Journal de l'économie

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Quand va-t-on dissoudre LFI ?





Le 10 Octobre 2023, par Nicolas Lerègle

Récemment le gouvernement a prononcé la dissolution de Civitas – parti politique – au regard de la tenue de propos antisémites lors d’une de ses réunions, avant lui de nombreux mouvements et associations ont eu droit au même traitement pour des raisons équivalentes ou similaires.


La question peut raisonnablement être posée de dissoudre le parti politique se nommant LFI.
Les critères pour prononcer une dissolution sont simples  et énoncent cinq actes pouvant conduire le gouvernement à prononcer la dissolution d'un parti politique :
  • Violation de la loi
  • Subversion des principes démocratiques
  • Soutien à la sécession ou au renversement de l'État
  • Corruption et activités criminelles
  • Promotion de la haine raciale ou ethnique
La violation et le non-respect de la loi constituent une constante de LFI dont les députés se sont fait une spécialité. On peut hurler un matin devant les caméras que « l’on est la République », si dans la réalité on s’assoit sur les principes fondateurs de celle-ci, il conviendrait d’en assumer les conséquences. La vérité n’est pas une question de décibels.

La démocratie vue par LFI c’est de nier les résultats démocratiques des élections et de propager l’idée que, même largement élu, un candidat est illégitime ou, qu’une loi adoptée en vertu d’un article de la constitution s’apparente à une violation du choix des électeurs. Il n’y a rien d’anodin dans cette posture déclarative qui à la longue sape les fondements d’un pacte social régissant une démocratie. Les mouvements totalitaires des années 1920 et 1930, férus de propagande ne procédaient pas autrement. Le « Prince » de Machiavel, la « technique du coup d’État  » de Malaparte ou « le viol des foules par la propagande politique » de Tchakotine peuvent toujours constituer le vade-mecum d’un homme politique de 2023.

À force de militer pour une insurrection permanente et d’appeler celle-ci de ses vœux ; de nier le rôle régalien des forces de l’Ordre sans en mesurer les conséquences (ou en les mesurant trop bien) ; de s’abstenir des règles de vie politique commune en espérant lui substituer, y compris par la force ou le soutien à des émeutes ou oppositions violentes, un nouvel ordre ; de soutenir des mouvements populaires de résistance, voire de révolte (ZAD), à des décisions légalement prises dans l’intérêt général, il n’est pas absurde de penser que LFI, par son insoumission revendiquée, n’aspire qu’au renversement de l’État aujourd’hui existant. Pour lui substituer une démocratie « populaire » telle qu’elle existe au Venezuela, ou existait de l’autre côté du rideau de fer ?

Les nombreuses affaires judiciaires qui assaillent S Chikirou, la maitresse de J.L Mélenchon, ne sont pas simplement des errements personnels en vue d’un enrichissement qui ne le serait pas moins, elles témoignent aussi d’une volonté de LFI d’user de tels moyens pour exister et faire campagne. On pourra toujours objecter que le sexe et la politique ont toujours fait bon ménage ce qui est exact, de même que la tendance d’un parti politique à trouver, par tous les moyens, des financements est, elle aussi, une constante. Mais l’enrichissement personnel est une autre affaire qui a conduit de nombreuses personnalités politiques à la case prison. Généralement les responsables des partis auxquels étaient rattachées ces personnes s’en désolidarisaient avec vigueur, à LFI c’est l’inverse traduisant bien que ces comportements ayant l’onction du leader constituent l’ADN de la formation concernée.

Enfin, « last but not the least », l’antisémitisme dont fait preuve ce parti, n’est pas une simple erreur de communication. Il relève d’une structuration idéologique bien plus profonde et ancienne. On ne peut pas écarter les enseignements de l’Histoire d’un revers de la main en se disant que le passé c’est le passé. Trop souvent hélas le passé se rappelle à notre présent et pas pour ce qu’il a de meilleur. Il faudrait donc arrêter de se voiler la face en se disant que ce n’est pas si grave et ne prête pas à conséquence ; les politiciens de la république de Weimar le pensaient, ils ont pu en voir les conséquences.

Il est quand même pathétique et pénible que les Juifs, 2000 ans après les faits leur imputant la mort de Jésus alors que les Romains y étaient largement plus responsables, soient encore considérés comme coupables de tous les malheurs du monde, y compris de ceux qui les frappent. Déjà, à l’époque, il fallait, pour des raisons politiques de diffusion du christianisme dans l’Empire, épargner de toute faute celui-ci, en 2023 pour des raisons politiques ils sont encore désignés à la vindicte comme les fauteurs de troubles « naturels ». Mélenchon qui se pare d’une image de lettré doucereux pratique de fait la course à l’abime ne méritant que le bonnet d’âne.
5/5 le score de LFI est sans appel.

Pourquoi ce parti n’est pas dissous alors ? Évoquer la démocratie, la liberté de parole, la diversité politique d’une démocratie ne peuvent pas en permanence être servis comme justificatifs de la poursuite de propos et de comportements qui, par leurs excès et outrance, servent une propagande ridiculisant les élus et diffusant dans l’opinion une image dégradée de la démocratie.

Dissoudre LFI permettra de sortir du jeu politique Jean-Luc Mélenchon et sa clique de partisans bornés et de faire émerger, autour de certains responsables actuels, qui commencent à s’en démarquer, un mouvement politique reprenant des éléments programmatiques tout à fait louables de ce parti mais en les ayant expurgé de ce qui n’a pas de raison d’être dans une vraie démocratie.

Ça suppose aussi que le gouvernement soit courageux. Que sa pratique parfois équilibriste ne le rapproche pas de l’âne de Buridan qui, hésitant dans un même temps mortifère entre deux options finit par en mourir. « La démocratie est le pire système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire » dixit Chrurchill en 1947, il serait bon d’avoir une relecture intelligente de ce propos et d’en tirer, parfois, avec courage, les conséquences.
 



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