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Les États-Unis mettent en garde les banques européennes toujours en Russie





Le 29 Mai 2024, par François Lapierre

En marge du G7 organisé à Stresa, en Italie, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a annoncé que les États-Unis envisagent de renforcer les sanctions contre les banques européennes opérant en Russie.


Une pression accrue sur les banques européennes

« Nous envisageons potentiellement un renforcement plus sévère de nos sanctions contre les banques qui font des affaires en Russie », a déclaré Janet Yellen, soulignant les risques importants liés aux opérations des banques en Russie.

Depuis l'invasion de l'Ukraine par Moscou, plusieurs banques occidentales continuent d'exercer en Russie, malgré les sanctions. Parmi elles, Raiffeisen Bank International, UniCredit, ING, Commerzbank, Deutsche Bank, Intesa Sanpaolo et la hongroise OTP. Janet Yellen n'a nommé aucune de ces banques, mais elle a souligné l'importance pour leurs superviseurs de les conseiller à être extrêmement prudentes. Cette prudence est nécessaire, car le bureau américain des sanctions, l'OFAC, peut exclure du système bancaire américain les institutions qui facilitent des transactions avec l'appareil militaire russe.

Les discussions bilatérales concernant cette politique ont déjà eu lieu avec Raiffeisen Bank International, qui a dû repousser son projet de rapatriement de dividendes de Russie. Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d'Italie, a également pressé les banques italiennes de quitter la Russie, invoquant un « problème de réputation ».

Lourdes conséquences financières et opérationnelles

Les banques Raiffeisen Bank International, UniCredit, et Intesa Sanpaolo ont exprimé leur intention de réduire ou de céder leurs activités en Russie. Cependant, les sanctions occidentales réduisent le nombre d'acheteurs potentiels, rendant la sortie du marché russe particulièrement complexe. Une grande partie de leurs liquidités est immobilisée, et pour vendre leurs actifs, elles doivent obtenir l'autorisation de Vladimir Poutine, ce qui pourrait s'avérer difficile.

En 2023, les profits des banques européennes en Russie ont été supérieurs à ceux enregistrés avant la guerre, générant plus de 800 millions d'euros en impôts pour les autorités russes. Cette situation financière avantageuse pour la Russie pourrait compliquer davantage leur départ.

Le renforcement potentiel des sanctions américaines vise donc à mettre fin à cette situation où les banques occidentales, tout en étant soumises aux sanctions, continuent de jouer un rôle crucial dans l'économie russe. La secrétaire américaine au Trésor a insisté sur le fait que les risques pour ces banques sont réels et importants. Les superviseurs bancaires européens devront alors redoubler de vigilance pour naviguer dans cet environnement de plus en plus hostile.




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