreprises envisagent des hausses personnalisées avec un taux médian de 2,5 %. Pour les ouvriers, techniciens et agents de maîtrise, les augmentations générales sont prévues dans 40 % des cas, avec des taux médians respectifs de 3 % et 2,7 %.

La stratégie de modération salariale adoptée par les entreprises en 2024 n'est pas sans risque. Alors que la Banque de France anticipe une inflation de 2,5 %, le pouvoir d'achat des salariés pourrait se voir encore réduit. La situation économique globale, marquée par l'incertitude due à des facteurs tels que les tensions géopolitiques, la récession en Allemagne et les élections américaines, contribue à un environnement d'affaires volatile.

De plus, la redistribution des primes semble s'inscrire en baisse, avec seulement un tiers des entreprises ayant intégré une prime de partage de la valeur dans leurs accords salariaux, contre 37,5 % l'année précédente. Cette prudence des entreprises, combinée à une hausse du chômage ces derniers mois, pourrait limiter les revendications des salariés, augmentant ainsi le potentiel de tensions sociales entre les employés et les directions.




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