Journal de l'économie

Envoyer à un ami
Version imprimable

Plaidoyer pour une vraie justice fiscale





Le 1 Avril 2019, par Jean-Christophe Grandidier


Crédit : IngImage
Crédit : IngImage
Si l’on en croit le discours ambiant, le remède à tous nos maux serait de taxer encore davantage « les riches ». Ils peuvent - et doivent - payer pour que tout le monde, à part eux, puisse payer moins.

C’est donc juste, éthique et finalement une solution facile pour permettre à l’État d’entretenir son grand train de vie.
 
Sauf que c’est déjà ainsi que ça fonctionne :
- 0,4% des contribuables paient 22% des recettes de l’IR ;
- 2% des contribuables paient 40% de l’impôt sur le revenu ;
- 10% des contribuables paient 70% de l’impôt sur le revenu.

Que cela signifie-t-il ? Que les Gilets Jaunes ont raison : ce sont toujours les mêmes qui payent. Et qu’au nom de la pseudo justice fiscale on a instauré un système confiscatoire pour les plus aisés.

Il est donc grand temps de remettre les choses à leur place : avoir un haut revenu n’est ni immoral, ni un acquis. C’est souvent beaucoup de sacrifices, énormément de travail, exit les 35 heures et, il faut l’admettre, un certain talent pour occuper les fonctions les plus exigeantes.
 
Vouloir encore taper sur les mêmes au nom du bon vieux principe que l’on peut toujours augmenter les impôts des autres est une aberration démocratique et une absurdité économique.

Une aberration démocratique d’abord, car il s’agit ni plus ni moins d’un abus de majorité consistant à un imposer une décision du plus grand nombre pour se saisir des biens d’une minorité.

Une aberration économique ensuite, car l’exil fiscal des plus hauts revenus a un impact fiscal direct important, mais aussi un impact indirect encore beaucoup plus conséquent. Un créateur d’entreprise ou un cadre dirigeant a une surface fiscale bien plus large que sa simple contribution sur ses revenus. Au-delà de l’IR, de la TVA et des charges sociales qu’il paye directement il convient d’ajouter la fiscalité sur la création de valeur. Il faut en effet intégrer les impôts dont s’acquittent sa ou ses sociétés (pas seulement l’IS), les impôts sur le revenu et les charges sociales des salariés dont l’emploi a été créé par son activité.

Un créateur d’entreprise ou un cadre dirigeant qui part à l’étranger car il ne consent plus à un impôt devenu excessif est dévastateur. Vouloir augmenter la fiscalité, notamment en rétablissant l’ISF, est idiot et contre-productif. La France est passée du 5e au 7e rang des puissances économiques mondiales. Continuons dans la démagogie fiscale en faisant croire au plus modeste que les inégalités de revenu sont immorales. Nous ferons fuir nos talents avec pour conséquence un appauvrissement sur le long terme de la France et des Français, fussent-ils Gilets Jaunes. Un enfant de 5 ans le comprendrait mais visiblement pas nos politiques qui préfèrent la démagogie de court terme à l’intérêt de la nation.



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Le JDE promeut la liberté d'expression, dans le respect des personnes et des opinions. La rédaction du JDE se réserve le droit de supprimer, sans préavis, tout commentaire à caractère insultant, diffamatoire, péremptoire, ou commercial.

France | International | Entreprises | Management | Lifestyle | Blogs de la rédaction | Divers | Native Advertising | Juris | Art & Marché | Billets d'humeur | Industrie immobilière



Les entretiens du JDE

Frederic Buisson, délégué syndical Groupe adjoint CFE – CGC du groupe Casino : "Casino conserve un temps d’avance par rapport à la concurrence"

François Bertauld, PDG de Médiane Système : "Aujourd’hui les entreprises de services du numérique sont devenues un soutien essentiel à l’innovation industrielle."

Justine Huiwen ZHANG : "Mieux comprendre la Chine"

Bernard Attali : "Un vent de violence"

Guerre économique : « c’est un leadership mondial qui se joue »

​Droite-gauche : la fin d’une époque ?

Laurence Gilardo, déléguée syndicale SNTA/FO du groupe Casino : « les salariés comme les syndicats du groupe Casino doivent resserrer les rangs »

« Dans les échanges économiques entre les entreprises, la professionnalisation et l’éthique sont indissociables de la fonction achat », Bruno Crescent, ancien directeur des achats d’EDF










Rss
Twitter
Facebook