Journal de l'économie

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Peut-on évoquer Voldemort ?





Le 20 Octobre 2023, par Nicolas Lerègle

Au cours du 1er millénaire de notre ère, les juifs sont arrivés en Inde. Un roi local les voyant arriver s’en est ému et leur a expliqué que son royaume ne pouvait être déséquilibré par ces nouveaux arrivants. Pour illustrer son propos, il fit amener une jarre, pleine à ras bord de lait, en indiquant qu’une goutte de plus la ferait déborder. Le chef des Juifs pris alors une poignée de sel la jeta dans la jarre où il se dissout sans la faire déborder, indiquant ainsi que sa communauté saurait s’intégrer sans faire de débordement…


Flickr creativ commons
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Ceci explique qu’au milieu de milliers de temples il y ait des synagogues à Bombay ! Quand les musulmans arrivèrent en Inde, ils le firent par les armes avec la claire volonté de conquérir ces territoires, et ce au prix de nombreuses guerres ; une autre façon de concevoir l’intégration on en conviendra.

On peut ne pas être un adepte du « grand remplacement », mais il est certain que l’islam est difficilement soluble dans les pays de tradition judéo-chrétienne. Il n’est pas étonnant que des professeurs soient tués, après tout, les talibans n’ont-ils pas interdit toute éducation aux filles et femmes ? Ne considèrent-ils pas que toute forme d’expression culturelle n’est pas compatible avec leur vision du Coran ? Ne pourchassent-ils pas sans répit leurs opposants au nom d’une foi qu’eux seuls comprennent ?

La lecture de l’« Essai sur les hommes de la terreur. Le perdant radical » de Hans-Magnus Enzensberger décrypte admirablement les fondements de comportements qui nous sont fondamentalement étrangers. Seul le maintien dans l’ignorance permet le développement d’une religion qui s’érige aussi en règle juridique et en modèle de gouvernance. Le décalogue fait bien pâle figure à côté de la charia qui nous est promise.

Il est admirable que des féministes convaincues s’indignent que l’on souhaite interdire le hijab - ou autres tenues - dans lequel elles voient un instrument d’émancipation des femmes. Il est admirable que, pour flatter un électorat, des élus de tous bords se compromettent et facilitent l’implantation d’écoles coraniques ou autres lieux cultuels en dehors de tout cadre républicain ou de tout contrôle invoquant une conception surprenante de la tolérance voire de la laïcité. Il est tout autant admirable que d’autres fassent de certains mots, comme « terroriste », des tabous au nom d’une conception toute particulière de l’humanisme et de l’expression de leur indignation. On pourrait multiplier les exemples, tous « admirables », à l’infini, reflets honteux de nos compromissions voire de la corruption de certains élus.

Comment expliquer que le Qatar est comme chez lui en France autant au PSG que rue du faubourg saint Honoré ou dans les cités où son financement du terrorisme djihadiste trouve un terrain d’expression favorable.
La question de savoir si on peut être islamophobe en France en 2023 n’est pas anodine. L’être revient à s’exposer à des poursuites judiciaires.

L’islamophobie n’est aucunement un rejet de l’islam et une marque d’irrespect de cette religion.
Phobie et « anti » ne sont pas des synonymes.

L’islamophobie est étymologiquement, et au moment où est inaugurée la cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts il est bon de redonner aux mots leur sens, la peur de l’islam.
Qu’y aurait-il de honteux et de répréhensible à avoir peur d’une religion qui s’érige aussi en modèle d’organisation de la société visant à la théocratie ? La peur n’éloigne pas le danger on le sait, mais elle permet au moins de prendre conscience des réalités du terrain et d’essayer de trouver les réponses adaptées à une menace potentielle pouvant remettre en cause notre modèle de société. On peut regretter que, pendant des décennies, nos politiques n’aient pas fait de l’islamophobie un référentiel qui leur aurait permis de ne pas se compromettre et d’adopter beaucoup plus tôt des mesures qui nous auraient évité la situation actuelle.

On ne peut pas être islamophobe en France en 2023.
On ne doit pas avoir peur de musulmans radicalisés qui vont décider de tuer un professeur, un public dans une salle de concert ou des juifs dans une supérette.  

On ne doit pas avoir peur de personnes radicalisées, qui nous font passer par tous les stades du plan Vigiepirate et mobilisent des milliers de policiers, gendarmes et soldats pour protéger lieux de culte et lieux d’enseignement.
On ne doit pas avoir peur de personnes qui établissent des comparaisons douteuses entre meurtres pour y trouver une justification bienvenue. Sauf à être contredit je n’ai pas eu vent, en France, de juifs radicaux allant tuer des musulmans en criant Yahvé est grand.

On ne doit pas avoir peur, pire on ne doit même pas formaliser ces doutes, de peur d’être considéré comme raciste ou intolérant.

On ne doit pas avoir peur et pourtant il vous est demandé d’être vigilant, d’observer et d’alerter.
On ne doit pas avoir peur, mais les parents qui emmènent leurs enfants à l’école peuvent parfois se demander si ceux-ci ne vont pas croiser un Mohamed Mérah ou équivalent.

On ne doit pas avoir peur… et d’ailleurs comment le pourrait-on puisqu’en faisant disparaitre le mot on ne permet plus de verbaliser son sentiment et son ressenti.

Nous sommes face à Voldemort. Alors, s’il faut de la magie pour sortir de l’actuelle impasse, on peut raisonnablement avoir peur !


 



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