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VTC : la justice californienne ordonne la requalification des chauffeurs en employés





Le 12 Août 2020, par La rédaction

La justice californienne fait de nouveau pression sur les services de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) pour qu'ils requalifient les contrats de travail des conducteurs en employés.


Dix jours pour obéir à la loi

Uber et Lyft, les deux plus grandes plateformes de réservation de voitures avec chauffeur, ont dix jours pour se mettre en conformité avec une décision de la justice californienne qui leur intime l'ordre de requalifier le contrat de travail des conducteurs, des indépendants, en employés. Ce qui signifie qu'ils pourront bénéficier des avantages sociaux liés à ce statut, un statut qui coûte bien plus cher que de faire appel à des travailleurs autonomes. Cette décision fait suite à une loi en vigueur depuis le début de l'année en Californie. Les deux groupes vont faire appel, mais Xavier Becerra, le procureur de la Californie, n'en a cure : dans une interview retentissante sur CNBC, il s'est indigné contre les arguments qualifiés de « bidon » des deux sociétés.

Uber estime que cette requalification exigée par la loi de l'État nuit aux conducteurs, mais aussi aux clients. Elle réduira le nombre de chauffeurs disponibles, le prix des courses augmentera et les utilisateurs de l'application mobile seront moins bien servis. Chez Lyft, plus de 8 chauffeurs sur 10 ne veulent pas se voir imposer un agenda et ils se disent heureux de travailler moins de 20 heures par semaine. Les conducteurs préféreraient rester indépendants à 4 contre 1.

Un référendum pour sortir de la crise

Lyft le dit haut et fort : les chauffeurs ne veulent devenir des employés, « point final ». L'entreprise assure aussi qu'elle va se battre pour cette indépendance, qui bien sûr l'arrange bien : c'est autant de prestations sociales et de cotisations qui n'ont pas besoin d'être versées. Ces arguments ont d'ailleurs été balayés du revers de la main par le procureur, qui demande sur un ton ironique s'il existe des travailleurs ne voulant ni congés payés, ni assurance-maladie, ni heures supplémentaires. 

Uber fait désormais peser la menace de suspendre ses activités en Californie. Et avec Lyft, les plateformes veulent organiser un référendum qui, si elles l'emportaient, leur permettrait d'annuler la loi californienne. Pour emporter l'adhésion, elles souhaitent également d'améliorer les conditions de travail et les avantages sociaux pour leurs conducteurs.



Tags : Uber


1.Posté par daniel le 17/08/2020 12:37 | Alerter
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enfin ! le développement important d’emplois « uberisés » implique des risques spécifiques pour ces travailleurs indépendants fictifs et présentent beaucoup d’inconvénients pour la santé et la sécurité du travail avec de la précarité, et peu de prévention des risques professionnels et de protection sociale : https://www.officiel-prevention.com/dossier/formation/fiches-metier/la-prevention-des-risques-professionnels-lies-aux-plateformes-de-services

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