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Quel « après » pour les entreprises pétrolières ?





Le 23 Avril 2019, par La rédaction

L’avenir des entreprises du secteur pétrolier est constamment questionné par les différents scénarii préparant l’après-pétrole. Pour autant, les projections indiquent que les énergies fossiles resteront, à l’horizon 2040, prédominantes dans le mix énergétique global avec une part globale estimée à 73 %.


Même les scénarii les plus ambitieux incluant une transition énergétique rapide accordent 53 % du mix énergétique global aux énergies fossiles. Selon Julien Balkany, Président du conseil d’administration de la firme pétrolière norvégienne Panoro Energy, « le gaz naturel jouera un rôle croissant dans le bouquet énergétique en devenant d’ici 2050 la première énergie fossile, dépassant ainsi la part du pétrole dans le mix énergétique ». Pour autant, les pétroliers s’attachent à entamer leur diversification, sous la pression constante des enjeux climatiques et d’investisseurs désireux de préparer l’avenir.

 La demande de pétrole n’est pas -encore- prête à se tarir

Certes, certains facteurs peuvent entamer l’avenir des entreprises pétrolières. La lutte contre le réchauffement climatique, ainsi que le développement de la voiture électrique ou la baisse constante du prix des énergies renouvelables représentent autant de réalités pouvant noircir l’horizon des pétroliers. La volonté de décarboner l’économie n’impactera cependant, à moyen terme, que très modérément la demande. Bien au contraire, celle-ci devrait connaître une croissance continue dans les décennies à venir.

Si les analystes prévoient une baisse globale de la demande dans les pays occidentaux, de nouvelles zones importatrices se manifestent. Selon une étude fournie par Total, la zone OCDE ne représenterait, d’ici 2040, plus que 30 % de la demande globale de pétrole, contre 50 % aujourd’hui. Les chiffres de l’Agence Internationale de l’Énergie s’accordent sur une hausse globale de 6,8 % de la demande entre 2016 et 2025 puis de 4,6 % entre 2025 et 2050. La cause principale ? L’accès rapide d’une part toujours plus grande des populations des pays émergents à la voiture individuelle. Selon Julien Balkany, « le gaz naturel liquéfié à destination de l’Asie va monter en puissance, offrant un marché dynamique et porteur aux entreprises pétrolières, présentes tout le long de la chaîne de valeur du gaz, et leur donnant l’occasion de trouver de nouveaux débouchés viables pour des gisements gaziers situés au large de l’Afrique, comme le Sénégal, la Mauritanie, le Mozambique, la Tanzanie ou l’Afrique du Sud et pas encore exploités ».

Intégrer les entreprises pétrolières à la transition énergétique

La pression croissante sur les énergies fossiles a obligé les pétroliers à entamer une diversification de leurs activités, notamment après la brutale chute des cours du pétrole entre 2015 et 2017. L’acquisition, en avril 2018, de Direct Energie par le géant français Total, l’un des principaux fournisseurs alternatifs d’électricité, s’inscrit dans cette volonté d’opérer sur des marchés B2C. L’italien ENI s’est, de son côté, engagé à investir un milliard d’euros en trois ans en faveur des énergies renouvelables. Loin d’être un cas isolé, la plupart des majors du secteur investissent durablement dans les alternatives aux énergies fossiles. En novembre 2018, les majors européennes, poussées par des investisseurs désireux de préparer l’après-pétrole, ont été primées pour leurs investissements dans les énergies bas-carbone dans un rapport publié par l’organisation internationale CDP. En bas de tableau, les groupes chinois et, dans une moindre mesure, américains font figure de très mauvais élèves. Les « Big Oil » représentent, selon ce rapport, 70 % des capacités existantes dans les énergies renouvelables et l’immense majorité des capacités en développement.

Plus encore, l’engagement des pétroliers se fait aussi au niveau de l’exploitation des champs pétrolifères via une stratégie de réduction des risques opérationnels. « Les acteurs pétroliers doivent intensifier leurs efforts pour développer des technologies propres à bas carbone réduisant considérablement les émissions de gaz à effet de serre et en parallèle doivent encourager I‘utilisation de produits biodégradables respectueux de notre environnement » affirme en ce sens Julien Balkany.
 
 
 



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