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Les entreprises françaises taxées beaucoup plus que leurs homologues allemandes





Le 17 Mai 2018, par Marie-Eve JAMIN

Les entreprises industrielles françaises doivent s'acquitter d'un surcroît de prélèvements obligatoires de 18,4 milliards d'euros par rapport à leurs homologues allemandes, selon une étude publiée ce jeudi 17 mai 2018 par l'institut COE-Rexecode.


Les entreprises française beaucoup plus taxées que les allemandes

Ce n'est pas nouveau, mais les entreprises industrielles françaises sont beaucoup plus taxées que leurs voisines allemandes. « Les entreprises industrielles françaises supportent des prélèvements obligatoires plus élevés » comparé à leurs homologues allemandes, selon l'institut COE-Rexecode qui a mené une étude, publiée jeudi 17 mai 2018. L'institut estime ainsi : « Les prélèvements obligatoires pesant sur l'industrie manufacturière sont de 66 milliards d'euros en France et de 112 milliards en Allemagne ».

Le poids des prélèvements sur l'industrie française atteignait en effet 27,9% de la valeur ajoutée en 2016 contre 17,2% outre-Rhin, soit un écart conséquent de 10,7 points. Et il faut tenir compte des différences entre les structures de production des deux pays, sachant que la valeur ajoutée des entreprises industrielles allemandes est trois fois supérieure à celle de l'industrie française (666 milliards contre 236 milliards). 

Prélèvements obligatoires et impôts de production plus élevés en France

Pour rappel, ces prélèvements obligatoires correspondent aux cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (14% de la valeur ajoutée en France contre 9,4% en Allemagne) qui financent « le modèle social », aux impôts de production (9,7% en France contre 4% en Allemagne) et aux impôts sur les sociétés (4,2% en France contre 3,8% en Allemagne). Voilà là où se font les différences.

Au final, selon l'institut COE-Rexecode « si l'on tient compte des crédits d'impôt (notamment le crédit d'impôt recherche et le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, NLDR), l'écart des prélèvements obligatoires est ramené à 7,8 points de valeur ajoutée, soit 18,4 milliards d'euros de surcharge pour les entreprises industrielles françaises par rapport à leurs homologues allemandes » et « près des trois quarts de cette surcharge (13,5 milliards d'euros) proviennent des seuls impôts de production ».

Alléger cette fiscalité française

Quels sont ces « impôts de production » qui semblent plomber les industries hexagonales ? Il s'agit de plusieurs taxes payées par les entreprises françaises comme la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), les impôts reposant sur le foncier (les bâtiments possédés par l'entreprise), le versement transport, le forfait social, une taxe au profit du fonds national d'aide au logement ou encore des contributions au développement de l'apprentissage. Or, a contrario, le poids de ces taxes est très faible en Allemagne, où il n'existe par exemple « pas d'impôts sur les salaires et la main-d'œuvre et pratiquement pas d'impôts divers sur la production », précise l'étude.

Mais le gouvernement français souhaite alléger cette fiscalité. Bruno Le Maire a même constitué un groupe de travail pour ce faire. Dans un document auquel Le Figaro a eu accès, en avril 2018, ce groupe, constitué d'industriels et de hauts fonctionnaires de Bercy , soulignait : « Le niveau de prélèvements obligatoires de production est une spécificité française qui désavantage nos entreprises ». Une prise de conscience qui doit désormais se traduire par des actes.




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