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Pierre de Villiers : "Les quatre dimensions d'un bon dirigeant"





Le 2 Décembre 2018, par Anne Poirier

Dans son dernier ouvrage, "Qu’est-ce qu’un chef ?" l’ex chef d’état-major des armées donne sa vision de la source d’un bonheur équilibré pour un dirigeant, un manager, un chef à travers quatre dimensions : l’équilibre du corps, la spiritualité, l’intelligence et le cœur.


Respecter son corps et son âme

Tout dirigeant doit écouter son corps, le connaître et le respecter, estime Pierre de Villiers. Selon lui, beaucoup de difficultés seraient évitées si tous les dirigeants prenaient le temps de faire du sport régulièrement et d’avoir une hygiène de vie adaptée à leurs responsabilités. La recette est simple et exigeante : exercice régulier, alimentation équilibrée et absence d’excès. "C’est une exigence pour tout responsable qui se doit d’être à 100% de ses moyens lors de chaque rendez-vous. Dès que l’on est fatigué, on est moins performant, moins lucide, plus irascible. Ce n’est pas un point secondaire et cela est maîtrisable." Il regrette que cette dimension ne soit pas suffisamment prise en compte dans les écoles et systèmes de formation.

L'ex Chef d'Etat-Major des Armées regrette également le manque de dimension transcendantale dans nos sociétés" inhibées par le matérialisme" mais se réjouit de la façon dont les entreprises le comprennent, petit à petit. "De plus en plus d’entreprises fournissent des lieux de calme, de silence, pour que les membres du personnel puissent se détendre et méditer en fonction de leur aspiration. Toute personne aspire à élever son esprit, à nourrir son âme et à puiser à la source pour donner du sens et voir loin." Méthodes douces, méditation ou digital detox constituent selon lui la traduction de ce besoin inhérent à la condition humaine.

Parler à l'intelligence et cœur de l'homme

En philosophie, l’intelligence c’est la faculté de s’adapter aux autres, aux situations, aux règles. Le système français qui incite les étudiants à assimiler une "masse de données" pour se préparer aux concours des grandes écoles, est selon Pierre de Villiers, une excellente chose. Il nuance toutefois son propos et fait part de son inquiétude "sur leur (les étudiants des grandes écoles) capacité à se mouvoir et à évoluer dans des contextes différents" et de continuer que "trop d’intelligence nuit parfois à l’intelligence". À trop tergiverser, on en vient parfois à  "tourner à vide" et à ne pas proposer de solutions convaincantes.

Le cœur de l’Homme, voilà une dimension fondamentale et régulièrement mise de côté pour Pierre de Villiers. Le dirigeant ne travaille pas , sauf cas particuliers, avec des robots, mais avec des humains. Pour les convaincre, les entraîner et les motiver, il faut, selon lui, donner du sens à leur action. Et s’il y a bien un domaine où l’intelligence ne suffit pas, c’est celui-là. Ne dit-on pas qu’il faut mettre du cœur à l’ouvrage ? Nous sommes des êtres irrationnels à certains points de vue. C’est pour cela qu’il faut "donner envie de se mettre en mouvement" en mettant de la "passion" dans l’entreprise.




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