Journal de l'économie

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Les Coteaux Varois voient la vie en rose





Le 8 Juillet 2020, par Sébastien Burel

Les vignerons varois surveillent leurs ventes comme le lait sur le feu et retrouvent un semblant de sourire depuis que les chiffres du mois de juin sont connus.


Une fenêtre de tir très étroite pour vendre le millésime 2019
 
L’appellation provençale, qui produit des vins rosés à 90%, a pourtant risqué le pire avec la crise de la Covid-19. En effet, le pâle rosé qui égaye les terrasses estivales est une denrée quasi-périssable dont l’attractivité s’étiole, passés les premiers frimâts de l’hiver. Et pour que les bouteilles arrivent à temps sur les tables aux beaux jours, le cycle commercial particulier des rosés est très ramassé et commence bien plus tôt que celui des rouges et des blancs : les référencements se font entre décembre et mars, et le gros des expéditions et des ventes entre mars et juillet. Cette année, tout aurait donc dû se jouer en plein confinement !
 
Même à l’export, il faut relativiser l’ampleur du choc
 
Philippe Brel, le directeur général d’Estandon [1], une structure qui commercialise les vins de 8 coopératives provençales respire à nouveau car les expéditions de palettes à destination du monde entier s’enchainent à nouveau à un rythme très soutenu. En mars, pourtant il prévoyait une chute de 50% de ses exportations. Depuis la fin juin, ses prévisions sont beaucoup moins pessimistes, la baisse étant désormais estimée à 15%. « Tous les marchés exports travaillent » confie Philippe Brel. Les USA, premier marché export d’Estandon sont aujourd’hui en recul de 10%, et ce malgré les taxes « Trump » et la crise sanitaire. Les principaux marchés européens (UK, Allemagne, Pays-Bas) accusent également un retard variant de 5 à 20%. Toutefois, avec une hausse des expéditions de 20% en juin, l’effet de rattrapage permettra de limiter les effets de la crise.

À l’échelle de la Provence, le cumul des sorties de chais commerciales de janvier à mai n’accuse plus qu’un retard de 9% [2]. Selon la même source, en avril les ventes exports avaient plongé de 27% avec des prix en baisse de 8%. On verra jusqu’où ira l’embellie de juin.
 
Rebond des ventes en juin
 
Emmanuel de Lanversin, propriétaire du domaine du Deffends [3], une référence des Coteaux Varois confirme l’ampleur du choc tant à l’export que sur le marché français : « ventes au caveau, zéro ; ventes dans les salons, zéro, cavistes et restauration, zéro… »  
Certes, les exportations du domaine sont reparties à la hausse, certes, nombre d’acheteurs historiques du domaine ont manifesté leur solidarité en commandant des vins lors du déconfinement, mais ce sont surtout les ventes en ligne qui ont littéralement explosé : les ventes sur internet sont passées de quelques caisses à une à deux palettes par semaine !
La tendance se confirme également à Estandon qui crée des animations commerciales hebdomadaires sur son site marchand alors que celui-ci ronronnait sur un rythme trimestriel avant la crise.
 
Les ventes en ligne sont une bouffée d’oxygène
 
La grande distribution s’était plutôt bien adaptée durant la crise, les ventes de rosé en BIB [4] compensant partiellement la baisse des ventes en bouteille. La situation revient à la normale pour les grandes surfaces, ce qui est bien loin d’être le cas pour le secteur des cafés, hôtels et restaurants, qui ne pourront que partiellement, voire pas du tout honorer leurs réservations. Un manque à gagner que les ventes au domaine, très liées à la fréquentation touristique pourraient partiellement compenser. Le Domaine du Deffends s’est associé aux chefs gastronomiques de la région pour proposer des paniers pique-nique et tenter de renouer avec une clientèle locale et séduire les touristes qui reviennent progressivement.

Sébastien BUREL
Fondateur de FERMYNT
 
[2] Source Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP)
[3] www.deffends.com         
[4] Bag in Box, cubitainers qualitatifs


Vitis



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