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Les Parisiens toujours debout face à l'adversité, parution





Le 17 Mai 2018, par Hubert De LANGLE

En résonance tragique avec l’attentat du 12 mai 2018 en plein Paris, le 3 mai est sorti « Fluctuat Nec Mergitur » chez VA Editions. Cet ouvrage retrace l’histoire « tumultueuse » des Parisiennes et des Parisiens, depuis les origines de Paris jusqu’aux attentats. Nous avons interviewé l’auteur, Alexandre Deamaille.


Quel a été l’évènement qui a déclenché vos recherches sur « les Parisiens dans l’adversité » ?

Ayant toujours été passionné par l’histoire de Paris que je connais en profondeur, je n’avais rien lu de tel sur le sujet. Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, la devise de Paris, Fluctuat Nec Mergitur (« Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ») était affichée partout dans la ville et reprise sur internet. Les Parisiens ont érigé leur devise en étendard de résistance au terrorisme, pour leur plus grande fierté. Cependant beaucoup ne savaient pas forcément à quoi cette devise faisait référence, ni sa réelle signification, ou ce qu’elle devait nous rappeler... C’est ce qui m’a décidé à écrire ce livre, en me servant de mes connaissances historiques et en accentuant mes recherches sur cet angle original. Mon objectif était de démontrer en quoi cette phrase faisait sens dans l’histoire des Parisiens, et en quoi elle est plus que jamais d’actualité après les attentats : c’est le moment ou jamais de mettre en avant la devise « Fluctuat Nec Mergitur » et de lui donner du sens.

À quoi fait référence cette devise de Paris ?

Fluctuat Nec Mergitur (« Il est battu par les flots, mais ne sombre pas ») est une devise en latin qui fait référence au navire du blason de Paris, issu des marchands fluviaux de la Seine, les Nautes, mais pas seulement. Cette phrase signifie aussi et surtout que les Parisiennes et les Parisiens ont toujours fait face à l’adversité dans leur histoire, depuis les origines de la ville jusqu’à nos jours.
Cette devise n’a pas été choisie par hasard : elle résume l’histoire agitée de Paris, et reflète une attitude de courage et de résistance, que les Parisiens ont toujours déployée. Comme je l’écris dans le livre, dans les temps troublés que nous traversons actuellement, nous devons prendre conscience de cet état d’esprit de résilience qui a toujours existé.

Pourquoi avoir choisi de mettre en perspectives les évènements actuels avec ceux qui ont jalonné notre histoire ? Qu’ont-ils en commun ?

Chaque évènement tragique est unique : sortis de leurs contextes il est difficile de comparer l’occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans, avec les attaques terroristes récentes. Malgré tout, la mise en perspective des épreuves douloureuses qu’ont connues les Parisiens, tout au long de leur histoire, permet de réaliser que ces derniers ont réussi à reprendre le cours de leur vie après chaque coup dur. Le choix de l’angle abordé dans le livre est né d’une volonté de perpétuer un esprit de courage et de solidarité parisienne après les attentats, en se servant de ce que les habitants de Paris ont réussi à surmonter par le passé.

Donc, pour vous, l’histoire, sans se répéter, « bégaye » comme on le dit souvent... Quelles leçons pouvons-nous tirer à la lecture de votre livre ?

Les Parisiennes et les Parisiens ont connu, en moyenne, deux difficultés majeures par siècle : des attaques extérieures, guerres civiles, famines, occupations étrangères, révoltes et révolutions réprimées dans le sang, etc. Cependant, ils sont toujours restés debout face à ces adversités : la « ville lumière » est toujours là, rayonnant sur la France et sur le monde. La leçon est simple : Fluctuat Nec Mergitur. Malgré les tempêtes, nous ne coulons jamais. Il ne faut jamais baisser les bras, même lorsque la situation est difficile.

Ballon au dessus de Versailles, utilisé pour s'échapper de Paris assiègé
Ballon au dessus de Versailles, utilisé pour s'échapper de Paris assiègé

Pouvez-vous nous relater un épisode peu connu de nos contemporains, voire même oublié ?

Le siège de Paris par les Prussiens, pendant l’hiver 1870-71 : plus de 40 000 Parisiens ont péri de froid et de malnutrition. En raison de la pénurie de nourriture, on vendait des corbeaux et des rats cuits dans les boucheries. À la fin du siège, les Prussiens bombardaient la ville au canon, ce qui déclenchait des incendies jour et nuit. Les Parisiens ont été bouleversés par ce siège, et ce traumatisme a provoqué La Commune, puis d’autres évènements jusqu’à la guerre de 1914. Malgré tout, la vie avait repris de plus belle après ce siège douloureux : sitôt quelques années passées, la Belle Époque battait son plein.
Il ne faut pas oublier non plus un épisode récent, dont on parle peu : l’immense manifestation du 13 janvier 2015, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher. Il n’y a pas eu de telle mobilisation, à la suite d’un attentat terroriste, dans aucune autre ville au monde. Les Parisiens ont l’esprit de résistance dans la peau.
 

Quels sont les apports singuliers de votre livre ?

Ce livre parcourt les dizaines d’évènements tragiques qui ont rythmé l’histoire des Parisiens. C’est en fait un formidable résumé de l’histoire de Paris : l’attaque des Romains, les invasions vikings, l’occupation anglaise, les révoltes ouvrières sanglantes, les nombreux sièges subis, les bombardements des deux guerres mondiales, etc., jusqu’aux attentats de nos jours. Chapitre après chapitre, le livre démontre que malgré les adversités de toutes sortes, les Parisiennes et les Parisiens n’ont jamais baissé les bras. À nous d’en faire de même aujourd’hui.



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